Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Si le titre est long, c’est pour égaler en longueur celui à sa droite

Par Montgomery Clift

Les habiletés personnelles et relationnelles (HPR) étaient le lapin magique que l’École avait sortis de son chapeau pour lustrer ses nouveaux programmes. C’était la cerise sur le gâteau d’une nouvelle approche pédagogique moderne et adaptée aux besoins conjoints de l’industrie et de la recherche. L’École promettait à ses étudiants de former une nouvelle race d’ingénieurs, habiles autant du point de vue technique que relationnel et humain. C’était il y a de ça un an.

Maintenant que le cours de HPR a bien été implanté dans les différents programmes de génie de Poly, il suffit d’y jeter un œil attentif pour constater que cette innovation n’était en fait que de la poudre aux yeux.

On ne peut que pleurer ou rire, selon notre degré de cynisme, devant le ridicule de l’énoncé d’un devoir qui fut donné à des étudiants de génie civil. L’exercice consiste à décrire une situation conflictuelle que l’étudiant a vécue dans sa vie, d’en faire une description objective dans une forme totalement dégagée d’analyse ou d’inférence. L’étudiant est évalué sur sa capacité à rapporter des faits observables et éviter les perceptions. Un exemple à suivre est donné: Sophie a crié, les bras en l’air :
« Arrête de me parler sur ce ton!». J’ai répondu, en me levant de ma chaise et en me dirigeant vers la porte de sortie : « Tu capotes ! ». J’ai quitté les lieux.
Du génie et bien plus, on est bien d’accord. À partir d’aujourd’hui, Poly ajoute à sa large palette de compétences celle de la psychologie de couple. On apprend à maîtriser les compétences transversales en mettant l’accent sur certaines pratiques exécutées à l’horizontale. Why not ?

Si j’avais été un étudiant de poly (dieu merci, j’ai choisi la carrière d’acteur à Hollywood dans les années 40, côtoyant notamment John Wayne), je m’en serais donné à coeur joie dans ce genre d’exercice.

Par exemple: Je suis un jeune prince africain dont le père a été tué dans sa hutte royale par son ignoble frère, Amin Dada. Amin Dada épouse ma mère et souille l’honneur familial alors que la dépouille paternelle tiédit encore dans son tombeau. Informé par le fantôme de mon père des évènements, je réponds en me levant de ma chaise et en me dirigeant vers la porte de sortie: « Tu capotes! ». Et je quitte les lieux.
Pour être encore plus percutant, on peut se référer aux mythes de l’antiquité qui ne manquent ni de situations conflictuelles ni de drames humains. Exemple: Je suis un vieil homme aveugle issu d’une lignée royale. Victime de la lubie des dieux, j’ai tué mon père et couché dans le lit de ma mère sans le savoir. Quand je l’ai appris, je me suis levé de ma chaise et en me dirigeant vers la porte de sortie: «Crisse Zeus man, tu capotes! ». Banni de la cité, j’ai quitté les lieux au plus crisse.

Voilà au moins une façon ludique d’aborder un thème ennuyeux en revisitant des classiques de la littérature.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.