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Une défaite au son du «buzzer»

Une nouvelle saison s’amorçait vendredi soir dernier à Montréal. Encore dites-vous sûrement ? Mais, quelle équipe ? Voici des pistes pour vous chers lecteurs : le groupe en est à sa deuxième année sur le circuit nord-américain et il est composé à 99 % de noirs qui sont des talents locaux ; ses joueurs sont atteints de gigantisme à une exception près et chacun d’eux est rémunéré pour mettre le ballon dans un panier. Si ces indices ne vous convainquent pas et que vous croyez aveuglément que ma chronique portera sur le water-polo, alors changez de page, vous ne me méritez pas !

Pour ceux qui sont encore avec moi, vous avez deviné, ici, il est question de water-polo ! Blague à part, le Matrix de Montréal était l’hôte du Frenzy de Cape Code, lors d’une partie de basketball, dont l’issue s’est décidée au photo-finish! La question du jour: comment rester concentré et sérieux lorsque notre équipe affronte le Frenzy ? Une recherche rapide sur google nous a conduit au condom Frenzy ou à un petit jeu divertissant, dont le but était de nourrir un frêle poisson qui ressemblait étrangement à Némo. Or, le Frenzy qui s’est présenté sur la surface cirée du Centre Pierre-Charbonneau est parvenu à éviter la barque (facile, je vous le concède) et à protéger (c’est promis, j’arrête) l’avance acquise à la toute dernière seconde de jeu. C’est ainsi qu’ils sont retournés à Cape Code – définitivement je les plains – forts d’une victoire de 110 à 108.

Profitant de l’inexpérience de la jeune équipe du Frenzy, le Matrix s’est rapidement forgé une avance de 6-1 tôt au premier quart. En relevant ses notes prises tôt dans la partie, votre sobre chroniqueur allait manifestement faire preuve de dérision à l’égard du Frenzy. Franchement, en plus de s’esclaffer de leur logo humoristique, la rate était mise à rude épreuve en raison de leur performance sur le parquet et je me demandais si j’allais réellement tenir les quatre quarts. C’est que la franchise du Frenzy n’avait remporté que 2 victoires sur un total de 25 parties en 2005 ! Le Matrix, malgré l’incapacité à atteindre une fiche de .500 l’année dernière, pouvait miser sur un club de loin plus expérimenté et, avec trois centres de 7’, on croyait qu’il dominerait sous le panier.

Il faut croire que le visage de l’aquatique Frenzy s’est modifié, car ils ont démontré beaucoup de caractère tout au long de la rencontre en surmontant de nombreux déficits. Quoi ? Même des entreprises établies comme Nortel en ont été inaptes… Le Matrix, lui, faisait le strict minimum pour se sauver avec une avance de 23-21 à la fin du premier quart et de 49-44 à la mi-temps.

« On était confiant en nos chances (de remporter la victoire) à la mi-temps » mentionnait l’assistant-entraîneur du Frenzy Angel Robinson Jr sur le site internet de la Americain Basketball Association (ABA), « car il [le Matrix] roulait sur tous leur cylindre, alors que nous roulions à l’aide d’un seul piston et que nous étions toujours dans la partie », de renchérir l’instructeur. Il aurait pu ajouter que l’horreur affichée sur leur uniforme obligeait les joueurs du Matrix à jouer les yeux clos, mais, bon, je crois qu’il n’a pas voulu insister sur les détails insignifiants.

Motivé, j’imagine, par sa troupe de danseur au show de la mi-temps, qui en a mis plein la vue au son de Dan, le Matrix menait 63-50 à la moitié du 3e quart… avant que finalement les pouvoirs de Keenu Reeves s’estompent ! Plus sérieusement, le Frenzy a délaissé une défensive de zone poreuse, afin d’accentuer la pression et le tempo de la rencontre. Davantage fringants et mobiles que leurs rivaux, le Frenzy a exploité le système défensif en diamant avec efficacité, ce qui leur a permis de conclure sur une poussée de 12 points sans riposte et de propulser les deux équipes à égalité 75-75 au son annonçant la fin du 3e quart. S’ils continuent sur cette tangente, on aura droit à un excellent spectacle au 4e quart. Et quelle fantasmagorie ce fut !

Avec 18 secondes à écouler, l’ancienne étoile de Boston College, Steve Hailey, perce la défensive du Matrix et parvient à projeter l’objet circulaire dans le panier, ce qui rapporta 2 points à son équipe et une avance de 108-105. Cependant, avec seulement 5 secondes à disputer, Shawn Browne, un vétéran de 33 ans, a ramené les deux équipes à la case départ. Il faut mentionner que Browne, qui a terminé la rencontre avec un sommet de 33 points, a bénéficié d’une largesse intellectuelle d’Ifesinachi Anosike – pauvre commentateur – une tour de 6’11 du Frenzy. Sur le jeu, Browne était en déséquilibre, presque à la renverse, dû à une bonne couverture défensive et il avait également les yeux fermés… dû à la monstruosité esthétique qu’est l’accoutrement du frenzy ! Bref, la sphère se dirigeait loin au champ gauche, bon pour un circuit, lorsqu’Anosike se déguisa en Dalshim – le fakir indien de la populaire série Street Fighter – et go-go-gadgeta ses bras pour empêcher le ballon de franchir la stratosphère. Un jeu idiot, si je peux me le permettre. Toujours est-il que le Frenzy a tiré partie d’un dernier lancé chanceux qui a atteri dans la cohue sous le panier avant que finalement un doigt se dresse, à l’image d’E.T, permettant au ballon de glisser dans le filet.

Fin de la partie, et défaite pour le moins amer pour nos amis du Matrix, pour qui la pêche n’aura pas été fructueuse cette fois-ci. Pour le prochain duel, l’auteur de ces lignes suggère à l’équipe montréalaise de se présenter armée de harpons… ça ne peut que s’avérer efficace pour chasser le poisson !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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