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Le bourbier iraqien

Le bourbier iraqien s’est gravement enlisé cette semaine avec la mise à mort de Saddam Hussein. Pire encore, par pendaison ! Bien que la guerre civile fasse rage, les dirigeants chiites et kurdes du gouvernement ont voulu se donner vengeance en mettant Saddam à mort, et en négligeant le futur du pays.

C’est sûr que je ne défendrai jamais Saddam, c’est un monstre qui a tué des dizaines de milliers de personnes. Il a asphyxié des Kurdes au gaz toxique, et a massacré à la Kalachnikov des villages entiers de chiites. Le problème, c’est que Papa Bush l’a laissé au pouvoir après la guerre du Golfe et lui a permis de reprendre son aise pour anéantir les autres minorités d’opposition. Ça me choque profondément de voir Saddam condamné à mort tandis que Papa Bush se fait payer des millions pour assister à des organisations caritatives et des conférences, alors qu’ils devraient être ensemble dans une cellule au fin fond d’une prison froide à réfléchir sur leur sort.

Mon second point de bataille, c’est la peine de mort par pendaison. La peine de mort, que je considère comme une sanction exagérée, est ici doublée d’une manière horrible de mourir. La peine de mort n’efface pas le mal qui a été fait, même si elle est constante avec la parole «œil pour œil, dent pour dent» de l’Ancien Testament. Je trouve au contraire qu’une exécution permet au coupable d’échapper à des années de misère à réfléchir au mal qu’il a fait. De plus, la pendaison est une honte pour un pays qui essaye de montrer au monde entier qu’il fait son possible pour sortir d’une guerre civile qui ne fait qu’empirer.
Je comprends que condamner quelqu’un à mort est une pratique répandue dans de nombreux pays comme les États-Unis, mais la pendaison est une pratique désuète et cruelle. Ils pourraient le faire avec plus de dignité, comme la Chine qui envoie le prisonnier au peloton d’exécution et la facture de la cartouche à la famille.

Maintenant, la mort du dictateur est à peu près certaine à cause du nombre de procès intentés contre lui et de la tendance du gouvernement à vouloir enterrer «le monstre». Les Kurdes et les chiites ont explosé de joie à la nouvelle, comme on a pu le voir dans plusieurs grands quotidiens. Le problème est que les sunnites vont vouloir venger sa future exécution et que l’insurrection va augmenter, surtout le jour de l’exécution. Pendant ce temps, les chiites et Kurdes vont se croire tout permis, en profitant des ressources pétrolières qui sont à leur portée, et en adjugeant la gouverne du pays. Cette situation profitera probablement à Al Qaïda, alors qu’ils essayeront de faire escalader la vitesse des conflits entre les minorités jusqu’à avoir une république islamique, comme en Iran. L’autre solution est que le pays éclate et que la carte du Moyen-Orient soit encore une fois redessinée, mais ça c’est un autre débat.

En parlant de l’Iran, leurs petits frères du Hizb’Allah ont réclamé un gouvernement d’union nationale au Liban, sous peine de faire du grabuge au pays si leur souhait n’est pas respecté d’ici peu. Je trouve ça drôle qu’ils réclament une union nationale en menaçant le gouvernement. Comme par surprise, le gouvernement américain soupçonne les hauts dirigeants syriens d’avoir une main mise sur la situation, en passant des armes aux guérillas du Hizb’Allah. De l’autre côté de la frontière, Israël met en place un beau travail de démolition, avec plus de 50 morts depuis le week-end passé, détruisant au passage immeubles et maisons. Comme quoi tout le monde s’aime encore et toujours au Moyen-Orient !

Errectum

La semaine passée, il y a eu une légère erreur à la fin de mon article, puisque l’oncle Camé, celui qui n’aime pas les gens (dont moi), a décidé de rajouter ‘fiscal’ à la fin de mon article, alors qu’il fallait lire simplement ‘[…] réputation internationale de Vanessa paradis.’ Le lecteur attentif aura corrigé de lui-même. Qu’il soit ici remercié.

Mots-clés : International (30)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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