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Sic

Parlons de l’électeur. Ce con. En fait, on est tous des cons, mais ça c’est une autre histoire. Une très longue histoire. Ce con d’électeur, donc, est bien utile quand vient le temps d’obtenir un mandat, mais quand vient le temps d’avoir son opinion sur un sujet qui le touchera de près ou de loin, c’est par simple courtoisie qu’on le questionne, car en fait on s’en fout. On veut juste savoir si celui-ci nous accordera un autre mandat si on a l’audace d’aller de l’avant avec nos idées.

André Caillé, ex-président d’Hydro-Québec, maintenant libre de s’exprimer, tente de régler ses comptes avec le Bureau d’Audience Publique sur l’Environnement (mieux connu sous son acronyme, le BAPE). Il s’offusque de l’établissement d’un système de consultation aussi efficace à rejeter les projets que la population n’aime pas. En fait, demander son avis à l’électeur aux quatre ans est plus que suffisant selon notre cher Caillé. Après tout, les élus sont bien mieux placés pour décider de la direction que veut prendre la population. N’est-ce pas pour cette raison qu’on leur donne la job? Parce qu’en fait on n’y connaît rien?

Question de compliquer le processus de consultation, c’est justement par les députés qu’il veut faire passer les critiques de la population. Ce distancement permettra donc de détacher la prise de décision finale face aux représentations de la population. Et puisque qu’on peut faire confiance à tout le monde pour faire preuve d’éthique et d’honnêteté, il propose d’abandonner les études d’impacts indépendantes pour donner toute la job aux spécialistes du ministère de l’Environnement.

Évidemment, les divagations de l’ancien dirigeant de la société d’état ne portent pas vraiment à conséquence. La population ne pourrait accepter de telles modifications au processus de consultation publique – en fait on ne peut que l’espérer. Le problème réside dans cette mentalité qu’ont parfois (trop souvent) les dirigeants publics et qui les pousse à croire que leurs idées sont forcément les meilleures, ou que leurs opinions sont plus justes que les autres. Mentalité malheureusement trop répandue dans la population elle-même.

Mots-clés : Sic (2)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.