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Sondage sur l’homosexualité à Polytechnique


Vous vous souvenez peut être de la page de couverture satirique selon laquelle l’homosexualité frappait aussi les animaux (référence aux propos tenus par M. Fournier, président du conseil d’administration de Radio – Canada , le 17 septembre à la table de Guy Lepage). Cette première page avait déclenché plusieurs réactions, notamment d’incompréhensions. Nous avons donc décidé pour le grand retour du sondage de revenir sur cette question en vous demandant ce que vous en pensez.

Un sujet tabou ?

Nous avons commencé par vous demander si vous fréquentiez, ou connaissiez des homosexuels, histoire de voir si la population polytechnicienne n’était pas «décrochée» du sujet du sondage. Si près de 80 % nous répondent qu’ils fréquentent ou simplement connaissent des homosexuels, seuls 60 % disent avoir des liens d’amitiés avec eux. Toutes les personnes sondées pensent qu’il y a des homosexuels à Poly, et pour 35% d’entre vous, ces personnes se sentent obligées de cacher cette homosexualité. Polytechnique apparait de plus comme un milieu hostile aux gays et lesbiennes pour une proportion tout juste inférieure à 35%. Cependant la plus grande part considèrent que les polytechniciens font preuve de maturité et ne rejettent pas les personnes différentes. En élargissant la question au domaine du Génie en général, ou même au monde du travail, ce sont encore les mêmes proportions d’étudiants (35%) qui estiment que l’homosexualité est mal perçue, et qu’elle devrait être cachée.

Pour une majorité cela ne devrait pas être le cas, la sexualité est avant tout un choix personnel qui entre dans le cadre de la vie privée, il faut donc être soi même, sans abus ostentatoire, mais sans restriction particulière non plus. Un étudiant nous explique que le Génie est toujours un monde d’hommes, et que dans ce monde l’homosexualité ainsi que la féminisation dans une moindre mesure, ont encore du chemin à faire afin d’être reconnus.

Une partie d’entre vous jugent qu’à l’état actuel des choses, il est préférable de taire son orientation sexuelle dans un monde du travail où l’image est un facteur relativement important et où certaines personnes ont tendances à faire l’amalgame entre choix de vie et compétences.

Question de droit?

L’autre point que nous voulions évoquer était celui du désormais récurrent débat des droits que les hétérosexuels ont et que les homosexuels réclament. Le premier d’entre ces droits, le mariage, qui est légal au Canada depuis 2005. Une immense majorité d’entre vous estime d’ailleurs normal que deux personnes qui s’aiment puissent s’unir légalement quelque soit leurs sexes. Bien sûr, il n’est pas encore question de mariage religieux étant donné la position de l’Église sur cette question, mais il semble que le mariage civil soit désormais rentré dans les moeurs.

En ce qui concerne le droit à l’adoption, il est légitime pour un peu moins de 80 % des personnes interrogées. Il est tout de même considéré comme une source de problèmes, car si ni l’envie ni l’aptitude à élever des enfants n’est mise en question, il faut être conscient de l’impact que ce choix peut avoir sur la vie de l’enfant, puisqu’il pourrait faire face à une certaine forme de méchanceté à un moment ou un autre de la part d’autres enfants.

Le dernier point évoqué est celui des avantages sociaux comme les réductions d’impôts pour les couples, les procédures d’héritage etc..
Vous êtes près de 90% à trouver tout à fait normal que le même droit et les mêmes procédures s’appliquent à tous les couples sans distinction. Vous êtes même nombreux à considérer que toute variation dans le traitement de ces affaires serait une grave discrimination allant à l’encontre de la politique progressiste que le gouvernement fédéral a jusqu’ici adopté, se faisant en quelque sorte le contrepoids des Etats-Unis en Amérique du nord.

Ça vous choque?

Les mythes ont la vie dure, et un de nos répondants n’a pas hésité à nous expliquer pourquoi il détestait les homosexuels : contre la religion, contre la «nature», véhicule des maladies…bref le discours que l’on peut entendre dans certains pays où la peine de mort s’applique aux gens différents, sauf que nous ne sommes pas en Iran, mais à Polytechnique , à Montréal, au Québec, et qu’il est troublant de voir autant de haine si près de nous. En réponse, un homosexuel nous a fait part de son point de vue: «Malgré tout, il existe toujours autant de préjugés et de mythes. Ainsi, beaucoup de mecs disent : « J’accepte les gays tant qu’ils ne me touchent pas » alors qu’ils ne se sont jamais fait draguer ou même approcher de leur vie par un gay! Enfin la sexualité d’un individu ne le définit pas entièrement, ce n’est qu’une partie de sa personnalité. Je ne me sens pas caractérisé juste par mon homosexualité et j’aimerais que les gens deviennent indifférents à ça».

Si le féminin du terme «homosexuels» est occulté de manière volontaire, c’est que cette homosexualité choque moins. Ce fait s’explique sans doute dans le cas des répondants masculins par l’imaginaire du couple lesbien plein de grâce opposé à un couple gay plus maladroit. Pour ce qui est des trois questions posées, 40% seraient choqués de voir un couple homo (lire gay, la proportion n’étant pas comparable pour les couples lesbiens) s’embrasser dans la rue, alors que seuls 10% le seraient devant un couple se tenant par la main.

Enfin, les principales réticences en ce qui concerne les manifestations homosexuelles viennent du fait qu’elles donnent une image biaisée de l’homo «folle», drag queen se baladant avec des plumes sur un char en papier crépon rose, alors que les répondants concernés n’aspirent au fond qu’à une chose : l’indifférence.

Mots-clés : Sondage (10)

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