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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Compter les corps

Fiers d’un nouvel album dont le succès, mais avant tout la qualité de la musique et la richesse des textes, ne sont plus à démontrer, les Vulgaires Machins remontaient sur les planches montréalaises le 13 octobre dernier. C’est un Spectrum composé à la fois de fidèles de longue date et d’amateurs du dernier album qui acceuille les membres du groupe. La salle était pleine à craquer, difficile même… d’y compter les corps. Si bien qu’on nous réserve une supplémentaire pour 2007!

C’est plus fort que moi. Chaque fois que j’entends parler des Vulgaires Machins, j’ai ce refrain qui me vient à la tête : «J’fais d’la poudre/Pour travailler plus/ Pour faire plus d’argent/ Pour faire plus de poudre / Pour travailler plus …»

Et pourtant! Cette chanson, cocaïnomane, qui démontrait en quelque sorte la boucle dont sont prisonniers les consommateurs de drogue, figurait sur le deuxième opus du groupe sortie en 1998. C’est également en boucle que jouait l’album dans la voiture de mon ami, fraichement titulaire du fameux permis de conduire, objet de convoitise des ados que nous étions alors.

Dix ans après la sortie du premier album, voici que le groupe nous arrive cette année avec Compter les corps, un album d’une maturité remarquable. Dès la première écoute, on s’aperçoit que les Vulgaires Machins ont adopté un son plus rock, ayant un peu mis de coté le punk qui les caractérisait dès leur début. De toute façon, les membres du groupe n’ont simplement rien à faire des étiquettes, comme le dit si bien la chason Être un comme : «On s’en va nulle part si la substance se résume au symbole /on s’en va nulle part si l’action confirme pas le sens de nos paroles.» Un message criant qu’ils lancent à la nouvelle génération punk, qu’on tente dans les médias de résumer bêtement à un code vestimentaire vide de tout message.

Mais s’il y a bien une chose qui n’a pas changé chez le groupe, c’est l’esprit punk qui les anime et les poignards que lancent une après l’autre chacune des chansons de l’album. Que ce soit à propos de la place de la télévision, la légalisation de l’héroïne ou les médias qui participent à la baisse du QI général, le message est toujours présent et livré avec sincérité, sur fond de musique très accrocheuse. En spectacle, ils nous balancent une après l’autre leur plus récentes mélodies tout en laissant une large place aux anciens albums.

En supplémentaire au Métropolis le 24 février 2007. Compterez-vous parmi les corps?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.