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Stages ISF, Pour soi et pour les autres

David Courchesne, 22 ans, en 4 année de génie civil et Alex Bouchard, 23 ans, en 4e année de génie mécanique sont les deux étudiants envoyés au Burkina Faso et au Mali en stages outre-mer par ISF pendant 4 mois cet été.

Qu’est ce qui vous a poussé à postuler pour un stage outre-mer ISF?

Alex : J’ai d’abord connu ISF grâce a une ancienne avec qui j’ai travaillé dans le cours de projet. Tranquillement elle m’a parlé d’ISF et de son stage au Cameroun. De plus ma copine venait tout juste de revenir d’un stage de 3 mois au Sénégal, donc j’ai rapidement été intéressé. je me suis impliqué dans ISF à travers les périodes d’éducation, j’ai alors été confronté à la complexité du développement et j’ai été impressionné par leur approche différente.

David : Moi, cela faisait déjà deux ans que j’étais dans l’association ISF à poly mais c’est surtout une discussion avec Parker Mitchell, cofondateur de ISF Canada qui m’ a poussé à postuler pour un stage outre-mer en fait.

Est-ce que vous aviez des appréhensions?

David : Non, pas vraiment…. Le truc qui me préoccupait c’était plutôt de savoir si j’allais être utile ou comment l’être.

Alex : Moi, avant ce projet, je n’avais encore jamais quitté le Québec, je savais que cette expérience serait une plaque tournante pour moi. Bien sûr la peur de l’inconnu, la barrière de la langue et le changement de mode de vie, me retrouver sans repère étaient des appréhensions normales et saines. Mais aussi le fait que le Mali était 173 sur 177 dans le classement de l’indice de développement humain, me rendait un peu craintif, mais je me trompais!

Comment se passe le prévoyage?

David : Une fois sélectionné par ISF, nous avons suivi les modules thématiques d’éducation tous les jeudis midi à poly, à partir de janvier, nous avons préparé quelques analyses personnelles sur le développement en général et après nous avons eu une formation intensive de 4 jours à Toronto donnée par l’équipe nationale de ISF avec les autres stagiaires canadiens.

En quoi consistait votre mission concrètement?

David : J’ai travaillé sur un projet de plate-forme multi-fonctionnelle au Burkina, une sorte de micro-entreprise autour d’un moteur diesel entraînant divers outils tels que moulins, décortiqueuses, alternateurs, chargeurs de batterie, pompes, postes de soudure, machines de menuiserie… et qui permet aussi la distribution de l’eau et de l’électricité. A la base, j’étais censé développer une filière de karité, un fruit local, mais j’ai en fait travaillé avec un technicien local pour renforcer la capacité sur cette plate-forme. J’ai aussi travaillé sur l’aspect de maintenance avec lui, c’était vraiment du travail en équipe où on a vraiment réfléchi à comment intégrer le travail des femmes. Cette plate-forme est censée libérer les femmes de certaines corvées longues et pénibles (eau, pilage…) en leur confèrant des revenus supplémentaires propres et en même temps stimuler le développement et la modernisation d’autres activités artisanales dans les villages.

Alex : J’ai travaillé pour le FODESA (fonds de développement en zone sahélienne) au Mali. Conformément à l’approche d’ISF, je devais renforcer les capacités de cette ONG afin d’espérer lui fournir des outils efficaces pour ses propres besoins. Pour ce faire, le premier mois a été l’observation du mode de fonctionnement, par des visites des projets en œuvre, ainsi que tous les rouages de cette ONG. J’ai en particulier passé plusieurs jours en brousse avec les opérateurs relais, j’ai aussi pu travailler a créer un document de formation informatique pour les employés ainsi que donner des formations. J’ai ensuite travaillé a mettre en œuvre une équipe du FODESA chargé de créer du matériel didacticiel, afin de faciliter leur approche dans les villages. Finalement, j’ai fait le lien entre le fond d’environnement mondial et le FODESA pour permettre d’offrir de nouveaux projets environnementaux générateurs de revenus aux communautés. Toutes ces réalisations ont été faites de front avec les employés et dans le soucis qu’ils se l’approprient, j’ai donc simplement servi d’observateur, de catalyseur et de soutien, ce devait être eux qui faisaient.

Comment se passaient vos relations avec ISF depuis votre stage?

David : ISF travaille souvent avec des ONG locales, nous étions en contact avec un « mentor » qui reste comme le contact ISF au Canada et en même temps, chacun avait un « coach » qui était dans la capitale qu’on avait de temps en temps au téléphone et à qui on faisait un rapport mensuel.

Pouvez-vous tenter de décrire votre quotidien brièvement?

David : Généralement, je me levais vers 6h du matin, j’allais à l’ONG locale, j’avais une bonne pause le midi et on reprenait le travail de 15h à 19h, je soupais ensuite avec ma famille d’accueil très agréable et humaine.

Alex : Moi, mes journées de travail étaient très variées. Je vivais dans une famille musulmane de 17 membres avec une ambiance incroyable et très accueillante aussi. Pour dîner, j’allais en vélo à la gargote la plus proche et le soir je prenais le thé avec tous mes amis du grain Nous passions le reste de la soirée à discuter ou à jouer au soccer.

Est-ce que vous avez eu besoin d’avoir des compétences particulières?

Alex : Je dirais que l’ouverture, la passion et la soif d’apprendre était d’abord les points recherchés. Une fois sur le terrain, une adaptabilité et une capacité de réagir aux imprévus étaient nos alliés. Ce sont plus les compétences humaines que techniques que nous avons développé, qui sont d’après moi très importantes aujourd’hui dans le monde de l’ingénierie, ou nous sommes appelés à jouer le rôle de médiateur social.

Qu’est ce que vous avez appris concrètement?

David : Comme a dit Parker Mitchell, je dirais que faire du développement, c’est plus une question de moyens que de volonté, pas seulement financière mais aussi physique. L’éducation est aussi à la base de tout : il y a une grande différence entre un analphabète et quelqu’un qui a suivi un minimum de scolarité. Aussi, il faut vraiment rester humble, les gens ont pas le même background, il faut vraiment comprendre le mot « intégration » et les gens avec qui on travaille.

Est-ce que ce stage a eu une influence sur vos projets de vie?

Alex : Oui clairement, l’an prochain, je désire refaire l’expérience mais cette fois pour 1 an avec le même organisme et avec ma copine. C’est un choix qui a été clairement influencé par l’expérience magnifique que j’ai vécu cet été. Après…On verra!

David : Je travaille maintenant comme assistant de recherche de développement durable à Poly dans le département génie civil, je suis aussi coorganisateur pour la réunion nationale annuelle de ISF qui se tiendra à Montréal l’année prochaine et j’aimerais retourner au Burkina Faso pour un stage long terme à partir de janvier 2008.

Quelle a été l’influence de ce stage sur votre vie sociale ?

David : Je dirais qu’il n’y a pas une journée où je ne re-questionne pas mes valeurs. Je ne prends plus tout pour acquis je crois.

Alex : Nous avons eu l’occasion de rencontrer des membres d’ISF de partout au Canada, qui ont les mêmes intérêt et désir. J’ai connu plein de gens éveillés aux défis de notre monde, aussi bien localement que globalement. C’est très motivant d’être entouré de tous ces gens qui préparent des activités vivantes, tels que les périodes d’éducation aux périodes 45 à la poly, les activités de sensibilisation, les conférences, les présentions sur la préservation de l’eau dans les écoles secondaires et beaucoup d’autres.

Mots-clés : ISF (11)

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