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Olibrius

Ah oui, c’est encore moi. Malgré les apparences, je dois vous avouer que je me suis ennuyé de vous. Si, si, je vous assure. On dit que je suis sentimental là où je travaille. Pfff ils me connaissent à peine et déjà ils se permettent de porter des jugements fallacieux sur mon compte. J’imagine que c’est ma cravate fleurie qui n’a pas fait l’unanimité auprès des passionnés du clavier et des amateurs de t-shirts aux slogans accrocheurs (genre « J’aime les tomates »). Ah je me souviens bien de cette époque déjà lointaine où j’arpentais les couloirs de Poly. Je me souviens aussi de cet hiver, en 1932 je crois, où je posais des rails en Russie dans la neige. Ah, le vieux René, qu’est-ce qu’on a ri quand il a choppé les mitaines du gros Gilbert, ça c’était marrant.

Vous devez vous dire que je suis un peu fou, et vous avez peut-être réalisé qu’il faut me gueuler dessus pour que je m’arrête de parler, mais c’est vous qui l’avez voulu après tout! Bon, les pointilleux soutiendront qu’ils n’ont rien voulu du tout, qu’ils sont là, dociles et qu’au lieu d’écrire des conneries je devrais aller prendre un jus de pruneaux dans une forêt enchantée. Héhé, vous ne m’aurez pas si facilement, vilains personnages. Vous allez devoir m’endurer pour quelques minutes encore. Ou douze heures et demie si vous lisez un mot par minute… hé oui j’ai divisé le nombre de mots de ce texte par soixante pour vous impressionner. Bref, entendons-nous sur 10 minutes, c’est un chiffre rond et moi j’aime les ronds. Donc, plus que dix minutes à m’endurer (ça va, vous me suivez?), ensuite je vous laisse vaquer à vos occupations doubles.

Vous avez vu? Dites, vous avez vu? Non, je ne parle pas l’habile jeu de mot que j’ai subtilement glissé dans la phrase du haut… Mais vous avez vu? Je crois bien que l’hiver s’en vient, les gars! J’ai vu les premiers flocons de neige tomber tout doucement, l’autre jour. J’en ai eu des frissons – de froid, pas d’émotion. N’allez pas croire les sottises que j’ai écrites plus haut, je ne suis pas du tout sentimental. Je suis emotionless, un vrai morceau de métal, je suis froid, gris, moche, et je pue. Voilà. Je l’ai dit. Pour en revenir à la neige, vous ne vous rendez pas compte à quel point vous êtes privilégiés de pouvoir admirer ce truc blanc qui tombe du ciel. Ben quoi, il y a plein d’endroits dans le monde où ils ne peuvent même pas s’imaginer à quoi ressemble la neige. La neige, en Martinique, ils croient que c’est parce que, pour la tradition, tous les vieux se coupent les cheveux dans la rue chaque hiver (oh la bonne blague).

Sinon, j’aime bien le brocoli. C’est vert et c’est bon pour la santé, surtout quand on le fait cuire sur la poêle avec le truc plein de trous qui permet à la vapeur de s’échapper – non ne met pas ton doigt là – et qu’on rajoute des carottes et des pommes de terre. J’aime bien les abeilles aussi, c’est cool les abeilles, ça fait du miel et ça fait bzzz. Les mouches aussi ça fait bzzz mais ça ne fait pas de miel, mais je les aime pareil parce qu’il faut aimer son prochain. Mais bon, je pense que tout le monde s’en fout des abeilles et surtout des mouches. Mais justement, il faut bien que quelqu’un s’occupe d’elles, parce que si tout le monde s’en fout, elles ne pourront jamais savoir ce que c’est que d’être aimé.

Ah non, je me suis encore emporté, j’ai écrit des conneries. Je vais me faire chicaner je crois. Vous en faites pas, je suis habitué. Je crois que c’est Poly qui a fait des ravages dans mon subconscient. Mais je l’aime bien Poly. Allez, disons-le tous ensemble pour la postérité : « Vive Poly! ». Eh! J’en ai vu un au fond, là-bas, qui a fait semblant! J’ai dit « disons-le tous ensemble ». Pas de resquilleurs! Allez, encore une fois pour notre ami du fond : « Vive Poly! ». Si mon brave Éric tombe là-dessus, il verra que j’ai pas perdu la douce folie qui l’incite à continuer à me demander d’écrire des trucs.

Alors voilà, c’est tout, j’ai fini. Vive Poly, quand même. Et n’oubliez pas que vous êtes là, alors faites quelque chose de votre vie, soyez bons, soyez forts, et comme dirait quelqu’un que je ne connais pas : « Faites la paix, sinon je vous tape dessus. » Sur ce, à bientôt mes braves amis, j’espère que ce petit discours aura provoqué un tilt quelque part dans les méandres obtus de votre esprit, et pardon si j’en ai froissé quelques uns. Je ne vais pas tout effacer tout de même, c’est trop tard. À bientôt, et… ben c’est tout je crois.

Mots-clés : Olibrius (7)



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