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Rivard en limo

Michel Rivard et l’OSM, Salle Wilfrid-Pelletier, le 13 octobre 2006.

Michel Rivard et l’Orchestre Symphonique de Montréal. Que peut-on attendre d’un chansonnier qui s’appuie sur un grand orchestre classique pour redonner du lustre à un répertoire plutôt sage ? En terme de surprise, pas grand-chose, en effet. En terme de « confort auditif », par contre, l’individu a su livrer sa marchandise avec conviction, et ses habits symphoniques lui faisaient un fier costume.

On ne va pas voir Rivard pour autre chose que pour lui-même, dans le sens où on n’exige pas d’être surpris. Il était donc là, devant un public conquis d’avance, fidèle à son image.

Rivard l’a avoué tout de go : chanter avec l’OSM, c’est comme redevenir le ti-cul de Villeray qui grimpait sur les genoux de mononcle pour faire un tour de Cadillac. Une sacrée grosse limo, en fait, et l’homme a l’élégance de toujours faire rejaillir le mérite sur les autres, même quand c’est lui qui tient le volant. Ce qui nous mène à la vraie question : est-ce un concert classique déguisé en musique pop ou un concert pop à la sauce classique? Disons que le fond est constitué de pure chanson populaire, seul l’enrobage étant symphonique. Et encore… Les arrangements de Blair Thompson semblent avoir pour mission d’exploiter au maximum la polyvalence de l’orchestre. On a donc droit à des moments planants, à de vertigineuses montées en puissance, à des passages étonnamment dépouillés, jusqu’à des univers sonores dignes des compositeurs contemporains. Ce parti pris très ouvert rachète largement les limites de l’orchestre : cette grosse machine d’une soixantaine de musiciens et neuf choristes n’a pas la vélocité d’un pick de guitare ni d’un drum ! En revanche, l’OSM et son pétillant chef Jean-François Rivest ont démontré que le swing était à leur portée en livrant une version « big band » de Tout simplement jaloux et une vision très « film noir » du Privé.

Quinze chansons, c’est assez pour prendre la mesure des « Week-ends Pop de l’OSM ». Homme à tout faire, Rivard a choisi de rassurer son auditoire avec un choix de titres assez prudent – et même prévisible, si on pense à l’incontournable Phoque en rappel ! – pour mieux le surprendre en étrennant une nouvelle chanson.
Cré-moé, cré-moé pas, une belle ballade en Cadillac dans un univers musical familier avec un vieux chum pour vous dégêner, ça ne se refuse pas.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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