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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Présents!

Sur le thème d’une planète en mouvement, Demain présenté depuis la semaine dernière à l’Usine C, annonce la fin du triptyque Trilogie de la terre. L’exploration avait débuté en 2004 avec Babylone puis avait suivi 5 heures du matin présenté l’an dernier où la compagnie Pigeons International avait collaboré avec le photographe Serge Clément.

Pigeons International ne vole pas depuis peu. Depuis sa toute première création en 1987, Du sang sur le cou d’un chat, la compagnie s’est posée en Europe, en Colombie de même que dans plusieurs villes canadiennes. Paula de Vasconcelos et Paul-Antoine Taillefer en assurent la direction artistique.

Malgré les quelques mots projetés comme en filigrane sur ce futur parfois trouble, la pièce aurait tout aussi bien pu s’intituler Aujourd’hui. Ces 7 jeunes danseurs qui en sont à leurs balbutiements de carrière sont loin de l’inertie de l’attente.
Ils créent déjà. Tous.
À moins de 25 ans.
Et je mettrais au défi n’importe qui de tenter de les dissuader.
Ils n’incarnent aucun personnage.
Aucune métaphore sur les corps.
Si ce n’est que les arbres plantés à même le sol en fin de parcours.
Tout semble si naturel que même les faiblesses des danseurs deviennent accessoires. Les mots qui défilent sont là pour une autre rencontre entre l’interprète et le spectateur.
On en sait dès lors un tantinet plus sur l’interprète comme ce bboys dont le certificat de naissance a disparu dans sa terre natale, comme cette sourde-muette, la seule à nous parler vraiment, comme l’enfant des créateurs, véritable clin d’oeil tout le long du morceau avec ses souliers roulants.

On ne sent pas une juxtaposition des personnalités, mais plutôt un brillant mélange de ce qu’est le microcosme du début de la vingtaine. Les parcours des interprètes sont omniprésents (cirque, gymnastique, break dance), sans toutefois triturer le monde de la danse contemporaine : le monde du cirque, de la gymnastique ou du break. Et le spectateur ne s’étonne plus de voir les mouvements entrecoupés de roues sans mains, de valdez et d’autres pirouettes.
La spontanéité reste, même une fois que l’on croit être arrivé à la fin de la pièce. C’est alors qu’ils reviennent, retrouvent quelques moments forts, l’air de dire :
«Aujourd’hui? Présents! Demain?
Présents aussi!». Une fin optimiste, direz-vous. Voire légère. Mais c’est le printemps, non?

Demain, le dernier volet de la Trilogie de la terre est présenté jusqu’au 8 avril à l’Usine C.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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