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Sic(k)

L’ironie du sort, ou Murphy, a voulu que je débute cette chronique une semaine où le climat s’est froidement et lâchement attaqué à ma personne, d’où l’ajout du «k» dans ce titre qui est en lui-même court, mais approprié. On voulait me faire nommer ceci «La chronique malade», mais maintenant je pense plutôt à «La chronique qui rend malade».

Je disais donc, année après année, je suis toujours aussi réticent à bien m’habiller lorsque la brise automnale arrive pour nous foutre une claque glaciale et vous donner le rhume du siècle. En fait, puisque je suis un mec, la virulente grippe d’homme met systématiquement mon cerveau dans un état larvaire posthibernatif et fait de moi un tas de neurones totalement inutile qui patauge dans ses propres sécrétions – je vous le dis, le rhume du siècle.

Avoir le cerveau qui surnage dans le jello n’est rien de négligeable. Il revient alors aux quelques neurones sécessionnaires non touchés par l’inondation de mucus d’assurer les fonctions sociales essentielles afin de survivre à la semaine durant laquelle vous devrez combattre la plus insignifiante des infections et tout ça seulement parce que vous avez négligé de bien protéger deux pouces carrés de votre corps d’un coup de vent deux degrés et demi plus bas que la fois où vous avez fait un pique-nique en short la semaine d’avant.

Cette réticence, donc, n’est pas inexplicable. Elle prend son origine, si faire se peut, dans le fondement même du climat québécois qui nous donne annuellement droit à environ huit mois de temps merdique, communément appelé hiver avec son facteur vent, de deux mois de transition et finalement d’un mois de canicule, avec son facteur humidex, et un autre de temps parfait, avec son facteur emmerdement. Bref, lorsque commence la transition vers la descente infernale qui nous mènera ultimement dans un banc de neige, il est normal que le «téméraire» Québécois que je suis nie la réalité.

Cette bonne vieille réalité était d’ailleurs au rendez-vous cette semaine avec une pluie, non pas torrentielle, mais plutôt agaçante. Viens alors une prise de décision anodine mais ayant un impact non négligeable sur le reste de la journée : pleut-il suffisamment pour justifier de prendre et de traîner jusqu’au retour à la maison un parapluie, ou bien est-ce qu’un petit manteau suffira à contrer la petite pluie fiotte sans ambition.
Heureusement, le mauvais temps est parti en nous laissant à la fois un beau ciel ensoleillé, quoique froid, et un tas de linge qui, malgré une lessive récente, sent maintenant l’humidité, et pour ceux et celles qui se posent la question, ça sent pas bon.

Mots-clés : Sic (2)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.