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Les Carabins se refont une confiance

Ça se passait samedi dernier. Il y avait un magnifique soleil d’automne, de la bière comme on l’aime, une odeur de hot-dog, une ambiance du tonnerre provoquée par une foule survoltée estimée à 4749 personnes – dont plusieurs jolies demoiselles – bref, ne manquait plus qu’une victoire de vos Bleus préférés pour un après-midi réussi.

Samedi dernier, je disais donc. Le rendez-vous avait lieu au CEPSUM et les visiteurs étaient les Redmens de McGill. L’enjeu : atteindre la barre psychologique qu’est une fiche de .500 ainsi que de pouvoir se proclamer les rois de la Montagne pour une autre année encore. Dans le premier duel entre ces deux équipes depuis la triste et célèbre histoire qui mettait en scène des recrues de l’équipe visiteuse, des balais… et des anus, alors il est approprié de dire que votre équipe favorite les a… dilatés ! Une victoire de 29 à 3, bonne pour le moral de vos Carabins et de ses fans les plus pessimistes en ce début de saison.

Sûrement satisfait (sarcasme) des trois premières parties de son vétéran quart-arrière et ancien protégé chez les Spartiates du Vieux-Montréal, l’entraîneur-chef Marc Santerre nous a réservé une petite surprise, lors de la première possession offensive. De fait, alors que la verte recrue Marc-Olivier Brouillette dirigeait l’attaque des siens, Jonathan Jodoin était assigné au remplissage de gourdes et s’acquittait particulièrement bien de garder le banc au chaud pour ses coéquipiers (Ok, je n’en sais rien pour ce qui est des gourdes, mais si ce n’est pas le cas… il devrait s’y mettre) !

Par contre, on a tous eu de légers frissons et une nette impression de déjà-vu lorsque la première passe tentée par Brouillette s’est retrouvée dans les mains du demi-défensif rival Anthony Lukca. Ce revirement, alors que les Carabins étaient profondément dans leur territoire, a permis à McGill d’inscrire leurs trois premiers points seul moment de réjouissance de la journée… avec le coup de sifflet final !

Car par la suite, ce fut une partie à sens unique. Incapable d’arrêter le jeu de course des Carabins, la défensive des Redmens ressemblait à un véritable fromage suisse. Que ce soit Mroué, Boursiquot, Chamberland-Pinto, Farah-Lajoie ou n’importe laquelle des cheerleaders, il n’y avait pas de différence sur le résultat ; chacune des courses ressemblait étrangement à une petite gambade bon pour le premier essai.

Faut dire que la ligne offensive des Carabins excelle pour créer des ouvertures aux porteurs de ballon. Mais, il y a des limites tout de même, non ? Ce n’était plus que de simples brèches, c’était une autoroute au complet. Six voies, mesdames, messieurs. Du grand luxe.

Mais revenons à la partie, voulez-vous ? Les Carabins sont parvenus à prendre les devants au milieu du 2e quart. Un touché du minuscule Joseph Mroué, suite à une belle course de 14 verges ponctuée de feintes ici et là. À la fin de sa journée de travail, Mroué pouvait dire mission accomplie et afficher son plus beau sourire. C’est sûr que 216 verges et un touché aident à se refaire une confiance. Lui dont la meilleure performance au sol se limitait à 89 verges cette saison.

Après une tentative de placement de 32 verges ratée par Jean-Luc Lamarche… mais tout de même bon pour un point (que c’est ridicule !), on a eu droit à un petit bijou cosigné par le receveur Yves Bériault et le quart-arrière Brouillette. Un peu à la manière des Colts d’Indianapolis, une équipe de la NFL (National Football League). Et quelle est cette dite manière ? De la classe, mes amis. Une feinte de remise à Mroué qui a berné tout le monde dans le stade, dont l’auteur de ces lignes, et l’unité défensive des Redmens sans exception. Puis, Brouillette lança une passe parfaite de 47 verges dans les mains de Bériault. Du grand art, un play action digne des grands.

Voilà le point tournant de la partie. Ce touché de Bériault avec quelques secondes à faire à la première a permis aux Bleus de retraiter au vestiaire en avant 15 à 3. Mais plus encore, c’est rassurant de savoir que Brouillette a été en mesure de garder son sang-froid après avoir été victime d’une interception, complétant 9 de ses 10 dernières passes.

La deuxième demie ? Réplique exacte de la première, quoi. Les Carabins qui courent comme si ils étaient seuls sur le terrain, une attaque anémique des Redmens, une foule qui applaudit ses favoris et ses cheerleaders et qui huent les hommes rayés. Enfin, presque exacte ! Car, Marc Santerre a délégué Jodoin aux commandes de l’attaque pour cette deuxième demie. Et les cris de dérision de commencer : «JO-DOIN, JO-DOIN » (hein, Phil). Malgré toute cette attention que certains fans lui portaient, il n’a pas mal réagi. C’était correct, mais sans plus. Y allant de courtes passes et de nombreux jeux au sol.

Après un troisième quart sans points, les Carabins se sont remis en marche, lors du dernier droit. Tout d’abord, Boursiquot a parcouru les 5 verges qui le séparaient de la zone des buts sur ce qui s’est avéré la plus belle séquence offensive des Bleus : en neuf jeux, ils ont amassé un impressionnant total de 106 verges. Puis, une courte passe de Jodoin à l’attention de Bériault s’est transformé en un touché de 22 verges. Une recette réussie quand les ingrédients sont de qualités : une accélération hors du commun et de bons blocs.

Mentionnons au passage que la défensive de vos favoris a accumulé cinq interceptions, dont deux qui vont s’ajouter à la fiche de Maxime Gagnier (Polytechnique, 4e année, Génie Industriel). En plus de toutes ces interceptions, le quart-arrière de McGill, Grant Connell a été victime de quatre sacs. Oeuvre des joueurs de ligne défensive Mathieu Brossard et Martin Gagné qui ont respectivement récoltés 1,5 et 2,5 sacs. Et lorsque Connell embrassait la surface synthétique, Gagné y allait de mimiques à la Elfrid Payton pour le pur bonheur des partisans.

Pour ceux qui n’ont pu voir la partie, je tiens à souligner que Connell n’a pas été mauvais, même si ses statistiques disent le contraire. Plusieurs de ses interceptions ont été le résultat de ballons déviés par ses receveurs ou par un joueur des Carabins pour aboutir dans les mains d’un joueur de l’équipe locale. Mais les bonnes équipes savent provoquer leurs chances, non ?

Je me questionne également sur la stratégie employée par le Coordonnateur à l’attaque des Redmens. Quand vous lancez le ballon à chaque jeu, disons que l’élément de surprise n’est plus. Cela a bien fonctionné en début de partie, Connell complétant plusieurs passes, mais la défensive des Carabins a su s’ajuster. Juste comme ça, le porteur de ballon de McGill a-t-il été égaré ? Oublié de l’autre côté de la Montagne ? Kidnappé par Raël et en visite chez les Éholims? Que de suspense !
Si Michael Samman, le porteur de ballon invisible de McGill, n’a pas fait sentir sa présence et bien le responsable de la défensive n’a guère fait mieux. Pourquoi les Redmens n’ont-ils pas amené plus de joueurs dans le front défensif, alors que c’est une recrue qui était le quart-arrière partant ? De cette manière, tu mets davantage de pression sur le quart-arrière et tu te donnes plus de chances d’arrêter le jeu de course. Que de questions qui vont demeurer sans réponse !

Le seul point négatif au dossier de vos Carabins fut l’indisciplinarité. De nombreuses pénalités leurs ont été décernées par les officiels pour un total de 296 verges données à l’adversaire ainsi que l’expulsion de la partie de Jean-François Vibert. Au moins, les flags n’ont pas influencé le résultat, sauf qu’ils pourraient en être autrement contre… bref, n’importe qui sauf McGill !

Maintenant que vous savez tout, on se donne rendez-vous samedi prochain. J’y serai ainsi que vos cheerleaders préférées… n’est-ce pas deux arguments de poids ?

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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