Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Soirée chaudement épicée

Hein!? Ça a déjà commencé? Effectivement, à 19h25, les Mars Volta avaient entamé leur spectacle, même si le billet disait que le show débutait à la demie… Cependant, je peux m’estimer chanceux d’avoir raté même 5 minutes de ce supplice. Avec leur nouvel album Amputechture comme pièce centrale de leur partie, le groupe laissait prévoir que le nouveau matériel me serait toujours aussi indifférent que les chansons que je me suis forcé d’écouter avant le spectacle. Cependant, ces mp3 ont défilé aussi vite qu’ils se mettaient à jouer sur mon iPod. Mais je me suis surtout dit qu’ils ne pouvaient être que meilleurs en spectacle. Grave erreur ! Par contre, ça m’a donné le temps de faire un tour du magasin des Chili Peppers et de m’acheter une casquette…

Vous allez vous demander, mais pourquoi est-ce que je suis allé les voir si j’avais déjà mon opinion de faite ? En fait, c’est parce que je juge que généralement, les groupes qui font la première partie sont tous pourris, mais au mois de mai, quand j’avais été voir les Strokes, j’ai entrevu le band ontarien the Most SereneRepublic, qui m’avait paru très bon, et j’avais regretté d’en avoir manqué une partie.

Bon, de retour au spectacle en cours… Pour en dire un peu plus sur the Mars Volta, leur première chanson a duré un bon 20 minutes, ce qui est affreusement long. Je devrais peut-être arrêter d’enfoncer le clou, mais franchement, je me suis vraiment emmerdé à les écouter…

Ils étaient à huit musiciens sur la scène, avec tellement d’amplificateurs et d’autres boîtes, qu’ils avaient de la peine à se déplacer d’un bout à l’autre. L’autre point remarquable, est le fait que plusieurs d’entre eux jouaient dos au public, ce qui montre un anti-conformisme légèrement exagéré. Je n’ai pas vraiment de commentaire à faire sur leurs décors, étant donné qu’ils avaient la «cover» de Amputechture (leur nouvel album) sur le mur du fond de scène, et c’est à peu près tout.

C’est vers 20h30 que mon ami Marc-O m’appelle pour savoir s’il devrait quitter la maison pour voir le spectacle, parce que lui aussi ne supportait pas le premier groupe que je ne nommerais pas encore. Quand il apprend que la scène est sur le point d’être achevée pour les Red Hot Chili Peppers, il se prend de panique et me raccroche le téléphone au nez… Il arrive tout en sueur 15 minutes plus tard, tout content de ne rien avoir raté de la partie principale, et juste au moment où les lumières s’éteignent pour laisser place au spectacle tant attendu!

C’est sur un jam session que Flea et John Frusciante soulèvent la foule, avant que Chad Smith ne se joigne à eux pour réveiller les derniers endormis. Finalement, Anthony Kiedis saute sur scène pour débuter sur une chanson plutôt inattendue, Can’t Stop de l’avant dernier album, By the Way.

C’est Dani California, qui a poursuivi le bal, étant le gros tube de l’album et même de l’été tout entier. Le public n’en demandait pas plus et s’est levé pour suivre les rythmes endiablés de ces légendes vivantes. Les classiques Scar Tissue et Blood Sugar Sex Magik ont suivi, de quoi combler l’appétit des vieux comme des nouveaux fans. Pour chaque chanson du concert, les Peppers avaient quatre écrans (qui montraient chacun d’entre eux en action) qui se déplaçaient au fond de la scène, sur un fond où défilaient images et films. Ce qui était intéressant était la variété de courts-métrages et de jeux de lumière pour chaque chanson. Les lumières étaient aux couleurs du drapeau des U.S.A, le red, white and blue. Les nuances entre chaque léger changement de couleur étaient certainement un des bons points du décor du spectacle. Mais il est impossible de parler d’un spectacle des Peppers sans parler de leurs accoutrements qui sont toujours, disons pour le moins, excentriques… Anthony Kiedis était habillé comme Avril Lavigne au début, pour déchirer un vêtement à la fois et se retrouver torse nu et shorts à la fin du show. Chad Smith était en blanc de haut en bas, avec un matching skullcap, alors que John Frusciante avait l’air d’un fermier en chemise. Flea, quant à lui, portait son bodysuit habituel qui avait des genres de dessins un peu partout…

Fidèles à leurs habitudes, les Peppers n’ont joué aucune chanson de One Hot Minute, l’album où ils avaient été forcés de remplacer Frusciante par Dave Navarro de Jane’s Addiction, à cause des problèmes de drogue de John. Cependant, ils ont joué Nobody Crazy Like Me, sortie des vieux coffrets de Mother’s Milk, la première composition de l’édition actuelle des Peppers (n.b. Frusciante et Smith se sont joints au groupe après la mort par overdose d’un des prédécesseurs et le départ de l’autre).

Flea et Frusciante nous ont également réservé plusieurs improvisations individuelles. Les deux nous ont ébloui par leur immense talent, en particulier pour Throw Away Your Television. Elle s’est révélée probablement une des plus mémorables de la soirée, alors que les solos respectifs des deux guitaristes étaient vraiment extraordinaires. Fortune Faded, un single publié sur l’album Greatest Hits de 2003, était moins connu du public, et a donc eu moins d’effet que d’autres chansons. Le moment le plus bas du concert est survenu quand Kiedis a tenu à féliciter Montréal et son équipe de hockey pour leur glorieuse histoire et leurs seize (QUOI !?!?) coupes Stanley. Disons qu’il n’est pas près de se faire accueillir à bras ouverts la prochaine fois…

Tell Me Baby, Californication et By The Way nous ont conduit jusqu’à l’encore. À travers tout le concert, seules Snow, Charlie, Warlocks et C’mon Girl sont les autres chansons sorties de Stadium Arcadium qui ont été jouées. C’est cependant l’album qui devait être le centre de la tournée, ce qui est un peu maigre à mon avis pour un cd double aussi bien réussi. Le spectacle s’est achevé sur Under The Bridge et Give It Away. Pendant Give It Away, un fan a déjoué les gardes de sécurité postés autour de la scène pour venir chanter aux cotés de John Frusciante, pendant que Anthony Kiedis courrait se réfugier derrière la batterie, de peur de se faire violer… D’ailleurs, il a foutu une telle trouille à Kiedis que celui-ci a quitté à la fin de la chanson, pour que Frusciante nous chante une des ses propres compositions (il a sorti des albums en dehors du groupe), et qu’un autre super jam session vienne clore une superbe soirée, qui bien que courte (à peine 2 heures), nous a tous émerveillés.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.