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Les Zapartistes


C’est dans un Lion d’Or à l’humeur joviale,
Dans une ambiance de gala ou de carnaval,
Que les bonnes ouailles sont conviées à une soirée,
Animée par une troupe à l’humour engagé, pas enragé,
Les Zapartistes.

Ne reculant devant aucune boutade,
Fanfaronnade ou rodomontade,
Ils n’en finissaient pas de porter l’estocade,
Aux tenants d’un Québec triste et maussade,
Les Lucides.

Une fois leur manifeste, lu, approuvé et signé,
Aucune personnalité politique ne fut épargnée.
Non, ils furent tous égratignés,
De Boisclair à Charest, en passant par Harper le carré,
Ce fut un vrai petit bonheur.

Syndicalistes, féministes,
Libéraux, marginaux,
Autant de personnalités respectables,
Que de cibles délectables,
On en redemande !

Car, finalement, ne serait-ce pas de l’intérieur,
Que nous viendraient ces invasions barbares ?
Il est fini le temps des mongols et des tartares,
Aujourd’hui, c’est entre nos murs que ce trouvent les fourreurs,
Inutile de les chercher ailleurs.

—-

Ce qui a marqué cette soirée de cabaret, c’est l’absence totale de tabac. La seule cigarette qui fut fumée durant cette soirée le fut discrètement sur scène, et on n’a vu personne s’offusquer d’une telle indélicatesse à l’égard des gens qui étaient là et qui espéraient ne pas « pogner le cancer » par le truchement de la fumée secondaire qui est — on ne nous le redira pas assez, mortelle par le simple fait de l’inhalation.

Les Zapartistes terminaient leur spectacle sur « Nous ne le prendrons plus. » Mais ils s’en allaient processionner à la porte pour en griller une à l’entracte — même Paul Ahmarani était venu téter une cigarette à Parenteau. Voilà une belle brochette d’anticonformistes (lire le manifeste : résistants de Montréal) qui respecte scrupuleusement que la majorité des clopeurs aillent se geler les roubignoles pour faire révérence la loi antitabac.

Tout cela m’inspire une idée saugrenue mais qui a ses fondements, je crois. Être de gauche aujourd’hui, radical, bien pensant, debout contre la connerie, l’affirmant haut et fort et le criant sur les toits, c’est avant toute chose une façon de se sentir exister. En fait, il y a un effet de mode derrière ça. Et le spectacle des Zapartistes est une messe qui réunit les délaissés de Montréal pour se réchauffer entre copains.

Parce que sourire est une si jolie façon de montrer les dents, certes, mais faut faire attention de ne rire jaune.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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