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Blue Light Burlesque

Un strip-tease est quelque chose que tout le monde peut faire. Donc, lorsqu’on va voir un spectacle de strip-tease, on s’attend à trouver quelque chose d’un peu mieux que ce qu’on pourrait faire soi-même dans son salon ou dans sa chambre à coucher. Ce ne fut pas le cas de la présentation du Blue Light Burlesque, au théâtre La Tulipe, jeudi dernier. Un mot résume tout le spectacle : amateur.

Les préludes au spectacle font monter les attentes. On doit s’habiller chic ou rétro, car l’ambiance se veut celle des spectacles d’effeuilleuses de cabaret des années 40 en version rigolote. Le très beau théâtre La Tulipe construit en 1913 ajoute à l’atmosphère. Avec une petite demi-heure de retard, le spectacle commence. Le premier numéro assez sexy se passe derrière un écran où des ombres chinoises nous laissent deviner une fille en talons hauts se déshabillant lentement pour nous.

Puis, le présentateur entre en scène et c’est la catastrophe! Il est si mauvais qu’il fait peine à voir. Et comme il monte sur scène entre chaque numéro, il constitue à lui seul la moitié du spectacle. Il récite ses textes appris par cœur en s’enfargeant constamment dans ses mots. Par deux fois, il sort même son texte pour lire des passages qu’il a oublié. Il n’a aucune chimie avec le public et ses blagues tombent à plat.
Les filles ramassant les objets laissés sur scène par les effeuilleuses ne l’aident pas. En effet, elles sont vêtues de jupes très courtes et pour chaque objet elles se penchent cul vers les spectateurs qui se mettent à crier et à siffler, ce qui coupe la parole au présentateur et le fait s’enfarger encore plus dans ses mots. La blague de montrer leurs culottes est drôle au début, mais après 25 fois, on commence à se lasser.

Les numéros se succèdent. Les filles manquent de grâce, leurs mouvements ne sont pas coordonnés lors des numéros à plusieurs, elles ne suivent pas le rythme de la musique. Heureusement, les 3 gars de la troupe viennent sauver la donne. Deux d’entre eux font des numéros comiques. Et le troisième fait les 2 meilleurs strip-teases, les plus sexy et les plus sensuels de la soirée. C’est lui qui a le plus de présence sur scène de toute la troupe.

Comble de l’amateurisme, nous assistons à plusieurs wardrobe malfunctions au cours de la soirée. Moi qui croyais que lorsque quelqu’un prépare un numéro de strip-tease, cette personne s’arrange pour avoir des vêtements faciles à enlever. Mais non, par 3 fois les filles ne réussissent pas à enlever tous leurs vêtements parce qu’une de leurs agrafes s’est coincée.

Une autre fille perd un de ses pasties. Les pasties sont ces suces qui collent au bout du sein pour cacher le mamelon et qui sont souvent ornés de petits fils qui bougent selon les mouvements de la fille. Sa réaction fut un peu surprenante. Elle s’est vite cachée le mamelon et s’est précipitée vers les coulisses en ayant l’air très gênée. Ma belle : « Tu es en bobette sur une scène avec des suces collées sur le bout des seins. Si tu perds une de ces suces-là, tu n’es pas vraiment plus nue qu’avant. Il n’y a pas de quoi être gênée! ».
Le spectacle s’appelle Faites vos jeux! Nuit chaudes à Las Vegas et fait constamment allusion aux aventures du présentateur à Las Vegas, ce qui n’est probablement pas une bonne idée. En effet, le fait de parler sans arrêt de la capitale du divertissement où se tiennent quelques-uns des meilleurs spectacles au monde ne fait que faire ressortir l’amateurisme du Blue Light Burlesque.




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