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De l’alcoolisme à Polytechnique

Par V. Boudreault

J’aimerais réagir à un texte paru dans le Polyscope de la semaine passée dont le titre était : «Vos cotisations servent-elles à gâter les impliqués».

Je ne veux nullement contester ici à l’auteur les quelques privilèges qui accompagnent la dure vie d’impliqué dans cette école, une réalité évidemment remplie de sacrifices et d’exemples d’abnégation. Je le sais, puisque je suis aussi un impliqué, depuis trois ans.

Ce qui m’agace un peu, c’est toute la glorification qui est faite autour de la consommation d’alcool dans cet établissement et dont M. Hogue semble être l’un des plus fervents porte-étendards.

Dans l’article de M. Hogue, j’ai été particulièrement navré par un passage symptomatique de tout un état d’esprit qu’on tente d’inculquer aux étudiants dès leurs premiers pas à Polytechnique, même si le tout se veut écrit sur un ton ironique et bon enfant. Je cite: « En plus, étant donné qu’on est des alcooliques, les brasseurs nous aiment et nous font signer des contrats de mariages, nous faisant jurer fidélité jusqu’à ce que la mort du contrat nous sépare. En plus, ils nous offrent des cadeaux… ».

Dans l’affirmation « étant donné qu’on est des alcooliques», que je m’évertue avec grand soin de ne pas prendre au premier degré, se retrouve tout le culte idiot qui est voué à la consommation de bière à Polytechnique. À moins que le fait d’être alcooliques nous rende, de facto, des individus cools ? Peut-être. Peu importe.

Il y a quand même un petit problème car de l’autre côté, c’est à de grosses compagnies que nous avons à faire. Des compagnies qui n’ont, bien sur, rien contre le fait que des générations d’ingénieurs s’accoutument à leurs produits pendant quatre ans, et ce pour un prix modique par rapport au profit généré.

Tandis que certains, trop occupés à brailler béatement devant un verre qu’ils se font orgueil de ne jamais laisser vide du fruit du houblon, rotent leur satisfaction de pouvoir se saouler à très bas prix, d’autres se frottent les mains à l’idée de pénétrer un marché si juteux (des jeunes âgés de 18 et 24 ans, à majorité mâles) pour le prix d’un contrat dont la teneur n’a jamais été divulguée, en plus de quelques caisses offertes ici et là. Bref, une misère.

Évidemment, le brasseur laisse couler ses fûts une fois l’an, le temps d’une soirée, pour montrer combien il est généreux et il envoie un sous-commis pour exprimer dans un petit discours d’usage combien sa petite clientèle lui tient à cœur. Mais vous, qui avez un bac en marketing, vous comprendrez que le jeu en vaut bien la chandelle!

Encore une fois, je ne veux nullement dénigrer le travail des gens qui s’impliquent et qui défendent nos intérêts pendant qu’on se saoule (!?), j’apprécie moi-même le fait de pouvoir siroter une bière une fois de temps en temps après mes cours. D’ailleurs, il ne me dérangerait nullement de la payer 2,50 dollars au lieu de 1,50 (fait dont M. Hogue semble se vanter, je me demande pourquoi) à partir du moment où je suis entouré de mes amis et que je passe un bon moment. Et pour ça, je ne suis pas obligé d’ingurgiter 10 bouteilles d’affilée en rotant, pétant et vagissant comme certains énergumènes qu’on peut croiser dans les couloirs de poly à chaque vendredi soir.

Je ne suis même pas contre le fait qu’on boive plus que de raison dans l’enceinte de cette école. Je m’en fous. Mais, je vous prierais M. Hogue, de laisser au moins faire leur travail aux gens des communications et du marketing de Molson et de Mc Auslan. Et, surtout, arrêtez de nous prendre pour des idiots.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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