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Le Truc Sérieux


« Bonjour, Je souhaiterais réagir à propos de la page de couverture du Polyscope du vendredi 22 septembre. J’ai du mal à savoir comment interpréter la page de couverture, et je ne suis apparemment pas le seul, je souhaiterais donc que son auteur explique et explicite son intention dans la prochaine édition du Polyscope, et ce qu’il sous entend par son message…
En effet la page de couverture pourrait être interprétée comme une forme de dérision et de mépris envers les victimes d’homophobie…
Je suppose que telle n’était pas l’intention de cette page de couverture, et que les étudiants du polyscope ne souhaiteraient pas se livrer à ce genre de niaiserie, et donc que je me trompe en voyant dans cette page un manque de respect et une provocation.

Merci de votre réponse, cordialement, Christophe »

Bon ! C’est moi qui a fait cette cover, celle avec le petit chien soi-disant homosexuel et victime d’homophobie. On a tous bien ri et on s’est ouvert une bière en guise de récompense pour une couverture aussi pleine de …de ….couleurs et de gaieté ?!

Mes intentions étaient simples: faire une cover qui flashe. Je voulais utiliser toutes les couleurs possibles, comprenez, on revenait de la sombre semaine « Dawson ». Et quoi de plus coloré que l’arc-en-ciel supposément gay! Je n’ai pas eu l’intention d’aider la cause des homosexuels, mais je ne voulais pas la dénigrer non plus.
Fin de mon explication
Plus on s’explique, plus on s’enfonce. J’en ai déjà trop dit. Je suis coupable, d’avoir ri, des gays et de la phobie qu’ils créent, encore aujourd’hui en 2006. Je suis coupable aussi d’avoir ri des campagnes contre l’homophobie et du grave qui l’entoure. Alors pourquoi le truc sérieux?

Encore ce mot, «sérieux, sérieux!» comme dirait le transexuel Patrick “Kitten” Braden dans l’excellent film «Breakfast on Pluto». Dans ce film on voit Kitten, complètement fille, qui est né dans un monde qui se prend au sérieux, le monde de l’IRA et de la guerre contemporaine de l’Irlande. Tout au long de sa vie, il se fera respecter en laissant, sans efforts, un espace autour de lui à l’humour et à la légèreté, façon pour lui de se faire accepter, sans pour autant compromettre son intégrité.

Pourquoi le Truc Sérieux. Parce c’était pas drôle à ce qu’il paraît. C’est un peu comme quand quelqu’un meurt. On pleure et rien n’est drôle, puis les années passent et on peut en rire, avec respect. C’est libérateur de rire. Ça fait du bien.

L’Alternative, regroupement d’étudiants d’orientation homosexuelle, bisexuelle et de leurs ami(e)s de l’UdM on réagit avec optimisme à la cover, parce que dans un monde idéal et moderne, on peut rire de l’homophobie. Les deux réactions ont soulevé des réflexions dans ma petite tête.

Je sais pourquoi je la trouvais drôle la cover. C’est que tout le monde y gagne. C’est pas en étant homophobe-phobe que l’on va régler le problème. Je crois que l’inclusion de l’homosexualité dans la société ne doit pas se faire par l’oppression de l’homophobie. Quoi de mieux pour s’exorciser d’une phobie que de s’y confronter et de l’apprivoiser.

L’humour rend l’homosexualité accessible et inoffensive. Normand Brathwaite avait joué, début 80, le rôle d’un Noir stéréotypé, duquel il était prévu de rire. Accessible pour la population parfois arriéré de l’époque. Maintenant, on ne précise plus si un artiste est Noir. Pourquoi? Parce qu’on est passé à autre chose. On a évolué et on s’en fout.

Comme à l’intégration de Poly, on ri des nouveaux, pour mieux les aimer durant les 4 ou 5 prochaines années.

Je me permettais de rire des gays, parce que j’ai l’impression, après des années de commentaires à mon égard, de leur appartenir. J’ai beaucoup d’amis gays qui n’en reviennent pas que j’aie à m’expliquer sur ma cover. On m’a même dit qu’il fallait bien être à Poly pour en faire tout un plat, eux qui sont sur le plateau et qui étudient à McGill et l’UQAM.

Ils ont raison! À Poly c’est tabou, je connais pas un gay! L’isolement ne serait donc pas un mythe?

Alexandre Benoît souligne dans une entrevue donnée au Quartier Libre que la situation à l’UDM n’est pas comparable à celle de l’UQAM de par sa position géographique, collée sur l’isolé village gay. Il critique ouvertement le manque de publications de la communauté homosexuelle sur le campus. Le magazine Fugues, n’est en effet distribué que dans le Pavillon de l’aménagement.

Ouais, je crois comprendre ce que voulais me dire Christophe. Il y aurait des gays qui vivent dans le silence à Poly! Hum…

L’alternative et tous les groupes de défense des minorités souhaitent, secrètement, disparaître, partir en paix, mais le travail encore à faire est bien réel.

Ça fait du bien d’être sérieux un peu, ne serait-ce que pour une semaine par année. Juste le temps de se rappeler ce que c’est. Mais c’est assez, semaine prochaine je déconne!

Encore une fois, désolé d’en avoir froissé!

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