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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Éditorial

C’est suite à une nuit mouvementée que je me suis réveillé en sursaut. Encore endormi, je me retiens de démolir mon réveil-matin à coup de gravité (trois étages c’est une arme non négligeable pour ceux qui ne sont pas dotés d’ailes ou de parachute) et me lève pour engouffrer de maigres tranches de pain contenant à la fois sept grains différents et un goût de carton beurré qu’une trop grande quantité de café ne réussira malheureusement pas à faire oublier. Journal à la main et pressé par le temps, je dois sustenter ma soif de nouvelles de quelques grands titres et d’une chronique en diagonale. C’est là que la dure réalité me frappe de plein fouet : il me pousse des poils noirs sur le bout des doigts! Entretenant encore l’espoir que ma calvicie précoce soit traitable par un quelconque spécialiste que je tarde à consulter, ce pourtant insignifiant 5 millimètres de pilosité digitale détruit le peu de conviction qu’il me restait, à savoir que je suis encore un peu jeune. Malgré que l’esprit se porte encore très bien, le corps quant à lui souffre maintenant facilement d’un faible abus de substances éthylées, ou d’une absence quasi totale d’exercice quotidien.

Ceci étant dit, et ceci servant à filtrer les lecteurs les moins tenaces d’entre vous, la vieillesse nous guette au tournant avec une marchette et une bouteille de jus de pruneau. Arrivée au polyscope il y a déjà deux ans et bien des mots de la semaine, ceux qui étaient à l’époque les vénérables anciens de cette feuille de choux qui frappera bientôt sa crise de quarantaine, sont maintenant sur le marché du travail, expulsés en contrées européennes ou bien à la maîtrise (show-off!). C’est donc à mon tour de me retrouver dans cette position de vénérable (sic3) ancien tentant de finir un bac en maximisant les chances de ne pas me retrouver chômeur d’ici un an.

Question d’aggraver la détresse qui m’attaque, tel l’essaim de guêpes récemment exterminé au-dessus de mon balcon, je reçois, tel une convocation à me présenter face à la faucheuse, un faire-part me convoquant au mariage, oui oui un mariage, d’un vieil ami. Je dis vieil ami tout en sachant que ce terme ne s’applique pas qu’à notre amitié, mais aussi à notre ancienneté en ces lieux terrestres. Le coup fatal est porté lorsque j’apprends qu’il veut, déjà, faire de lui un fier père et que son frère, plus jeune que nous, est déjà père.

Il y a assez de ces matins où je me sens fusionné à mon lit par une force invisible qui me transforme jour après jour en un vieux grabataire antipathique. Je sens déjà le peu de talent que j’ai à Quake disparaître lors d’un face à face avec la nouvelle génération polyscopienne n’ayant pourtant jamais mis les pieds (virtuellement, cela va sans dire) dans une arène. Pire encore, je me mets à écrire des textes n’ayant d’autre objectif que d’extérioriser l’angoisse, non pas de la page vide (ça c’était il y a quelques heures), mais de l’agenda vide qui attend tout finissant ne sachant trop quoi faire de sa vieille croûte de peau ou, comme le disait un ami face à l’obtention prochaine de son diplôme, « n’a pas de plogue ».

En conclusion, sois jeune et tais-toi, ou sois vieux et plains-toi.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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