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Histoires d’amours et rentes à 5 pour cent

Jane Austen. Le nom vous dit quelque chose? Vous avez peut-être vu une adaptation cinématographique ou télévisée d’un de ses romans (Pride and Prejudice, cette année). Cette écrivaine, qui vécut dans la petite noblesse terrienne de l’Angleterre du tournant du 19e siècle, fait partie du passage obligé de tous les programmes de lettres anglophones, et c’est une des rares femmes à se retrouver au côté d’Homère et de Shakespeare sur le palmarès des Great Books, ces programmes d’études offerts dans plusieurs universités d’Amérique du Nord, dont Concordia.

Qu’est-ce que ces romans, ces histoires d’amour et de mariages de jeunes femmes issues de la petite noblesse terrienne du 19e siècle, ont encore pour nous intéresser aujourd’hui?

D’une part, les personnages, dont on a l’impression qu’ils vivent réellement dans un univers parallèle figé, qu’on apprend vraiment à connaître. Il n’y a, pour moi, que Pierre Bézoukhov du Guerre et Paix de Tolstoï ou Boule de suif qui dépassent en familiarité et en vérité Elizabeth Bennett, Emma Woodhouse et leurs consoeurs. On est loin, très loin du carton-pâte des personnages de romans à thèse.

C’est cette épaisseur, cette impression de vie réelle qui a permis à plusieurs soldats britanniques amateurs d’Austen de supporter l’absurdité des tranchées de 14-18. C’est aussi ce qui fait de son oeuvre un espèce de havre dans un programme de lecture intense: intercaler des oeuvres plus dérangeantes (Beautiful Losers de Leonard Cohen ou Prochain épisode de Hubert Aquin) qui comportent des personnages qui flirtent avec la folie avec les romans d’Austen ou le bon sens (malgré l’adversité qui nous tient en haleine) triomphe finalement m’a permis de passer un agréable automne 2005.

Et la magie d’Austen passe par la relecture, qui nous permet de revivre avec humour les premiers suspenses: même son héroïne la plus perspicace, l’Elizabeth de Pride and Prejudice, commet des erreurs de jugements, et les indices laissés par l’auteur font sourire lorsqu’on en connaît la teneur.

Une vie

Austen naît en 1775 à Steventon dans le Hampshire. Elle mourra, probablement de la maladie d’Addison, en 1817, en ayant vécu une vie beaucoup plus tranquille que celle de ses héroïnes: elle a failli se marier en 1802, mais elle a eu (le bon sens) de se sauver. C’est, semble-t-il, pour arrondir ses fins de mois qu’elle publie ses romans. Même si Sense and Sensibility (1811) connaît un certain succès, elle ne gagnera finalement que peu d’argent.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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