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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Parce que différents mais non indifférents

Traversant les ruelles de Kaban, Alexandre se rend à la maison du forgeron. De ce petit toit de paille, il peut observer la vie quotidienne du village. C’est le jour du marché! Une explosion de couleurs et d’odeurs s’émane des étals. Imprégné de la vie de Kaban, il rentre le soir chez son diatigui. Ce dernier prévoit de lui faire visiter le lendemain le quartier des peuhls, l’ethnie des bergers du village….

Jour 4

« Ce matin, c’est le son de la poulie du puits qui m’a éveillé. Autour de moi, je peux déjà voir la fumée sortir des petites maisons. Déjà après seulement trois jours, un rituel matinal est établi. Je m’éveille, m’assied et je regarde un peu l’agitation villageoise. Pendant ce temps, la mère de famille va porter ma jarre d’eau dans le coin réservé pour se laver. Ensuite, je me lave lentement, en profitant de la bonté que peut offrir une douche extérieure ainsi que le calme et le réconfort que cela peut apporter. A ma sortie, la bouillie de mil m’attend au pied du lit (une simple natte étendue sur le sol). Aujourd’hui, je pars pour l’entrée du village, il y a là un quartier peulh. Les peulhs sont une ethnie distincte, ils sont très différents. Premièrement, leurs maisons sont circulaires avec des toits de pailles de formes pyramidales. Les femmes quant à elles, portent d’énormes bijoux multicolores et ont les lèvres tatouées. Les enfants sont attriqués de divers bijoux et affublés de coupes de cheveux extravagantes, pouvant rappeler les coupes punks. Finalement, les hommes sont bergers, ce sont eux qui s’occupent des chèvres, des moutons et des zébus. A notre arrivée dans ce quartier, nous commençons par saluer toutes les familles. Entre temps, nous apprenons le décès d’une femme dans la nuit. Elle a été enterrée tout près d’ici, sur le terrain familial, tôt ce matin. Les hommes sont donc regroupés dans la maison en deuil, nous y entrons par marque de respect. A l’intérieur, ils sont tous assis sur le sol en indien. Nous devons tous les saluer chaleureusement et pendant ce temps, une prière est chantée. Je m’assieds donc ainsi en silence avec eux. Selon la tradition, ils doivent rester ainsi pendant trois jours afin de marquer le respect pour la personne décédée et pour montrer à ses descendants qu’ils ne sont pas seuls. C’est le moyen de les soutenir moralement, en donnant de leurs temps précieux.

Il est maintenant 10 heures, un homme doit quitter pour aller avec le troupeau. C’est avec lui que je passerai la journée. Je le suis donc à l’extérieur et nous nous dirigeons vers le troupeau, c’est un cheptel assez imposant d’une cinquantaine de bêtes. Les zébus à l’instar des vaches, sont équipés d’énormes cornes, ce qui rend l’atmosphère au milieu du troupeau un peu plus épeurant. D’abord nous procédons à la traite. Chaque femelle est attachée et à l’aide d’une calebasse, nous devons faire la traite manuellement. Je suis le premier à me lancer. Agenouillé au milieu du troupeau, je tire sur les pis de toutes mes forces. Après plusieurs essais, je réussi à soutirer le précieux lait et à remplir une calebasse. Ils m’empressent aussitôt d’ingurgiter le contenu crémeux, ce que je fis et vraiment, c’est vrai régal! Une heure durant nous faisons cette tâche. Vint ensuite le grand départ!

Je quitte donc en compagnie de Diadjé Diallo, il a 28 ans et deux enfants, il est berger depuis son plus jeune âge. Un bâton, une gourde d’eau et un foulard (pour se protéger du soleil brûlant) sont notre seul attirail. Quel métier noble! Seul face à l’immensité du Sahel à la recherche de verdoyants pâturages. Les roches, les arbres et le soleil en guise d’indicateurs pour retrouver son chemin. Un vocabulaire de quatre sons distincts lui permet de communiquer avec le troupeau, qui lui obéit au doigt et à l’œil. En un gloussement de gorge, il peut faire arrêter tout le troupeau, en un cris nasillard, il peut le faire repartir et ainsi de suite. L’ouie et la vue sont ses principaux outils. Le vol des oiseaux peut lui dévoiler la présence d’un prédateur, le cris d’un zébu peut lui indiquer si un animal est malade ou blessé. Il a toujours le regard pointé devant à la recherche de dangereux serpents. Il ne peut pas se permettre de perdre un seul zébu. J’ai ainsi passé la journée à marcher à ses cotés à observer la beauté du paysage aride et à suffoquer lorsqu’à midi, le paysage s’est transformé en four… »

Si vous souhaitez lire la suite du carnet de voyage d’Alexandre et voir ses photos, visitez son blog www.spaces.msn.com/alexaumali! Dans notre prochain article, vous en apprendrez plus sur le travail des stagiaires d’Ingénieurs Sans Frontières. Rendez vous au prochain article!

Mots-clés : ISF (11)

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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