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Régulera, régulera-pas…

Le Québécois moyen est généralement prompt à se plaindre dès que quelqu’un se met à parler de taxes et d’impôt. Je ne veux pas parler ici de l’utilisation, pertinente ou non, des sommes collectées, mais plutôt de la raison de leur instauration. Plus précisément, les taxes imposées à des fins incitatives, telle une taxe sur la malbouffe, sur l’émmission de CO2 dans une perspective «Kyoto-ienne» ou sur la circulation routière. Cette dernière est d’ailleurs très difficile à imposer à la population.

Le péage, utilisé à des fins de régulation (lire «réduction») du trafic automobile, a obtenu une victoire mitigée à Stockholm dimanche dernier. Un référendum portant sur son instauration s’est conclu positivement : les partis politiques supportant l’initiative, tant municipaux que nationaux, se sont fait remercier et remplacer par les partis s’y opposant. L’explication : le référendum officiel n’a eu lieu que dans la ville de Stockholm où la population a vu une réduction de la circulation de 25%, soit environ 100 000 véhicules quotidiennement, et une augmentation de près de 10% de l’achalandage du transport en commun durant la phase expérimentale qui a eu lieu de janvier à juillet dans la plus grande zone de péage au monde. Et le lendemain de la fin de la période d’essai? L’achalandage routier a subi un hausse significative. Les banlieues, frustrées de cette taxe imposée, ont tenue, elles aussi, des référendums symboliques qui se sont conclus par un «non» à 60%.

Tout ceci en dit long sur la mentalité des banlieusards suédois, et sans doute des banlieusards un peu partout : le seul moyen pour que la population adopte une attitude responsable face à elle même et à l’environemment, notamment en matière de gaz à effet de serre et du smog qui plane régulièrement sur les centres-villes et leurs habitants, est de lui imposer des mesures coercitives convaincantes. La population n’adoptera pas d’elle-même une telle attitude peu importe les moyens mis à sa disposition ou les campagnes de sensbilisation passives mises en place. Pourquoi? La réponse semble pourtant simple (mais probablement plus compliqué, n’empêche ce n’est pas en trois demi-colonnes qu’on peut changer le monde) : le citoyen moyen ne voudra pas modifier ses habitudes de vie pour un voisin qu’il cotoie à peine ou tout simplement pas.

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