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La chambre d’amis

Le comédien Gilles Renaud acceptait un défi bien particulier le 2 février dernier au Théâtre d’Aujourd’hui : jouer le rôle principal de la pièce La chambre d’amis, pièce qu’il n’a jamais lue et dont il ne connaît que la seule et unique réplique qu’il aura à dire au moment qui lui semblera opportun. Tels étaient les termes de son contrat : arriver sur scène en même temps que les spectateurs dans la salle, puis se laisser entraîner par ses deux hôtes, les comédiens Édith Paquet et Vincent Champoux (également auteur de la pièce).

Bien qu’il ne connaisse rien du scénario, qu’il n’ait jamais participé aux répétitions et qu’il n’ait le droit de prendre la parole qu’une seule fois au cours de la représentation, par son attitude, son langage corporel, ses mimiques, sa stature, sa prestance, ses rires, par sa simple présence, le comédien invité a tout le pouvoir d’influencer la pièce, pouvoir auquel doivent s’adapter les deux autres membres réguliers de la troupe. S’instaure alors un ajustement mutuel obligé qui captive instantanément le spectateur.

Le scénario est tout simple. Un couple aux heures vacillantes vient d’emménager dans une grande maison encore en chantier. Par un soir de mauvais temps, après avoir gagné un concours à la radio, le couple reçoit la visite d’un animateur vedette. Ou plutôt croit recevoir la visite d’un animateur vedette, puisque l’on découvrira plus tard que cet homme n’est pas l’invité que l’on attendait. Une intrigue minimaliste donc, tout comme le décor d’ailleurs, mais un minimalisme nécessaire car, pour prendre toute son expansion, ce concept original, amalgame d’improvisation et de théâtre traditionnel, ne doit pas être ancré dans trop de contraintes.

Du 2 au 19 février, une quinzaine de comédiens invités se prêteront tour à tour au jeu, offrant ainsi une quinzaine de représentations différentes et inusitées. À cet effet, le Théâtre d’Aujourd’hui offrait d’ailleurs des forfaits aux spectateurs désirant assister à deux séances, afin de pouvoir en constater les dissemblances et apprécier ainsi le concept jusqu’au bout.

Petite demande spéciale en terminant. Hier soir, jeudi 9 février, c’était au tour de mon chouchou Marc Labrèche de venir tester la chambre d’amis. Je peux facilement m’imaginer qu’il devait être comme un poisson dans l’eau au sein de cette comédie insolite, absurde et ingénieuse. Si jamais vous avez eu le plaisir de voir cette représentation (moi quand j’ai téléphoné, c’était malheureusement déjà complet), s’il vous plaît, envoyez-moi un petit mot pour me raconter comment c’était!
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Critique artistique suivante : 312




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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