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Declaración en idioma flamenco

Si le flamenco est un art dont la maîtrise est propre aux gitans, alors Myriam Allard devait être des leurs dans une vie antérieure.
Cette Québécoise qui a débuté par la danse jazz à Québec et qui a décidé à l’âge de 19 ans de partir en Espagne, plus exactement à Séville, berceau du fl amenco traditionnel, est réellement étonnante.

Lors de la représentation du samedi 11 février au Lion d’Or, David el Gamba, invité de ce premier spectacle, a commencé la soirée par un chant poignant rythmé par les ‘palmadas’,
applaudissements sonores du reste de la troupe.

La première chorégraphie de notre danseuse était certes d’une grande beauté et ses mouvements d’une finesse sans égal mais malheureusement, les frissons n’étaient pas au rendez-vous.
Les initiés espagnols qui avaient occupé les premières rangées n’étaient certainement pas étrangers à la tournure que le spectacle allait prendre après ce court moment de fl ottement. C’est en effet à coup de ‘Ole’,
de ‘Vamos’ et de ‘Guapa’ qu’une nouvelle Myriam Allard s’offrit à nous. Une gestuelle moins carrée, plus sauvage, un regard aussi noir que dévorant, des ‘taconeos’ (jeu de pieds) plus sûrs et plus retentissants et une dignité aussi imposante que celle d’un toréador dans son arène. L’estrade de cette salle de spectacle était réellement devenue l’arène de la danseuse et la voix de Hédi Graja ‘el moro’ accompagnée à la guitare par ‘El Mati’
et Kraig Adams, ne faisait qu’accentuer l’ivresse dans laquelle la salle était.

C’est après une courte pause qui permit à tout le monde de reprendre ses esprits, qu’apparue, vêtue d’une robe traditionnelle, la plus espagnole des danseuses canadiennes.
Avec son regard obscur et le maniement parfait de sa traîne, le plaisir que nous offrit Myriam était quasi orgasmique. Le coup de grâce fût donné par le guitariste de la troupe qui interprétât un somptueux solo, nous faisant presque sentir le doux parfum des olives andalouses.

Pour l’instant, la troupe ‘La Otra Orilla’ n’a pas prévu de remonter sur scène à Montréal, mais croyez-moi, dés qu’ils repasseront je ne manquerai pas de vous le dire.




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