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La Probiscuité

J’aime les Chinoises, grosses et petites, rondes et minces. Pourquoi les Chinoises en particulier, je ne sais pas. C’est une forme de discrimination raciale positive. Il y a quelque chose qui me fascine dans leur façon de penser. C’est comme si le fait d’être si nombreuses les avaient forcés à purifier leurs idées. Je n’ai jamais lu de littérature chinoise, mais je suis adepte de leurs biscuits de fortune. Quelle belle invention. Avec moins de 2 grammes de gras saturé, on reçoit un message d’espoir gratuitement. J’adore payer mes factures au restaurant chinois parce que je sais que je serai récompensé par une belle parole. Avec la petite serviette au citron, c’est mon truc préféré quand je mange du chinois.

Les Chinois forment un peuple si vieux qui a su, tel la culture du bonzaï, rapetisser tout en gardant l’essence. Ils ont en quelque sorte inspiré le jus en canne. D’une motte de glace savoureuse, on peut diluer une grande quantité d’un délicieux jus sucré. Regardez avec quelle concision et quelle circoncision ils sont capables de jongler avec les messages philosophiques. Passons outre les mauvaises traductions du chinois à l’anglais et de l’horrible transition au français. Focussons-nous plutôt sur la beauté contenue dans les biscuits de la fortune.

C’est comme si c’était plus facile de payer quand tu te fais dire que tu vas avoir de la chance dans tes affaires.

Ce qui les rend magiques et légendaires, c’est leur capacité de nous rejoindre tous et chacun, qui que nous soyons. Avec des messages aussi flous et généreux, il est difficile de se sentir exclus…

« Vous attirez le sexe opposé » Mais! Je suis hermaphrodite!

« Le bonheur vous attend » Oh shit j’avais oublié!

« Votre sourire est votre plus bel atout » fourfan, me semb’ que jfè dur.

« Vous aurez de la chance dans vos affaires » Hein!? Je suis communiste.

Je dois vous avouer que je suis par contre un peu tanné de ne pas recevoir des messages plus personnalisés. Au lieu des chiffres chanceux pour la lotterie, ils devraient parler de chiffres gagnants, avec une date, pour le Super7 par exemple…postdaté au pire!

Des fois quand je suis seul, ce qui arrive souvent, je m’ennuie. Et pour me faire des amis, je leur offre des biscuits de fortune personnalisés. Au début, ça paraissait parce que pour les personnaliser, je les cassais et avec un nouveau message, je les emballais dans du cellophane, mais les gens ne sont pas stupides, ils le voyaient et je leur faisais peur.

Maintenant je suis beaucoup mieux équipé. J’ai une technique!
Quand tu fais bouillir ton biscookie de la fortune, tu le mouilles et il devient bisbouilli et tout mou. Étonnament, ça donne comme une petite crêpe épaisse qui flotte sur l’eau. Une fois que vous avez votre petite crêpe molle, vous pouvez y mettre un message comme : « Si j’étais vous, je me mettrais chum avec le gars qui vous a donné ce biscuit. » Et si les gens ont pas peur, vous risquez de créer des liens solides et durables.

Je suis sûr que les biscuits sont heureux de se faire réchauffer. Vous savez, c’est pas facile pour les biscuit de traverser deux océans pour venir jusqu’au Canada. Des fois, ils sont des milliers à venir en conteneur dans la promiscuité et le froid. Quand c’est des biscuits c’est de la probiscuité. Non seulement c’est drôle mais c’est vrai. Comme quoi il n’y a pas de vrais synonymes, chaque mot du français est d’une subtile différence. La probiscuité c’est la triste situation dans laquelle se retrouvent les biscuits forcés à vivre en groupe. L’insalubrité et la claustrophobie sont insupportables. Cette situation se produit inévitablement lors de leur transport dans les petits conteneurs de bateaux.

En voulant propager mon néologisme probiscuité, j’ai été frappé par la rigidité de la langue française et la peur des néologismes. Wikipedia ne trouve pas drôle que probiscuité ait une définition. Pourquoi est-ce que n’avons nous pas le contrôle de la langue française? Il est pourtant si simple de justifier l’existence de mon nouveau mot.

Pour conclure, n’écoutez pas les brutes qui vous disent de rajouter « au lit » après les douces paroles écrites sur les petits papiers parce qu’il est faux que « un vaut mieux que deux tu l’auras au lit ».

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)

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