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Dawson

À 12 heures 41 minutes, Kimveer Gill, un jeune homme de 25 ans alors équipé de trois armes à feu, dont une carabine semi-automatique, ouvre le feu à l’entrée du collège Dawson. C’est dans la cafétéria du collège que se terminera son parcours durant lequel il aura fait feu, au hasard, sur une vingtaine d’étudiants. L’une d’eux, une jeune femme de 20 ans y perdra la vie après avoir reçu un projectile à l’abdomen. De nombreuses autres victimes seront par la suite évacuées vers différents hôpitaux du centre-ville dont plusieurs dans un état critique. Gill sera rapidement abattu par balle par l’un des agents de police sur lesquels il venait de faire feu.

Connu sous le pseudonyme «fatality666» et adepte Goth, le tireur était un adepte du site web VampireFreaks.com et détenait un blog très révélateur de sa mentalité et sur lequel on le retrouve sur de nombreuses photos, carabine à la main. Il est encore trop tôt pour expliquer ce qui l’a poussé à passer à l’acte, mais est-il vraiment nécessaire de dire une fois de plus qu’une telle barbarerie est tout simplement injustifiable et un tel comportement sociopathe ne peut être accepté dans une société civilisée. Il semblerait bien que oui, puisque de tels massacres d’innocents ne font que se répéter : Polytechnique, Concordia, Colombine, Myers, Red Lake; la liste ne fait que s’allonger. Tout a déjà été dit et redit sur de tels événements et je résumerai le tout en citant notre cher collègue A. Richer : «merde les mecs, tuer c’est mal».

Phénomène médiatique

Les événements de cette semaine nous auront démontré la pertinence et l’efficacité des nouveaux outils médiatiques nés du développement d’internet et des technologies de communication informatique. En effet, en seulement une heure, ce qui est maintenant connu comme la «Tuerie de Dawson» et son auteur faisaient déjà l’objet d’articles sur l’encyclopédie en ligne Wikipedia. L’information en direct prend tout son sens quand les acteurs mêmes de l’événement prennent part à la diffusion de l’information. En quelques instants, les photos de Dawson, semblant provenir de cellulaires d’étudiants sur place, pullulaient sur internet et la blogosphère a explosé alors qu’une quantité innombrable de «posts» informant, pratiquement en direct, les lecteurs des derniers développements étaient publiés accompagnés de photos et d’opinions ainsi que des commentaires et réactions des lecteurs. Même le diffuseur publique, Radio-Canada, pourtant situé à quelques kilomètres du lieu de la tragédie et possédant suffisamment de ressources pour couvrir une telle nouvelle, a eu recourt à des photos récupérées du site de nouvelles de Yahoo pour compléter son bulletin de fin de soirée. Le pion s’est fait damé.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.