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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Au clair de la lune, mon ami Vazel…

Gueule de bois

Après avoir ignoré pendant des années les jugements de tribunaux institués en vertu de l’ALENA, qui avaient trouvé illégales les pénalités américaines sur le bois d’œuvre canadien, Washington accepte aujourd’hui de les retirer. Mais le libre accès à son marché, loin d’être «sans restrictions» comme l’affirme faussement Harper, prend fin au moment où la part canadienne du marché dépasse 34 pour cent ou si le prix du bois descend sous un prix plancher. Les puissants appliquent les lois comme ça les arrangent. C’est aussi ça le libre échange.

Malgré tout, l’heure est au discours de raison, à défaut de mieux. Gilles Duceppe déclare à la presse : « Nous n’avons pas le choix. Nous sommes désespérés. Il faut penser aux nombreuses personnes qui œuvrent dans cette industrie vitale qu’est le bois…nanana nanana… ».

Et Maxime Bernier, ministre de l’industrie, dans un irrépressible accès de vantardise politique (à l’instar de nos ancêtres les macaques qui ne pouvaient s’empêcher de se gratter le postérieur quand ça les démangeait) et déjà oublieux de ses piètres qualités de négociateur, en profite pour glisser perfidement: « Oui, le Bloc cautionne constamment notre gouvernement. Résultat, les Québécois s’aperçoivent que le Bloc est inutile à Ottawa puisque les conservateurs défendent leurs intérêts et livrent la marchandise ».
Quand il aura eu vent de cette fanfaronnade, Duceppe va sûrement vouloir se tirer une balle dans la tête tellement il va se sentir écrasé et humilié par cette cinglante attaque.

Pourquoi ferait-il ça?

Parce qu’il a dépassé l’âge où l’on va pleurer dans les jupons de sa mère.

Moi, j’ai renoncé à vouloir me tirer une balle dans la tête quand je lis les journaux parce que j’ai peur que ça me fasse mal. En plus, j’ai un bail de location en cours qui expire au mois de juillet prochain et je ne voudrais pas que mon propriétaire, un millionnaire qui réside à Westmount, soit mal pris. Et surtout, je me suis attaché à la pratique de pleins de petits vices qu’il me serait difficile d’assouvir entre quatre planches.

Retour sur l’initiation

J’ai lu, stupéfait, dans les pages du Polyscope de la semaine passée, un article rédigé par une certaine Anne Hüsse, traitant de l’initiation et du signe de ralliement sexiste qui s’y attacherait.

Si ce que l’auteur raconte est vrai, alors c’est grave. Très grave.
Devant mon inquiétude, un ami se voulant rassurant m’a dit : « Pas d’angoisse à avoir, notre asso veille au grain, et je suis sûr qu’elle ne va pas tarder à sévir contre les auteurs de cette scabreuse idée. C’est déjà assez dur comme ça de faire des rencontres intéressantes avec la gente féminine dans ce coin-ci ». Je lui ai répondu que j’étais moins confiant que lui et que malheureusement, il suffisait qu’un seul mal-empiffré pète à table pour que tout le banquet s’en trouve indisposé. En plus, avec les nouveaux pavillons, les nouveaux programmes, tout ce vent de modernité que l’administration veut insuffler à l’École, ça la foutait un peu mal.

Mais ce qui m’a sidéré dans ce – visiblement – non événement, c’est que personne dans la communauté polytechnicienne n’ait réagi à cet article brûlot. Personne. Pourtant, une association étudiante trouverait particulièrement son utilité dans ce genre d’affaires. Mutisme total également du côté de l’administration et de la Chaire Marianne Maréchal, organisme pourtant dévoué à la promotion du génie chez les femmes. Du côté des organisateurs de l’initiation,c’est également le silence radio. Ce qui en dit long sur la véracité des faits révélés dans l’article de Anne Hüsse.
Enfin, affaire à suivre.

Nouvelle année, nouveaux programmes

Ça y est, Poly est officiellement entrée dans l’ère des nouveaux programmes. Une ère où l’on tente de jouer la clarté dans la confusion comme le disait si bien Charles Denner dans L’aventure c’est l’aventure. Des objectifs de formation flous, des résultats impossibles à quantifier, un cours de trois crédits pour stimuler la créativité des étudiants et leur inculquer les compétences transversales (!). Voilà qui va régler les problèmes de l’École. Tiens, ça me fait penser à ces éleveurs de bétail du moyen-âge qui pour guérir leur vache malade faisaient appel à un prêtre qui ne trouvait pas mieux que leur faire manger une hostie consacrée pour en exorciser le démon. Mais à part ça, Madame la Marquise ? Tout va très bien, tout va très bien…

Demandez-y, à votre voisin de table, de vous citer un seul objectif général clair des nouveaux programmes.

Allez ! Posez-lui la question. N’ayez peur, il va pas vous manger, il mange que des quiches dégueulasses chez Aramark…

Bon, c’est fait ?

Vous voyez que j’avais raison.

Souvenir de finissant

Je me souviens très bien de la dernière fois où j’ai franchi les portes de l’École Polytechnique en tant qu’étudiant. À l’époque, je ne savais pas encore que ce serait la dernière, mais je me sentais tout de même bizarre et un peu fatigué.

Je me suis dit que de toute façon, les choses ici allaient continuer là où moi, je m’arrêterais tôt ou tard. J’ai pensé aux quatre années que j’avais passées dans cette institution et j’ai réalisé que finalement j’étais ingénieur et que j’avais même assisté à ma cérémonie de remise des diplômes.

J’ai fait quelques pas vers le métro puis je me suis retourné vers mon alma mater comme pour lui jeter un dernier regard. Trônant au sommet du Mont-Royal, l’édifice dominait la ville et l’univers tout entier.

J’ai aspiré une grosse bouffée de ma cigarette. Et là, les yeux baignés par la lumière du crépuscule, les oreilles bercées par la brise automnale, j’ai pété.

Et je me suis senti vachement soulagé.

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