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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Les Carabins s’effondrent en fin de match

C’était le grand rendez-vous annuel, la rencontre au sommet, le jour J dont nous avions tous encerclé la date il y a belle lurette. J’en connais même quelques-uns qui comptaient le nombre de dodos avant l’heure fatidique. Détrompez-vous, ce moment tant attendu n’est certainement pas le retour d’Occupation Double sur nos écrans. Quoique…
Blague à part, il y avait de l’émotion dans l’air du PEPS de l’Université Laval. Quelques braves partisans des bleus s’étaient donnés rendez-vous sur place pour l’occasion. C’était enfin le moment où nous allions trouver réponses à tant d’intrigues; est-ce que oui ou non les gars de Québec allaient finalement plier l’échine? Est-ce que notre nouvel entraîneur allait métamorphoser l’équipe? Est-ce que Britney a réellement accouché?

La rencontre a étonnamment débuté avec une comédie d’erreurs. L’importance de la rencontre a certainement contribué à la nervosité des joueurs. C’est ainsi que notre quart-arrière Jonathan Jodoin (6 en 16, 142 vgs, 1 touché et 3 interceptions) a vaillamment complété ses deux premières passes… dans les mains ennemies! Mettons que ce n’est sûrement pas de cette façon qu’il comptait impressionner sa nouvelle copine.

Heureusement pour nous, la défensive et les unités spéciales ont répliqué immédiatement en subtilisant le ballon à l’adversaire à leur tour. Laval a finalement cassé la glace en premier alors que Cameron Takacs (2 en 3) a réussi un premier placement de 24 verges.
Il n’en fallut pas davantage pour que la foule endiablée se mette en branle, les quelques 18 120 spectateurs scandant des mots qu’on ne peut malheureusement pas reproduire dans ces pages. Non, sérieusement, les gens présents nous ont semblé plus civilisé cette année. Peut-être est-ce simplement parce qu’ils sentent l’ère du règne se terminer sous peu…

Il fallait toutefois compter sur notre lièvre Bériault pour pallier à la réplique. La tactique? Fort simple; une longue passe dans sa direction. Il se charge du reste, décampant ensuite sur une distance de 75 verges pour le majeur. Il faut avouer également que cela aide lorsque votre quart se décide enfin à lancer à la bonne équipe…
La bataille s’est par la suite tranquillisée, les deux équipes ne cédant plus un pouce à l’adversaire. Le jeu d’échec anticipé a finalement eu lieu. La défensive des Carabins a dominé largement et c’est ainsi qu’elle a permis aux siens de rentrer au vestiaire avec une avance de 10-8 à la mi-temps.

Le nouvel entraîneur de Montréal, Marc Santerre, a su donner du tonus à son équipe pendant la pause, cette dernière amorçant la deuxième moitié avec une vive intensité. Nicolas Morin-Soucy des Carabins est ainsi sorti de l’ombre en bloquant une tentative de botté de dégagement de Mathieu Parent pour ensuite récupérer lui-même le ballon et filer droit au but. Wow, tout un jeu. Puis, Jean-Luc Lamarche a suivi avec un placement de 25 verges, ce qui portait les bleus en avant 20-8 au 3e quart. Tout semblait beau, jusqu’à ce que le ciel ne se couvre.

C’est ainsi que notre quart-arrière Jodoin est demeuré au sol suite à un coup tardif. Puis, ce fut au tour de notre vedette Bériault de s’effondrer, en même temps que notre équipe.

Notre jeune quart Marc-André Brouillette a ainsi fait ses débuts au football universitaire dans une situation plutôt délicate, devant 18000 spectateurs des plus hostiles. Le gamin fut toutefois à la hauteur, malgré quelques hésitations, réussissant tout de même 7 de ses 12 passes. Son rendement augure très bien pour le futur, surtout qu’il a dû apprendre à se débrouiller dans ces conditions peu commodes. J’en connais quelques-uns qui auraient feint une soudaine blessure…
Notre petit porteur de ballon Mroué (seulement 46 verges en 17 courses) devenant de moins en moins efficace, l’entraîneur recrue a décidé de faire confiance à son porteur chez les Spartiates du Vieux-Montréal, Dominic Chamberland Pinto. Lui aussi à ses débuts dans les rangs universitaires, n’a pas tout cassé, sa première course étant pour une perte de 2 verges. Il n’en demeure pas moins que vous allez entendre parler de ce bonhomme au cours des prochaines années.
Pour en revenir au match (vous connaissez le résultat final de toute façon), les rouges ont réussi à remonter la pente petit à petit, tuant nos petits gars à petits feux. Le receveur de passe Samuel Grégoire-Champagne a incontestablement été la vedette de son camp alors qu’il a capté 7 passes pour 161 verges, dont les 2 touchés concrétisant le retour et la victoire des siens.

Malgré les apparences, le jeu fatidique n’est pas cette dernière passe de 85 verges de Benoit Groulx (21 en 35, 343 vgs, 2 touchés) pour Grégoire-Champagne, mais bien le placement raté (mauvaise remise?) par nos bleus auparavant. Cela aurait cloué le bec aux partisans tout en imposant une nervosité additionnelle à l’équipe adverse. On appelle ça l’instinct du tueur. Nos joueurs vont apprendre avec ce genre de joutes serrées.

N’en demeure que pour la première fois en cinq ans, nos joueurs ont dominé l’équipe de Québec. Notre défensive était à point et l’attaque progressait. Il ne reste plus qu’à travailler sur nos unités spéciales, eux qui ont vu le petit Duane John s’amuser tout l’après-midi à leur dépend.
N’ayez craintes, nos gars vont se reprendre en novembre. Que le meilleur gagne cette fois-ci!

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