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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

OliBrius

Me voici enfin de retour. Oh, j’entends déjà vos protestations à peine voilées – c’est que vous êtes mauvais acteurs – et un tantinet méprisantes. « Pas encore ce vil maroufle prétentieux sans avenir au vocabulaire décapant et à la verve virulente ». Hé bien oui, vous répondrais-je ainsi du tic au tac et du tac au toe. Avant d’aller plus loin, il serait peut-être de bon goût de me présenter, question de vous confirmer que je suis bel et bien un être aussi insipide que j’en ai l’air. J’ai terminé mes études à Poly il y a maintenant plus de 3 mois, et cela devrait suffire à vous inspirer le respect total. Je suis diplômé en génie informatique, qui plus est, et je travaille dans une merveilleuse entreprise dont le nom rappelle étrangement l’extrémité touffue des arbres. « Retourne dans ta forêt enchantée, espèce de lutin sans scrupules ! » diront probablement certains lecteurs à l’imaginaire un peu déjanté. Soit, j’exaucerai votre requête, mais pas avant vous avoir mis en garde contre les dangers les plus sournois qui vous guettent dans cette jungle polytechnicienne sans pitié.

Premier danger : le complexe de supériorité

Je me souviens très bien de mes premiers pas à Polytechnique. Le nez au vent, la couette rebelle, les bras mous, les yeux pétillants, la bouche ouverte, le torse bombé, la nuque mouillée… euh oui, bon, je crois que vous avez compris le principe. Me voici donc, confiant, croyant que le monde serait à mes pieds dès que j’aurais accompli ce pèlerinage de quatre ans qui n’était, pensais-je à ce moment, qu’une formalité formelle. Grande fut ma déconvenue et petites furent les heures de sommeil qui menèrent à la découverte d’un principe fondamental : Poly est pire qu’un cauchemar. Ben oui, parce qu’un cauchemar, ça ne dure qu’une nuit et ça s’éteint aussitôt qu’on ouvre les yeux. Tandis que Poly, on a beau fermer les yeux, les rouvrir, le nombre de fois qu’on veut, elle sera toujours là. Il s’agit donc de se former une carapace psychologique, une espèce de barrière mentale qui empêchera toute emprise maléfique sur vos neurones essoufflés.

Deuxième danger : le défaitisme précoce

J’aimerais voir votre tête lorsque vous allez sortir de la salle dans laquelle vous aurez fait votre tout premier examen à Poly. Je serais prêt à parier ma collection de revues « Linux, Geek and pizza » que vous aurez tout du type qu’on rencontre au détour de la rue Ste-Catherine à 2 heures du matin. Ouais, je sais, je suis fort pour les comparaisons douteuses qui feraient à la limite rigoler un enfant de 3 ans au cerveau ramolli. Donc, sitôt votre premier examen terminé, je vous assure que vous aurez une envie subite et incontrôlable d’aller frapper votre tête contre un chêne, déguisé en lapin et en tapant des mains. Vous raconterez à tout le monde que si vous obtenez 30% à cet examen, vous vous ferez moine en Alaska et vous ferez l’élevage de criquets. Mais ne vous en faites pas! Poly a le don de vous faire croire que vous êtes un raté accompli, alors que vous n’êtes en fait qu’un pauvre étudiant au futur incertain à la recherche d’émotions fortes (sinon vous auriez choisi d’aller dans cette autre école dont le nom est composé de trois lettres). Donc, je vous avertis : ne paniquez pas à la sortie de l’examen. De toute façon, il y a toujours possibilité de se reprendre. Parlez-en au vénérable directeur de ce vénérable journal. Lui et votre disciple avaient obtenu 17% à un examen et… bah demandez-lui donc de vous raconter la suite de l’histoire.

Troisième danger : les dendrobates

Les dendrobates sont de petites grenouilles habitant les forêts tropicales de l’Amérique centrale et qui se nourrissent d’insectes. Elles sont très colorées et toxiques. D’ailleurs, les indigènes d’Amérique du Sud enduisaient les pointes de leurs flèches avec le poison sécrété par la peau de ces grenouilles. L’action du poison pourrait ainsi paralyser un étudiant imprudent qui se trouverait sur le trajet d’une de ces redoutables flèches. Vous voilà donc prévenus.
Pour terminer, je vous souhaite la bienvenue dans cette école qui m’a permis de m’épanouir sur le plan intellectuel et de former mon caractère, tout en m’inculquant une bonne éthique de travail et qui…. Sacrebleu! Ça recommence! J’ai beau faire des efforts, je trouve toujours le moyen de raconter n’importe quoi en fin d’article. Vive le Roy!

Mots-clés : Olibrius (7)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.