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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Brain-freeze!

Les cloches ont cessé de tinter. Tragique fin d’été. Cest jeunes aux visages répugnants qui se promènent dans la ville avec leurs tristes tricycles retourneront se faire persécuter au secondaire. Leurs mollets, gros comme des troncs d’arbres, ne feront que nuire à leur popularité.

Qui sont-ils?! Baume de notre surchauffe estivale et sauveurs du réchauffement de la planète…Ils sont vendeurs de crème glacée ambulants. Encombré de leurs gros frigo sur roues, les enfants leurs arrivent avec du petit change et les adultes avec leurs restrictions.

« Non Benjamin-Claude! C’est trop cher la SuperRocket aux pépites de joies glacées Bob l’éponge…». Ils ont aussi à faire face à ceux qui réagissent mal face aux choix multiples. L’exhaustive liste colorée d’interprétations de friandises sous le point de congélation en fait bégayer plus d’un. Complètement blasés, tout en sueur parce qu’ils n’ont pas le droit d’en manger, ces vendeurs attendent le choix sous le chaud soleil. De toute façon, ils n’ont rien de mieux à foutre !
Il y a les cornets qui laissent un goût âcre sur la langue et mes préférés, les mites de baseball avec une gomme à la place de la balle. Quand t’as 8 ans, c’est la classe!

Comme toute bonne chose dans la vie, il peut y avoir abus… Comme substitut d’air climatisé c’est le porte-monnaie qui encaisse, mais ce qui m’inquiète le plus c’est ceux qui ne savent pas se refroidir.
J’en fait partie, donc je m’explique… À la recherche d’adrénaline, la bouche chaude et les yeux focussés sur ma glace, j’en prends trop. Trop pour moi, et mon front gèle.

Quand j’ai chaud, trop chaud, j’aime bien geler mon front. Ouais. Je sais pas, c’est une partie de mon anatomie que j’aime bien frigorifier. Quand j’étais petit, je mettais mon IcePack dans ma tuque. Ouais. Souvent quand on chante une chanson de calage je la modifie à mon avantage: «Au frontibus, au frontibus, au front…». Si je chante tout seul on voit clairement ma perversion, mais en groupe, je me vautre calmement dans le plaisir charnel seul avec ma bouteille. Ouais. C’est un bonheur solitaire que j’ai découvert seul dans mon lit, tranquille…y’avait trop de vieilles glaces dans le congélo.

Il y a des moments dans la vie où j’ai trop froid. Ouais. Comme en hiver par exemple quand je m’enferme accidentellement dans le congélateur de mon dépanneur parce que je suis arrivé 2 minutes avant 11 heures. Dans ces cas-là j’aurais le goût d’une bonne surchauffe frontale. C’est l’anti-brain-freeze. Parce qu’oublie jamais que l’opposé de tout existe, tous les complémentaires, tous les Yang. Le problème n’est pas son existence, mais plutôt dans la façon de l’obtenir. Comme l’anti-matière, la surchauffe frontale existe en théorie seulement. On pense tous en obtenir une en buvant une tasse d’eau bouillante, mais on sait très bien que c’est la langue qui va écoper. Pourquoi on a pas le front qui brûle?? Tant et tant de questions qu’il ne sert à rien de répondre.

Pour approfondir la connaissance mondiale, j’ai essayé de créer une situation paradoxale qui permettrait peut-être de révéler le secret qui se cache derrière mon front.

J’ai décidé d’avoir un brain-freeze tout en chauffant artificiellement mon front. Expérience que j’ai faite de façon solitaire dans mon lit. Ouais.
Avec un bandeau d’eau bouillante j’ai essayé de boire toute une sloche. D’un trait, comme les grands maîtres du DASTRRD. J’étais tendu sous mes draps. J’avais pris la peine de m’allonger car la réaction était imprévisible…

Espoir, inquiétude, regrets, souffrance et baisse de mon amour propre…tel fut la séquence émotive résultant de ma démarche expérimentale. La contrainte thermique entre le bandeau et le crâne glacé ne fit que tendre ma peau, dépliant ainsi mon front, enlevant subtilement mon expression faciale de doute. J’avais l’air d’un con avec mon bandeau mouillé et mon verre sloche vide dans mon lit, toujours seul. Il paraît qu’à 22 ans on n’a plus le droit d’utiliser la phrase «Découvrir son corps», mais je crois qu’en ce jour j’ai eu fini d’en faire le tour.

Les sandwichs à la crème glacée viennent en boîtes de 30 et sont la plus grande cause de brain-freeze. Il paraît qu’il est actuellement interdit par l’Office de la langue française d’utiliser des expressions anglaises alors qu’elle en propose une. Leurs alternatives « front glacé » et « engelure frontale » c’est poche. Et moi j’ai pas peur d’eux! En plus «office» me semble que c’est pas vraiment français…anyway!!

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Mots-clés : Le truc à Renaud (27)



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