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17 novembre : Mon entropie mentale

Les physiciens Clausius et Boltzmann ont développé des équations sur l’entropie, l’indicateur du désordre dans un système. L’entropie d’un système isolé ne peut que croître. J’ai appris ça dans mon cours de thermo et, franchement, ça m’étonne pas. Prenez mon appartement par exemple. Mon appartement a vraiment l’air d’un système isolé et, effectivement, depuis deux ans, son entropie ne fait que croître. En d’autres mots : c’est vraiment l’bordel chez moi. Un bordel grandissant. J’ai eu droit à tout : les murs en carton, les voisins musiciens, le plafond qui coule, le bain qui bouche, le frigidaire qui réchauffe, le congélateur qui dégèle, le robinet de la cuisine qui fuit… Et coup de théâtre en fin de semaine : un calorifère out of order. Complètement nase. Alors une douche brûlante, deux pulls de laine sur le dos, trois messages de détresse laissés sur le répondeur de mon proprio, dix doigts bleus et plusieurs heures de perplexité plus tard, mon regard a croisé le four de ma cuisine. Je l’ai regardé droit dans les ronds d’poêle et je lui ai dit : «Toi, c’est aujourd’hui que tu vas commencer à me servir à quelque chose.».

Quinze minutes. Réchauffer un 4 1/2 avec son four prend quinze minutes (à broil, la porte grande ouverte). Bon ok, disons plutôt quinze minutes pour réchauffer le volume d’un 3 1/2 étant donné que ce qui me sert de salon s’apparente davantage à une petite extension de la cuisine qu’à un salon mais bon, on s’en fout un peu : mon magnétoscope m’a, lui aussi, récemment chié dans les mains alors le salon a définitivement perdu toute faible utilité qu’il avait au départ. Et puis mon propriétaire aussi s’en fout complètement d’ailleurs : je paye pour la location d’un 4 1/2 même si le «et demie» pourrait aussi bien être le salon que la salle de bains…

Reste que cette histoire d’entropie m’a beaucoup marquée. Après l’entropie de mon appartement, je n’ai pu faire autrement que de m’inquiéter de l’autre désordre. Vous savez, l’autre, celui qui se passe entre mes deux oreilles… Paniquant quand même! Presque aussi paniquant qu’un système de chauffage qui vous laisse tomber en plein mois de novembre. Mais bon. Je fais beaucoup d’efforts pour que mon esprit ne ressemble pas à un système isolé alors je me dis que mon entropie mentale a quand même de bonnes chances de s’en tirer relativement saine et sauve… enfin j’espère. Je garde espoir qu’elle s’atténuera au fil du temps, qu’elle ne s’accroîtra pas…

Conclusions de ma fin de semaine :

  • Mon four a plus servi en deux jours que durant les deux dernières années. (Ouais… disons que je ne suis pas une grande grande cuisto…)
  • J’ai pas hâte de voir la gueule de mon prochain compte d’Hydro.
  • Ce n’est pas l’envie qui me manquait de laisser un quatrième message de détresse sur le répondeur de mon proprio mais j’avais les doigts trop gelés, je n’étais plus capable de composer son numéro de téléphone…
  • J’ai eu la même toune dans la tête toute la fin de semaine, la chanson Un p’tit tour des Cowboys Fringants…
  • Boltzmann s’est flingué. Il faisait des travaux sur l’entropie, l’entropie qui ne peut que croître… et il s’est flingué! Son four a dû le lâcher la même journée que son chauffage…

MAUDE – «Viens donc faire un p’tit tour dans mon appartement frette, on s’gèle le cul mais c’pas grave, on s’collera en d’sous des couvertes… Viens donc faire un p’tit tour dans mon appartement frette, pis si d’main tu m’aimes encore, j’f’rai p’t’être réparer la chauffrette…» – BOILLOT
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La pensée d’Oli-The Hulk : «Savez-vous pourquoi tant de gens sont enchantés en arrivant à Hull? C’est simplement parce que ça fait une heure et demie qu’ils roulent en Ontario.»
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