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10 septembre : Un doux désordre

Bon, je vais vous résumer ça brièvement. Je suis partie en stage en France au cours de l’été 2002. Un séjour au cours duquel les Français m’ont vraiment… éprouvée à plusieurs niveaux (et, tout compte fait, je les en remercie). Toujours est-il que je me suis trouvé un exutoire : j’envoyais des e-mails régulièrement à ma famille et amis proches pour leur raconter les aventures rocambolesques de ma vie là-bas. J’ai toujours aimé lire, j’avais rarement osé écrire, mon petit monde s’est attaché à mes «chroniques» et moi j’ai vraiment pris goût à les rédiger. Tellement que j’ai décidé de remettre ça cet été, pendant mon escapade de six semaines en Colombie-Britannique. J’ai récemment fait lire le recueil de ces e-mails à Tarek-Le rédacteur en chef du Polyscope. Il a aimé et m’a encouragée à étendre mon style jusque sous les yeux de 5000 étudiants. «Mais Tarek, de quoi tu veux que j’parle???». «De conneries, de ton QUOTIDIEN!», me répond-t-il. C’est vrai que mon quotidien est rempli de conneries.

Bon, je vais aussi vous résumer ça brièvement. J’entame ma troisième année au Polyscope. Une troisième petite année car je termine mon bac en décembre (alors faut pas trop qu’on s’attache, compris?!?). Je n’ai jamais écrit une seule ligne dans le Journal. J’ai beaucoup corrigé et remanié les textes des autres (et croyez-moi, y’avait d’la job…!) et voilà qu’ils essayent doucement de m’amener au poste de co-chef de pupitre, grande responsable du collage des pages… Et y’a Tarek qui m’incite à écrire, à parler de «mon quotidien». Paraît que j’ai un talent pour décrire de façon caustique le quotidien. Je sais, mais de là à emmerder 5000 étudiants avec ça…?

Bon, je vais finalement vous résumer un dernier truc brièvement. On est mercredi soir, il est 23h00 et des poussières. En fait, ma première intention était d’aller me coucher mais, en me brossant les dents, je me suis dit : «Prends donc une décision sans réfléchir, sans angoisser pendant des jours pour une fois, juste pour voir c’que ça fait, juste pour voir c’que ça donne.». Les dents propres, je me suis dirigée vers mon bureau plutôt que vers mon lit et, la suite, vous la connaissez, elle est faite de ces lignes. (J’ai souvent des petites révélations quand je me brosse les dents. Quand je me fais du lait au chocolat aussi mais bon, j’ai plusieurs semaines devant moi pour vous reparler de tout ça…)

Ah oui, j’oubliais. Je ne publierai pas mes chroniques écrites à Vancouver cet été (je m’en voudrais un peu de vous refiler du vieux stock) ni celles écrites en France l’été d’avant (y’a beaucoup trop de Français en échange dans l’École, j’ai pas l’goût de me faire ramasser dans un recoin d’corridor…). J’accepte, Tarek. Tu veux mon quotidien… tu vas l’avoir, toi parmi 5000 étudiants d’ailleurs, auprès desquels je m’excuse à l’avance. La dernière de mes intentions est de vous faire perdre du temps. J’veux juste voir c’que ça fait, juste voir c’que ça donne.

J’ai une idée extrêmement vague de ce dans quoi je m’embarque. Je suppose que je vais tout de même signer, après vous avoir dit à la semaine prochaine…

À la semaine prochaine, donc.

MAUDE – «Je te propose un doux désordre… si tu veux bien, si tu m’accordes… sur ton chemin, un épisode… même un radeau, sans mât, sans eau…» – BOILLOT
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