Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Mon horaire

Aimez-vous les surprises? Bon, je sais que vous en avez marre de mes questions pseudo philosophiques, mais ça me donne un air intelligent qui pourrait – à la limite – berner une personne négligée par Mère Nature, côté matière grise. Nous disions donc… oui je sais que c’est moi qui dis et que vous vous ne faites que lire, mais ça donne l’impression d’une discussion et non d’un monologue, alors taisez-vous et lisez. Donc, nous disions que comme Poly est en pleine campagne de pub ces jours-ci, j’allais vous parler sans détours – comme d’habitude quoi – au travers d’un trajet verbal sans courbe, que des lignes droites. Pour être plus précis, je vais vous raconter comment se déroule une journée typique dans la vie d’un Polytechnicien; ses peines, ses désillusions, ses difficultés, ses frustrations, et parfois même (je vous assure que cela arrive) ses joies.

5 heures du matin

Le cadran, ou plutôt le fichu cadran, fait entendre le son doux et mélodieux qui chaque fois vous extirpe de votre torpeur semi végétative que certains, peu scrupuleux, appellent sommeil. Pendant cinq minutes vous vous demandez qui vous êtes et ce que vous faites dans un foutoir pareil. Non mais c’est vrai quoi!
Cet endroit pue, c’est malpropre et… vous réalisez soudain que cet endroit est en fait votre chambre et que vous devez vous lever. Vous mettez le pied gauche par terre, mais vous hésitez avant de poser le droit. Car le pied droit par terre signifie qu’il n’y aura aucun retour en arrière possible, que vous devrez renoncer pour toute une journée à un quelconque espoir de repos.
Après avoir analysé le pour et le contre et les conséquences d’une telle action, vous vous dites que vous devez le faire par respect pour les personnes qui souffrent de la faim en Afrique et qui aimeraient bien eux aussi aller à l’école.
Vous décidez donc d’utiliser les calories nécessaires pour déplacer votre pied droit vers le plancher.
Vous levant d’un bond, vous vous dirigez vers votre garde-robe, question de choisir un habillement digne de Poly. Vous restez deux bonnes minutes debout, l’air niais et étourdi, le temps que votre chute de pression soit terminée.

7 heures du matin

Une fois votre bol de céréales à l’avoine englouti, vous vous dépêchez d’aller voir vos courriels pour savoir si votre coéquipier vous a envoyé la partie du rapport qu’il devait faire. Deuxième déception de la journée (la première étant le fait qu’il ait fallu vous lever) : ce faux jeton vous a une fois de plus laissé tomber. Grommelant quelques incantations destinées à une divinité invisible, vous vous dépêchez d’aller sur Google afin de faire un copier-coller d’un travail qui ressemblerait de loin ou de proche à celui que vous devez remettre… dans 1 heure! Mince!
Réalisant que vous n’aurez pas le temps de terminer avant l’heure butoir, vous écrivez « CQFD » à la fin de la phrase que vous veniez de coller. Courant comme un fou vers le bus que ne devez absolument pas rater, vous marchez sur le lacet que vous n’aviez pas attaché. Un début de journée typique, quoi.
9h00 du matin Sortant du métro Université de Montréal, vous passez devant cet homme, aux pieds des escaliers, qui vous demande de l’argent et que vous ignorez systématiquement.
« Il n’a qu’à aller étudier comme moi, ce bougre» que vous pensez, fier de vous, votre sac de Polytechnique bien visible sur votre épaule décharnée. Empruntant les escaliers roulants, vous vous faites dépasser par une horde sauvage de gens – un troupeau – qui courent dans la voie de gauche pour sauver 20 secondes. Mais vous, vous avez compris que les calories que vous économisez en vous laissant porter par cet escalier qui vous mène à l’abattoir vous seront d’un grand secours pendant le cours d’Équations différentielles. Vous êtes finalement en retard de 45 minutes au cours, mais tout le monde s’en fout, et particulièrement le prof.
Vous vous asseyez et attendez la pause avec impatience. Ne passez pas GO, ne réclamez pas 200$.

L’heure du dîner

Excité à l’idée de déguster la nourriture exquise concoctée par l’équipe dévouée de la cafétéria, vous suivez la marée humaine qui se dirige allègrement vers ce lieu originalement et amoureusement appelé… « Cafétéria ». Fallait y penser. Votre repas terminé, vous ne pouvez vous empêcher de penser que le goût de votre repas s’apparentait étrangement à celui d’un foie de castor au jus de pruneau.
Hahaha, vous vous esclaffez bruyamment dans votre tête, fier de votre comparaison. Riez bien car ce sera votre dernier moment de réjouissance de la journée.

Après-midi

Le calvaire se poursuit. Ce qui est bien à Poly, c’est que vous êtes appelés à vous prononcer sur des sujets auxquels vous n’aviez jusque là jamais porté intérêt. Vous voguez allègrement sur l’océan du savoir, évitant au passage les corps de Galois et les transformées de Fourier…
vous voguez, voguez, vous laissant bercer par l’accent hongrois du profeseur et par la douce mélodie des ronfl ements de votre voisin. Environ à trois minutes de la fin du cours, vous commencez à rangez vos affaires bruyamment, question de provoquer une réaction en chaîne qui vous fera sauver quelques précieuses minutes. La même routine se poursuit jusqu’à
l’heure du souper. Vous rêviez de partir à l’aventure… hé bien, c’était seulement un rêve.

Le soir

Il est 22h00, vous venez de passer trois heures dans un laboratoire d’informatique, vous en avez marre d’attendre après l’imprimante qui est bloquée depuis trois heures parce qu’un zouave à décidé d’envoyer un PDF de 30 Mo. « Je me pousse, j’en ai marre ».
C’est là votre cri de victoire, votre délivrance approche! Lorsque vous poussez la porte de Poly et que vous sortez le nez dehors pour la première fois depuis 9h00 ce matin, vous réalisez que «hé c’est vrai, la terre a continué de tourner aujourd’hui ». Et lorsque vous arrivez chez vous et que vous apprenez aux nouvelles qu’il y a eu trois tremblements de terre et deux tornades aujourd’hui dans le monde, vous vous dites que vous avez choisi la bonne vie. Vive Poly!

Mots-clés : Olibrius (7)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+