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L’avenir des langues à Poly

Le jeudi 26 janvier était organisé à l’amphithéâtre Bell un débat ouvert à tous sur la maîtrise des langues étrangères à Polytechnique.
Annoncé plus d’un mois à l’avance par des courriels envoyés à tous les étudiants ainsi qu’à l’aide d’affiches, on aurait pu croire que ce débat aurait intéressé un nombre important d’élèves soucieux de leur avenir, mais comme vous pouvez l’imaginer tel n’a pas été le cas. En effet, seule une mince poignée de nos universitaires s’était joint à une trentaine de professeurs venant de tous les départements et à une dizaine de membres de l’administration.
Malgré ce manque d’intérêt évident des personnes qui étaient le plus touchées par le sujet, le débat a pu être assez constructif. Concernant le premier point qui était de savoir si on devait se contenter du statu quo relativement aux compétences des étudiants en anglais, les invités ainsi que les différents intervenants sont vite arrivé à la conclusion que le statu quo n’était pas une solution durable pour les étudiants. Ainsi d’après un sondage fait dans l’enceinte même de l’école, seule la moitié des étudiants se pense capable de présenter un rapport cohérent ou de faire une présentation correcte dans la langue de Shakespeare. Sachant que toutes ces personnes seront amenées à communiquer en anglais dans un avenir proche à cause d’une mondialisation qu’on ne peut nier, le résultat de ce sondage apparaît donc comme inquiétant.

Le deuxième point se proposait donc de trouver des solutions à ce problème. On a pu remarquer la multiplicité et la divergence des avis des intervenants concernant les possibilités de résolution de la situation. L’idée de donner quelques cours et d’imposer des présentations de projet en anglais a été longuement discutée, mais pour les étudiants n’ayant pas eu une formation préliminaire à cette langue, la tâche promettait d’être difficile et cela n’aurait été qu’une entrave de plus dans leurs études au lieu d’être une possibilité d’ouverture.
M. Lafl eur a alors proposé de faire passer à l’ensemble des étudiants un examen d’aptitude en langue anglaise en première année, examen qui ressemblerait à l’examen passé par les étudiants étranger pour vérifier leur maîtrise de la langue française. Pour avoir passé cet examen, je sais que cette solution ne serait pas productive car, si je me rappelle bien, ce qu’on évaluait lors de cette épreuve n’était pas la capacité de l’étudiant à s’exprimer dans un français relativement sain ni même sa capacité à comprendre un texte ou à l’analyser. Seules les irrégularités de la langue étaient au programme de l’épreuve. Je m’explique par des exemples : le pluriel du mot bail est-il des «bails» ou des «baux»? Écrit-on «parmi» ou
«parmis»? Vous comprenez donc quand je dis que cette solution n’en est pas vraiment une.

Des professeurs proposaient aussi d’inclure dans les programmes de tous les génies des cours obligatoires qui se donneraient à l’Université McGill ce qui par la même occasion pourrait créer un échange entre les deux écoles. Cela semblait être une solution intéressante jusqu’à ce qu’un professeur de génie électrique rappelle à tout le monde qu’il n’est pas du tout rare que des étudiants fassent des sessions complètes dans une université anglophone à Montréal sans améliorer le moindrement le niveau de la langue apprise. Se trouvant dans un environnement où il n’est pas diffi –
cile de rencontrer des francophones, les étudiants optent pour la solution de facilité : même s’ils sont en effet obligés de comprendre le cours et ses mots techniques, ils n’essayent pas d’en apprendre d’avantage en communiquant à leur tour.
La solution qu’il voyait donc comme une évidence était d’imposer une session ou plus d’échange dans une école située dans une région du Canada où on parlerait exclusivement anglais. Mais il se poserait alors d’autres problèmes qui relèvent du financement et du placement.

Malheureusement je ne peux vous parler de la fin du débat puisque celui-ci n’était pas encore fini à 13h45, heure de la reprise des cours.
Il est évident qu’aucune décision n’a
été prise concernant le sujet mais si jamais vous voulez plus d’informations contactez : mona.chaaban,
polymtl.ca.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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