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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.
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Ha… ha… ha… haarper

Vous en avez de la chance ! Si si, je vous assure. Non mais regardezvous…
Confortablement assis dans votre fauteuil de cuir, insouciant, avec ce verre de brandy que vous tenez nonchalamment d’un air de conquérant, vos pantoufl es de laine qui tiennent vos pieds bien au chaud et votre robe de chambre de satin qui vous chatoie l’épiderme, vous ne pouvez pas vous plaindre. Je vois d’ici votre moue dédaigneuse et penaude, celle que vous prenez lorsque quelque chose vous contrarie. Vous n’aimez pas remettre en question votre routine routinière, pas plus que vous n’aimez qu’on vous enduise de caramel mou après vous avoir rasé les sourcils. Je vous comprends. Je suis comme vous. En mieux, bien sûr, mais comme vous tout de même.

Maintenant que vous êtes réchauffé, nous pouvons passer aux choses sérieuses. Mangeons ! Non, je rigole. Ce n’est pas que le fait de manger n’est pas une chose sérieuse, c’est plutôt que le but de cet article – il y en a un ? – n’est pas de vous faire prendre conscience de vos besoins primitifs mais bien de vous permettre de vous épanouir pleinement dans votre dualité corps-esprit. Voilà une tâche ardue, pour ne pas dire autre chose de moins poli, mais je crois que c’est un défi à la hauteur de mon talent et de ma verve. Pour une fois, je vais vous demander un effort de participation. Sortez de votre torpeur, camarade, levez la tête et regardezmoi dans les yeux. Le dos bien droit!
Voilà qui est mieux. Aimez-vous les conserves ? Répondez, camarade, ou je connais une geôle en Russie qui sera ravie de vous accueillir. On fait moins le malin, maintenant. Ah vous aimez les conserves, voilà qui est mieux. Cette question saugrenue n’a de pertinent que la forme, car le contenu, lui n’est pas des plus pertinent, ni des plus frais, ce qui revient au même. Les plus malins auront compris l’habile et hilarant jeu de mot que j’ai sournoisement glissé au travers de mes nébuleuses élucubrations culbutées sans but, d’un bout à l’autre de cette phrase qui n’en finit plus de finir. Je vous mets sur une piste…
«conserve»…. «conservateur»…
«gouvernement conservateur». Ça y est ! Je viens de voir l’éclair obtus du génie traverser votre cervelle affolée.
Avouez que comme jeu de mot on a rarement fait mieux.

En fait, cette sinueuse introduction n’avait pour but que de préparer le terrain pour un exposé succinct de mes opinions sur la politique canadienne. Non pas que je suis un expert en la matière – je laisse cela aux vrais érudits – mais je m’estime tout de même une coche au-dessus d’un phacochère jamaïquain, côté opinion politique.

Comme tout bon Québécois qui se respecte, les quelques notions de politique que j’ai m’ont été inculquées durant les cours d’histoire du secondaire.
J’ai toujours considéré l’histoire canadienne d’une insipidité incroyable.
À part Louis Riel et la bataille des Plaines d’Abraham, je ne vois rien de vraiment consistant, rien qui puisse titiller la fl amme du guerrier qui brille en moi, rien qui puisse m’exhorter à un patriotisme convaincu et solidaire.
Je vous entends déjà crier au scandale.
« Pendez-le, ce vil bougre ! Il ose clamer haut et fort son hérésie ! »
Je vous répondrai du tac au tac que vous feriez mieux de descendre de cette chaise et de faire attention à votre hypertension. Vous connaissez ce proverbe : il ne faut pas vendre les cornes du taureau avant d’avoir pris l’ours par la peau. Avouez que la variante est intéressante.

Je veux simplement vous faire comprendre que parfois nous ne voyons que le côté négatif des choses.
Les Québécois sont plutôt mitigés face à ce nouveau gouvernement, mais à mon avis cela va vivifier la flamme souverainiste du peuple francophone. J’avance cette théorie du bout des lèvres, car je ne suis pas séparatiste, mais je crois que tout le monde se fout de mes opinions, après tout. Peu importe, je crois que le gouvernement conservateur va faire prendre conscience aux Québécois que ce gouvernement ne correspond vraiment pas aux valeurs et aux idéaux qu’ils privilégient. J’estime donc que cela laissera la porte ouverte à un futur référendum, et donc à une autre question ambiguë. Pitié !
Pour ma part, je crois que nous devons laisser la chance aux conservateurs de nous montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Nous sommes bien conscients que leur mandat pourrait se limiter à deux petites années, donc dans le pire des cas nous ne frôlerons pas la catastrophe. C’est une mince consolation, mais c’en est une tout de même.

Parlons d’un sujet plus léger.
Parler de politique c’est bien, on a l’air intelligent, tout le monde est impressionné, mais il faut savoir s’arrêter sinon on devient sérieux.
C’est la hantise de toute ma vie.
J’en frissonne. Voici la nouvelle qui a égayé ma semaine : après avoir enlevé la consignation sur certains de ses produits, Coca-Cola a décidé de la remettre quelques jours après, suite aux pressions du public. Sortez le champagne mes amis ! Faites rôtir le sanglier ! Enfermez le barde !
Dansez autour du feu ! Mettez votre habit du dimanche ! Faites un don au Polyscope ! Désolé je m’emporte.
Mais n’êtes-vous pas content de savoir que quelqu’un, quelque part, se soucie de nous, pauvres buveurs de liquides gazeux ? Vous pouvez dormir en paix, je crois que la planète est sauvée ! Hourra!

Mots-clés : Olibrius (7)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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