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Polytechnique et castration

Un soir Mathieu Cloutier, rédacteur en chef de ce journal, m’a appelé à la maison. J’étais en train de compter des petits pois en conserve en vue d’étude statistique pour un grand magazine de consommation français. Il a d’emblée pulvérisé ma modestie en plaçant mon article en page 3 sur 2 colonnes ! Enthousiasmé par ma maîtrise grammaticale et syntaxique, il voulait à tout prix m’engager. Il voulait que je traite tous les sujets. Il voulait mon nom à toutes les pages. Texto, il m’a glissé cette confidence : « Tu es le plus génial de tous…après moi ». La question du salaire ayant été traitée par la suite, me voici donc reporter spécial pour le scope. A ma charge de traiter chaque semaine le sujet spécial. Comme tout salaire mérite labeur (heu… ?), commençons. Pourquoi un élève aurait-il un sentiment d’appartenance à une école ? Au fond, si quelqu’un ou quelque chose appartient à une entité, je le verrai plutôt dans l’autre sens. C’est l’élève qui loue l’école (amen). Parce qu’il paye des droits de scolarité et parce qu’il est redevable de cette institution (que les septiques se taisent).

Cependant, l’école étant publique, peut-on donc encore parler de location ? Plutôt que de chercher à déterminer qui appartient à qui, on pourrait remarquer que l’un construit l’autre en lui offrant des cours et des moyens d’exercer des loisirs. Pendant que l’autre construit l’un en lui donnant une vie interne et en reflétant à l’extérieur une image qui se doit d’être la meilleure. On pourrait plutôt parler de ciment où les cours seraient les pierres (c’est lourd mais nécessaire), le sable et le ciment seraient les comités et l’huile de coude des élèves serait l’eau. De plus en plus de personnes se voient consommatrices et de moins en moins s’impliquent. C’est pourquoi tous les bacheliers ont tous reçu un message de Eddy Cloutier (Président d’élections AEP et cousin de notre rédacteur, la mafia étant donc vraiment partout) annonçant l’extension de la période de mise en candidature. Seuls 7 postes sur 16 ont reçu une candidature. Serait-ce un signe précurseur de craquellement du béton ? Pour ma part, je ne cracherai pas dans la soupe car la métaphore était seulement valable pour l’huile de coude. Je m’estime heureux de suivre des cours à la carte (ce qui n’est pas toujours vrai en France), d’accéder à la plupart des salles quand je le souhaite (ce qui est rare d’où je viens), de pouvoir adhérer à un nombre impressionnant de comités qui ont tous des budgets qui leur permet d’être libre. Il faut réaliser cette chance et surtout ne pas oublier que c’est la phylogenèse qui domine nos institutions. Bien, maintenant que mes obligations sont faites, parlons d’un sujet intéressant…

L’influence de la castration sur le chant d’amour des iguanes. En effet, avec ses 5kg pour 2.5m de long, l’iguane male n’est pas naturellement bâti sur le même modèle que l’armoire à glace. Il a donc de grandes difficultés à imposer sa virilité auprès de la gente féminine. Cela fait parti des raisons pour lesquelles tous les documentaires sur la reproduction préfèrent se référer aux éléphants plutôt qu’aux iguanes ou qu’aux membres de l’exécutif de l’AEP ;-). Quelle ne fut donc pas ma déception d’apprendre que certains maîtres chanteurs les castraient pour obtenir des chorales d’iguanes sopranos. C’est inutilement cruel : Certaines bêtes, des suites de l’opérations, s’infectent et prennent un teint verdâtre reflétant le mal être de l’animal une fois castré. De plus, sous le choc, quelques spécimens en perdent la voix. Les propriétaires les revendent alors au premier animalier venu qui lui-même écoulera son stock de sopranos muets à des touristes ignares créant ainsi tout un réseau de contrebande (sans jeu de maux). Beaucoup ne se doutent de rien alors que le pauvre iguane est verdâtre et tente de priver misérablement son estomac de toute liberté d’expression devant l’horreur de la situation. Parfois l’iguane se remet petit à petit mais il est très rare qu’il ne reste pas traumatisé toute sa vie par ce manque hormonal. Qui n’a pas vu un iguane en talon haut et en perruque arpenter les couloirs de Poly à la recherche de Jonathan pour aller se pavaner en voiture de sport rue Ste Catherine ? Il est temps de mettre fin à ce drame de la vie urbaine. C’est pourquoi j’attends avec impatience vos mails de soutien à article, polyscope.qc.ca
Le proverbe de la semaine :  » Quatuor au jardin, tréteaux divins »




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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