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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

La richesse commence ici

Il est décidément une partie de nous qui doit trouver la formation d’ingénieur profondément ingrate. D’où viendrait, sinon, tout ce mauvais esprit qui confine parfois à l’aigreur lorsque nous vous parlons de ces nuits sans sommeil, des travaux infaisables, en retard, à remettre à des professeurs inaccessibles et exigeants, voire de l’inutilité de la moitié des cours de tronc commun. Entre autres points usuels de discussion dans ces pages.

Et si tout simplement, nous aimions un peu, un peu, cela ? Et si finalement, nous étions aussi à la recherche nous même de ce qui nous arrive… et contre quoi nous nous insurgeons, sans tout à fait nous rappeler que la règle du jeu est claire dès que l’on franchit la porte ? Je veux dire… j’adore cette petite boule de pression qui prend la gorge et serre le ventre, vous savez, juste avant de prendre la parole, le petit éclaircissement de gorge qui est notre équivalent du geste de se retrousser les manches, nous qui devons entretenir une classe entière d’un sujet d’étude que l’on a choisit de suivre. J’adore savoir que je maîtrise mon sujet, qu’au moment où le premier clique lance la présentation, le discours est prêt dans ma tête, parce que depuis plusieurs heures, il tourne dans ma tête, il se répète, il se mûrit. Combien cela fait-il d’heures avant de produire une présentation que l’on est capable de donner sans notes ? Peu importe, dans le fond. Pourvu qu’elle roule, pourvu qu’elle tourne, le reste n’est que le reste.

Et combien d’heures pour un code qui compile sans erreur, pour un circuit qui marche aux hautes fréquences, pour une pièce bien dessinée, pour une lecture bien comprise ? Combien de temps pour un laboratoire fini ? Finalement, autant de temps que l’on veut bien y passer. À force de chercher tellement la bonne solution, le projet qui marche parfaitement, l’efficacité optimale, ce détail qui fera passer notre travail de 10 à 13 ou de 13 à 16… le tout pour un travail qui comptera pour le dixième d’une note finale… n’est-il pas là le masochisme refoulé sur la difficulté du rythme ? Que celui qui n’a jamais été fier de rendre un travail qu’il a poussé au bout me jette la première pierre. Les sciences ont au moins une irrationalité, le rapport que le scientifique entretient avec.

Bien sûr, tout cela n’est que le type de réflexion que je mène la session finie, les examens passés. Je me relirai avec dégoût la prochaine fois que je verrai s’égrainer les trois heures du matin avec encore un rapport de laboratoire à terminer. Je maudirai encore bien des travaux que je jugerai mal conçus, d’énoncés incomplets en travaux inutiles. Mais si j’ai ma toute petite idée sur la façon dont cette petite balle tourne, c’est grâce à tout cela ; et vraiment, j’avais envie de savoir tout ce que je sais. Et vraiment, je m’ennuie de ce que je ne sais toujours pas.

Et puis, parfois tout de même, il est temps de faire autre chose. Asseyez-vous au café du deuxième, travaillez tant que vous voudrez… mais à toute heure, vous pourrez voir de joyeuses gang bouger d’une place à l’autre, d’un local à l’autre, organiser les cinq à sept, les partys, préparer des spectacles, diffuser la musique, superviser le tout, et de Ciné-Cessaire en Poly TV ou Allo-Poly, de Poly Photo en sociétés techniques, vous verrez que toutes pages de l’agenda ne sont pas là que pour les remplir d’échéances scolaires.

Et au fait, tant que j’y suis à faire de la publicité… il y aussi un journal étudiant à faire. Si vous voulez nous rencontrer, n’hésitez pas à utiliser les courriels ou à venir rencontrer l’équipe ! Tous les comités vous accueilleront à bras ouverts ! Et en retour de votre implication, vous y découvrirez sûrement beaucoup d’autres façons de vous enrichir que d’avoir A* pendant quatre ans. Bon courage !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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