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Mi figue, mi raisin, mi gréviste

Une grève entre gris clair et gris foncé, sans doute, mais une grève tout de même. je ne pointerai pas par mauvaise foi les errements d’une décision somme toute démocratique, mais il y, comme souvent, un goût inachevé dans la décision de l’assemblée générale (…)

Une grève entre gris clair et gris foncé, sans doute, mais une grève tout de même. Je ne pointerai pas par mauvaise foi les errements d’une décision somme toute démocratique, mais il y, comme souvent, un goût inachevé dans la décision de l’Assemblée Générale.

Tout a commencé, en fait, pendant la relâche. Les premiers mots d’ordre grévistes arrivaient dans les boîtes aux lettres aux alentours du Jeudi 24. Mais voilà, Compétition Canadienne d’Ingénierie et congrès de la FEUQ passant par là, nos représentants n’ont pas réagi au quart de tour. Une semaine tranquille plus tard, ces mêmes boites aux lettres saturaient de messages, d’élèves, de partisans, d’opposants. Les grévistes se comptaient par dizaines de milliers, et nous, n’avions pas de position officielle. En fait, cela n’était pas tout à fait vrai, le CA de l’AÉP avait déjà décidé que, lui même, ne poserait pas de motion pour convoquer une assemblée générale extraordinaire au sujet du mouvement étudiant. Une façon, non pas de nier la sympathie des Polytechniciens au mouvement, mais d’exprimer que la sympathie, en l’état, n’irait pas plus loin. Imaginez-donc ce que tout le monde a pu lire dans cette attitude. Entre le Quartier Libre qui a tiré à plusieurs reprises sur nous (aussi bien que sur les HEC), ou d’autres organes de presse qui remarquaient (saluaient serait trop politisé) cette position timorée, les préjugés ont vite fait surface. Quels préjugés ? Mais ceux du Polytechnicien libéral ou apolitique, élitiste et indifférent. Et c’est bien en ces termes là que la question s’est posée à nos représentants : passer pour les riches élitistes indifférents ou joindre un mouvement sans garantie claire que la direction des études serait clémente envers les grévistes. Mercredi soir encore, l’AÉP n’avait pas d’engagement clair de la direction de l’école à ce sujet.

Faut-il alors envoyer les élèves à la grève comme on les envoie au front… sans toujours savoir comment ils rentreront ? Tout cela pour une question d’image ? Faut-il laisser le libre arbitre de chacun s’exprimer, quitte à manifester, sans déclarer de grève. Étant donnés les errements de notre position officielle, faut-il marquer un grand coup, en sautant le juste milieu qui sépare la grève de la grève illimitée ? Car il faut bien dire qu’en face des déclarations de plusieurs départements, qui reconduisent leur mouvement à coup de semaine (non pas de jour), la décision de Poly apparaît bien terne. Autant il y a une semaine, elle aurait été accueillie avec étonnement, autant depuis, la pression a monté d’un cran. Il ne faut pourtant pas négliger que cette décision est une première dans les annales de l’école. En ces termes elle contrastera d’autant plus avec la vision traditionnellement à droite qu’on nous prête. Pour continuer dans les contrastes, il faut bien avouer que la décision est d’autant plus courageuse que des intras restent à venir. En même temps, je doute que l’école décide d’annuler une session pour 24 heures de grève… Alors, on ne m’ôtera pas de l’idée que cette grève est un peu inachevée. Les risques encourus, sur 24 heures, sur bien faibles… les chances qu’elle soit reconduite sont plus que faibles (convoquer une AG du jour au lendemain, hmmmm… non !). Les partisans de la grève, je pense regretteront surtout le retard à l’allumage de l’AÉP. Les autres pourront se consoler en arguant que cette grève n’est qu’une demie mesure, à l’heure ou tous font preuve d’une détermination à toute épreuve.

L’occasion de rappeler à tous que, selon les statuts de l’AÉP, une déclaration signée de quelques dizaines d’étudiants peut provoquer une AG, ou tu du moins, un point au CA. C’est peu de monde pour beaucoup de bruit.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.