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3 novembre : Des idées vagues

Les fins de semaine passent vite. Surtout quand je retourne à Saint-Bruno-Sur-Pelouse, à la maison. Deux jours pour faire mon lavage, une épicerie, des gratouilles dans le cou de mon chat… Deux jours pour manger en famille, constater l’avancement des travaux de peinture, me défouler sur mon vélo stationnaire. Deux jours pour être heureuse de passer un peu de temps avec ma sœur, puis m’engueuler avec elle pour un détail à la con, puis me réconcilier avec elle comme par enchantement. C’est fou comme les fins de semaine passent vite… Et pas que les fins de semaine. Le temps en général et les dix dernières années en particulier. Cette idée m’a tout spécialement assommée la fin de semaine dernière, alors qu’en plus de faire mon lavage, l’épicerie, des gratouilles à mon chat et tout et tout, je compilais les grands succès musicaux de l’année 1993. Je suis une compileuse compulsive et c’est pour faire un cadeau à Oli-The Hulk dont c’est l’anniversaire. Il adore en effet les tounes de l’année 1993, et avec raison je dois dire! Souvenez-vous de tous les grands chefs-d’œuvre qui sont sortis cette année-là et vous allez vous en rendre compte vous aussi : il s’est définitivement passé quelque chose en 1993. Quelque chose de très particulier, difficile à définir. Un mélange ravissant d’angoisse, d’exaltation, d’utopie… Et non, je ne parle pas ici de la chanson Jalousie de Paul Sarrasin. Ni de Ça va bien, de Kathleen. Je fais plutôt référence à Come Undone de Duran Duran, What Is Love de Haddaway, Living on my Own de Freddie Mercury, I Would Do Anything for Love de Meat Loaf, More and More de Captain Hollywood Project, No Rain de Blind Mellon, Break It Down Again de Tears for Fears, Numb de U2 et SURTOUT… Go West des Pet Shop Boys.

Les fins de semaine passent vraiment vite. Surtout que c’est la pagaille en ce moment. J’aurais jamais cru que finir un bac s’avèrerait un tel merdier. Une job? Pas déjà… Juste un stage alors? Une maîtrise peut-être? Un voyage? Un déménagement? Un appartement à vider? C’est vraiment pas facile de se chercher un avenir. Et envisager toutes les alternatives demande beaucoup de temps. Je dois dire que le voyage représente l’option la plus tentante… Surtout que, depuis mon séjour en Colombie-Britannique de l’été dernier, j’ai vraiment l’feu au cul. Je ne pense qu’à ça, me tirer ailleurs. Bon, je sais, je sais, c’est pas la grande subtilité cette semaine et vous le voyez v’nir à 100 à l’heure le lien dans mon texte : la chanson Go West, la Colombie-Britannique… Pas besoin de prendre des cours du soir en perspicacité pour voir venir tout ça, je sais. Mais c’est bizarre quand même parce que je n’avais vraiment pas l’intention de vous parler de l’Ouest canadien quand j’ai commencé à écrire ce texte. Des fois, mes Chroniques me dépassent. Pour être honnête, je n’avais en fait aucune intention précise. Depuis deux semaines d’ailleurs, je n’ai pas d’inspiration pour écrire alors je le fais sans la moindre intention. Je suis consciente que ce ne soit fondamentalement pas bien grave mais, c’est surtout pour vous que ça m’attriste : j’ai signé pour toute la session alors vous êtes pognés avec une Chronique Névrotique en page 2 jusqu’en décembre, désolée… Et désolée aussi pour ce manque d’intention précise dans mon texte, cette absence de sujet bien défini, clairement posé. Je n’ai que des thèmes flous dans la tête à vous offrir. Et j’ai surtout dans la tête tout plein de chansons de l’année 1993 (70, pour être exacte) depuis plusieurs jours. Je dois avouer qu’avec tout ce que j’ai à faire en ce moment dans une fin de semaine, incluant la recherche intensive d’un avenir, j’étais un peu réticente à me lancer dans le méga-montage de cette compilation de l’année 1993 qui, en fin de compte, s’est révélé la meilleure chose qu’il me soit donné de faire. Ça m’a fait beaucoup de bien de redécouvrir Go West. Cette chanson est un concentré de bonheur, un baume, un tranquillisant, un «paralyseur de pagaille», j’vous assure…

Il y a un certain Jean-Luc Godard qui a dit un jour la chose suivante : «Il faut confronter des idées vagues avec des images claires.». Comme cette semaine j’ai vraiment l’impression que ma Chronique ne renferme que ça, des idées vagues, je me dis qu’il faudrait au moins que j’essaye de les confronter à une image claire, histoire de tenter de rescaper cette page 2… Une photo d’une partie de moi, prise par moi, sur ma plage de Vancouver, ça vous va?

Au fait, je ne me suis toujours pas trouvé d’avenir mais, finalement, ce n’est plus si grave. Je n’ai peut-être pas d’avenir clair mais j’ai les Pet Shop Boys… Et j’ai tout l’ouest du monde.

MAUDE – «We will love the beach, we will learn and teach, change our pace of life… we will work and strive…» – BOILLOT
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La pensée d’Oli-The Hulk : «Avoir les deux pieds dans la même bottine n’est pas une raison pour laisser son lacet détaché.»
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Crédit photo : Maude Boillot
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