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10 février : Stéréo Total

Je manque de mots pour parler de Berlin. Je dois manquer de vocabulaire ou ne pas avoir les idées assez claires. Ou bien je connais une petite baisse de régime, un petit coup de fatigue, arrivée à peu près à la mi-terme de ce voyage. Mais bon, je dois quand même trouver une façon de réussir à en parler, il le faut, la page 2 a besoin de mots cette semaine encore et ses lecteurs aussi, que je manque de vocabulaire ou pas. Ça me fait penser à cette chanson de Léveillée qui dit : «Venez chercher des mots, puisqu’il vous faut des mots… Et puis soyez heureux.». Je ne peux pas vous garantir que vous serez heureux au bout de ces trois colonnes mais tentons quand même quelques mots…

Berlin est la ville la plus bizarre que j’ai rencontrée de toute ma vie. Des grues et des chantiers de construction partout, une juxtaposition surprenante de vieux et de neuf, des façades d’immeubles peintes avec des couleurs pastel inhabituelles pour des couleurs d’extérieur. Cette ville en hiver est à la fois effervescente et triste. Mais je vous l’ai dit, je manque de vocabulaire, triste n’est sûrement pas l’adjectif le plus approprié. Berlin possède un caractère étrangement intemporel, un mélange de futur et de passé qui donne une impression d’irréel. L’avantage dans tout ça c’est que, quand on est né un 5 février et qu’on se trouve à Berlin à cette date, l’année supplémentaire qu’on se prend en pleine poire passe finalement presque comme dans du beurre, au milieu de ce curieux amalgame d’époques. Et puis j’ai réussi à trouver plus vieux que moi cette journée-là : Bao-Bao, l’un des deux pandas dont prend soin le zoo de Berlin. À le voir se rouler dans le bambou, ses 26 ans n’avaient vraiment pas l’air de l’inquiéter.

Berlin l’hiver n’est pas triste, elle est difficile à réaliser. Comme mes 24 ans je suppose… Et comme cette chance d’avoir vu de près deux pandas pour son anniversaire quand on adore ces animaux depuis qu’on est gamine. Et aussi comme ce groupe de musique allemand, Stéréo Total, qui remanie tout plein de vieux succès français, ceux de Gainsbourg entre autres, pour les faire sonner un peu comme des chansons de Portishead. Un très agréable sursaut que d’entendre ça. Entre deux tounes techno berlinoises insupportables, ça faisait du bien!

MAUDE – «Et le temps passe, d’hier en demain, ça me tragique, ça me cruel mais j’y peux rien…» – BOILLOT
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Crédit photo : Maude Boillot
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