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L’apocalypse à notre porte

Ça y est. L’heure est arrivée, c’est le moment de payer la note. L’apocalypse est à notre porte, en fait, elle se promène même, au moment où je vous parle, sur notre perron. Pas encore directement sur notre perron, plutôt sur celui de nos coéquipiers les français (coéquipiers comme dans gardien de but français qui a réalisé toute une performance mardi soir dernier, oui, je l’avoue), qui viennent d’être la cible, récemment, d’une enfilade d’embargos sur la volaille.
N’empêche qu’à un océan près, on finira par assister tôt ou tard à un premier cas de transmission d’humain à humain du virus H5N1, et ce moment fatidique arrivé, les haricots seront cuits et ce sera la fin des carottes!

Remarquez qu’on ne peut quand même pas reprocher à la Camargue de s’être faite discrète, vu que depuis plusieurs mois déjà on nous enquiquine avec les derniers avancements du virus. Les nouvelles nous rappellent chaque semaine qu’une épée de Damoclès pend au dessus de la race humaine, et que tôt ou tard le fil qui retient cette dernière se brisera et qu’une pandémie semblable à celle de 1919 déferlera sur le monde moderne.
Autrement dit, on va y goûter.

Si les États-Unis peuvent renforcer la sécurité douanière à ses frontières pour repousser les terroristes islamiques qui menacent leur beau pays, il en est tout autrement des oiseaux migrateurs, qui, si moins intégristes, sont rendus aujourd’hui tout aussi meurtriers que ces premiers.
Cependant, la motivation est bonne en Amérique et tout un chacun est invité à faire sa part pour aider à la prévention de la grippe aviaire. Même le vice président des États-Unis attirait récemment l’attention des médias sur ses efforts de répression des oiseaux sauvages. Si la population retiendra surtout que Dick Cheney a fait feu sur un de ses amis, on peut tout de même le féliciter de donner ainsi l’exemple à suivre. Cependant, il faut craindre que la chasse sportive au M-16 risque de ne pas suffire pour protéger la patrie des dangers d’une pandémie de grippe aviaire.
Il serait important que le congrès américain mette sur pied une équipe apte à contrer efficacement la menace aérienne dès aujourd’hui. Seule une escadrille bien formée de F-15 peut réellement tenir tête aux oiseaux migrateurs infectés de grippes aviaires qui chaque jour tentent de pénétrer en Amérique. Ça, et la bénédiction de Dieu tout puissant, évidemment.

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Mais si la menace de la grippe aviaire est omniprésente, il ne faut tout de même pas négliger la menace terroriste qui pèse encore et toujours sur l’occident. Avec les remous causés par l’affaire Mohamet, il y a de quoi craindre une nouvelle vague d’attentats dans un avenir proche. Mais avec le danger de plus en plus concret du réchauffement de la planète, on se retrouve au prise avec un sacré dilemme : une des cibles favorites des terroristes est bien sûr les transports en commun, et si, il n’y a encore pas si longtemps, nous étions en sécurité dans nos véhicules utilitaires sports, chaque kilomètre que nous roulons nous expose maintenant au cruel péril du réchauffement global et de l’effet de serre.

Du coq à l’âne, la nouvelle est encore chaude que la Cour suprême a permis unanimement le port du kirpan aux jeunes adolescents suivant la religion sikhe. Cerise cynique sur sundae diabolique, la semaine de relâche devient une grave obsession dont j’ai définitivement besoin (comprendre que là je m’énerve). Pour ceux qui ignore ce qu’est un kirpan, le site Internet de Radio-Canada nous l’explique dans les termes suivants : « Petit poignard dont la lame est à double tranchant, le kirpan est remis aux sikhs orthodoxes à l’âge de la puberté, et signifie que le jeune homme qui le porte est prêt à défendre sa foi. »[
[Lien vers le site de Radiocanada
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Je crois que si, à la limite, on peut permettre aux jeunes filles musulmanes de porter le voile à l’école, il est cependant complètement inconsidérable de permettre à qui que ce soit d’apporter un couteau à l’école, objet religieux ou pas. Il s’agira toujours d’une arme blanche, peu importe le contexte dans lequel il est utilisé, que ce soit pour taxer quelqu’un ou pour « défendre sa foi. » Il s’agit d’un objet qui n’a pas sa place dans une école, et ce, que l’on démontre un comportement agressif ou pas. Certains débats entourant les caricatures de Mahomet cherchaient à déterminer ce que la société était prêt à laisser passer sous le prétexte de la liberté d’expression. Il est définitif que l’on vient aujourd’hui d’exploser les limites de la permissivité sous le prétexte de la liberté de religion. En espérant que cette décision remettra l’emphase sur ces débats, je vous souhaite tout de même de passer une bonne relâche à préparer vos intras.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.