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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

On se sépare en Europe

On s’était séparé pour mieux se revoir.
Renaud à Vienne pour voir sa blonde et Éric à Amsterdam. Cette semaine, l’histoire d’une douloureuse séparation de deux mâles.

Vienne (Renaud)

Flo, ma copine, me guide de la gare jusqu’à notre petite chambre, genre vraiment petite. Construite en long, une saucisse à cocktail…

Le lendemain matin, elle, qui est maintenant Viennoise, me tire dans sa ville. C’est très beau, mais un peu froid, on ne voit pas beaucoup de gens. En marchant sans objectif, on tombe sur un immense marché d’antiquités. Je vois un cadran d’avion russe, pas si cher, mais encombrant pour mes bagages minimalistes. Le temps d’un instant on se croit en Europe de l’Est, les gens sont paumés. Il neige sur les livres et sur les appareils électroniques. Surprenant, les vendeurs ne s’en préoccupent pas du tout. Flo m’emmène voir un immeuble dessiné par un célèbre architecte local.
C’est très impressionnant. C’est dans le type de Gaudi. Mais en plus coloré. Les planchés sont courbes et en relief. Pour souper on voulait se faire un bon sandwich et on s’était acheté du pain, mais vu que tout ferme tôt ici, et pour ne pas perdre la face, on décide de s’acheter des saucisses d’un vendeur de rue. De retour à la chambre, on se fourre nousmême nos hot-dogs de fortune.

Le 14 février… Je suis là avec ma blonde en majeure partie pour cette date… j’ai pas le droit à l’erreur. On commence la journée par un périple dans un petit village bucolique, un peu comme Saint-Sauveur, mais vu que c’est en Autriche c’est mieux. Ensuite on est allé à l’incinérateur de Vienne, c’est le seul incinérateur au monde qui vaut la peine d’être vu. Il a été dessiné par le même architecte dont je vous parlais plus tôt et dont le nom m’échappe.
Il est plein de couleurs et il est super extravagant! De l’autre côté de la rue de l’incinérateur, on voit un édifice duquel on dirait que la peinture a coulé. Tous les pays où ça parle allemand, on peut boire dans la rue. On savait pas… À 1$ la petite bouteille de mousseux, on en profite! De toute façon on trouvait qu’en Europe ça avait plus de classe qu’une bouteille de Coke! Le soir on décide d’aller dans un restaurant typiquement autrichien. Un genre de grande taverne. À l’entrée, Florence me sort une de ses perles en demandant à un passant : «What kind of bouffe do they serve?»

Après avoir uriné sur mon pantalon, on retourne pour la dernière fois dans notre bordel de chambre.

Amsterdam (Éric)

Amsterdam intrigue. De par ses cafés, ses politiques peu conventionnelles, son red light, son architecture ou ses nombreux rivages, tous les jeunes Européens, et plusieurs Canadiens également, sont tentés par elle. Je succombais également. Après avoir fait le tour des (trop) nombreuses attractions touristiques de Paris, j’arrive finalement seul à Amsterdam! Je suis content d’avoir un petit congé de Renaud pour une semaine, je n’en pouvais plus de ses jokes de pètes. Mon hôtel est situé très près de la station de train. Je le trouve assez facilement, après avoir marché pendant quinze minutes. Je me rends compte à ce moment que mon hôtel est situé… à même le Red Light! Of course, je suppose que tout le monde a déjà entendu parler du Red Light d’Amsterdam. Il y a même 5 ou 6 fenêtres (chaque travailleuse du sexe a sa propre fenêtre avec un petit «bureau de docteur» à l’arrière où elle accueille ses clients pour consultation de quinze minutes).

En arrivant à l’hôtel, que j’avais réservé sur Internet, j’apprends qu’il s’agit d’un hôtel chrétien!!! Je savais même pas en réservant sur Internet!
C’est pas très différent d’un autre hôtel jeunesse, à part qu’il y a des peintures religieuses sur les murs et des bibles sur les tables. La grosse différence, c’est le monde qu’il y a là. Quand je vais dans le dortoir vers 8h pour faire mon lit, il y a déjà deux personnes qui dorment! A l’extérieur de la chambre, trois personnes lisent la bible. On m’invite même à participer à un groupe-discussion sur la bible. Je n’ose pas leur dire que je ne crois pas en Dieu ou Jésus ou Bouddha, et je refuse poliment l’invitation pour partir à la découverte d’Amsterdam!
Non mais c’est quoi l’idée de se cacher à l’intérieur d’un hôtel lorsqu’on est à Amsterdam? Pis avouez que le contraste est assez énorme…quand je mets les pieds à l’extérieur de mon auberge «
God Loves You », il y a cinq prostituées qui me font des p’tits clins d’oeil.
J’arrive donc en plein Red Light vers les 21h, samedi soir, LE SOIR le plus achalandé de la semaine! L’ambiance est survoltée! Je vais tenter de décrire un peu… Alors voilà, le Red Light fait environ deux ou trois pâtés de maison.
Comme partout dans la ville, il y un gros canal qui sépare le côté «droit»
du côté «gauche» de la rue. Des ponts permettent de traverser à tous les 300 mètres environ. Sur le bord des rues, il y a des tonnes de fenêtres, chacune éclairée par une lumière à ultraviolet (Red). Lorsqu’on passe devant les fenêtres, les jeunes femmes nous sourient, lorsqu’elles ne sont pas en train de parler au téléphone, de lire ou de jaser entre elles. Si je les regarde plus que 2 secondes dans les yeux, soit elles cognent, ouvrent la porte et me crient de venir leur parler, soit elles commencent à danser! Elles sont toutes vêtues de petits déshabillés fl uorescents. Il y en a pour tous les goûts…

Il y a aussi les sexshops et les cinémas XXX. Il y a en a partout, à tous les coins de rue dans le Red Light. Mais ce qui me frappe le plus, c’est qu’après une marche de dix minutes, tu te retrouves dans les quartiers où les gens vivent, où il n’y a aucun touriste. C’est le calme plat, loin de l’ambiance « fake », « sale »
et survoltée du Red Light. C’est comme s’il y avait une barrière invisible et dès que tu la franchis, tu as « la paix ». Car Amsterdam, c’est trop fou, trop touristique.

Tu ne peux pas rester là trop longtemps. C’est cher…trop cher. Bien sûr, je n’aurais pas pu quitter sans avoir visité le musée de Van Gogh, et essayer les CofeeShop. À Amsterdam, quand tu vas dans les Cofee Shops c’est pas pour boire un café, qui, pour les avoir essayés, sont même pas bons, mais bien pour y fumer tranquillement du pot, en toute légalité dans ce pays! Tu as même un menu avec toutes les sortes de pot et de hash ainsi que leurs descriptions.
Tu as le choix entre ceux « débutant »,
« intermédiaire » et « avancé ». Pour ce dernier, on vous avertit que si vous avez quelque chose de prévu aujourd’hui, vous pouvez oublier ça tout de suite. Je peux vous jurer que c’est vrai, j’aurais passé la dernière journée à tourner en rond autours des canaux de Amsterdam et à en admirer la magnifique architecture!
Tous mes plans de musées sont tombés à l’eau. Maintenant je sais que tous ces souvenirs seront bien conservés, puisque surgelés !

Mots-clés : Éric et Renaud (9)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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