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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

L’armée canaïenne

La puissante armée canadienne a besoin de vous! Bon, maintenant que j’ai votre attention, on peut parler entre hommes. Euh, entre hommes et femmes, dis-je bien, pour ne pas froisser les demoiselles qui me font l’insigne honneur de me lire. Alors, comme je le disais, l’armée canadienne désire recruter de nombreux ingénieurs pendant les cinq prochaines années, afin de pallier aux départs pour la retraite. J’utilise le terme « soldats », les puristes me pardonneront je l’espère, mais je ne connais pas tous les différents grades que notre vénérable armée attribue aux vaillants.

Coupons court aux manifestations sentimentales. Le week-end dernier, je suis retourné dans mon patelin natal, au fond d’un bois perdu dans une région que même les orignaux ont déserté pour cause de dépression. Donc, j’étais là afin d’assister à une foire d’emplois, où on retrouvait « des emplois pour tous les goûts ». Déçu, certes oui, je le fus.
Remarquez bien que si j’avais cherché un emploi de laveur de vaisselle ou de serveur dans un minable casse-croûte, j’aurais apprécié l’événement. Je me sentais un peu mal à l’aise, surtout lorsque je disais que j’étais finissant à Polytechnique et que je me cherchais un emploi d’ingénieur. Je me promenais au hasard dans les kiosques des différents exposants, l’air niais, le regard vague lorsque je fus interpellé par un individu à l’air louche. Cet individu désirait que je m’enrôle dans l’armée. Et comme j’étais désespéré parmi cette foule, je sautais sur l’occasion qui s’offrait à moi de me faire courtiser. C’est toujours mieux que de se faire court-circuiter.

J’écoutais le baratin du lieutenant qui me vantait les avantages sociaux de la vénérable armée canadienne, lorsqu’une idée incongrue a traversé mon esprit : « Y a-t-il un quelconque contrat à signer? » Le lieutenant esquissa un sourire en coin qui laissa voir une rangée de dents plaquées or : « Vous devez signer un contrat de neuf ans, mon cher monsieur ». Ouh la! Voilà qui refroidit mes ardeurs patriotiques. Je me risquais à demander s’il y avait possibilité de briser ce contrat après l’avoir signé. Sa réponse ne me convainquit pas. C’est qu’on ne me le fait pas à moi, le coup du « nous étudions chaque demande et nous accommodons les demandes qui sont justifiées. » En gros, ça veut dire : « Si t’as le malheur de nous foutre là, on met ta ligne sur écoute et des mecs en cagoule vont aller fouiller tes poubelles.
Ensuite, on t’envoie dans un goulag en Russie et après ta mort on va profaner ta sépulture en écrivant des graffitis sur ta tombe. »

Je suis peut-être polytechnicien, mais il me reste tout de même une once de bon sens.

Mots-clés : Olibrius (7)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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