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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Pauline

Sur la scène politique québécoise, la démission de Pauline Marois a fait les manchettes cette semaine, alors que cette dernière, après plusieurs années de loyaux services dans plusieurs des ministères les plus importants, a rendu le fl ambeau en expliquant « que [son] coeur n’y
est plus ». Qu’on apprécie le personnage ou pas, il faut néanmoins saluer son infl uence sur la politique québécoise des 30 dernières années.
Sa détermination est bien connue, tout comme son courage et la qualité du travail qu’elle a fait. Et si on a associé plus d’une fois cette dernière à sa qualité de « Bourgeoise »,
fait qui lui fut souvent reproché, il n’empêche qu’on se souviendra toujours d’elle comme une figure de proue du Parti Québécois comme des mouvements féministes québécois, et ce, sans doute jusqu’à ce qu’elle fasse un retour sur la scène politique, chose qui semble très probable, connaissant le caractère de la femme.

Les échecs qu’a subis Pauline Marois dans sa volonté de prendre la tête du Parti Québécois ont sans aucun doute leur importance dans la démission de cette dernière.
Sa dernière tentative avait été contrecarrée par André Boisclair, et s’il a souligné la « tristesse » que provoquait le départ de sa collègue, le chef du PQ a néanmoins rapidement mis l’accent sur l’« occasion de renouveler les effectifs » qui se présentait pour son parti.
Une analyse du PQ faite lors de la dernière course à la chefferie en automne dernier présentait une moyenne d’âge des membres tournant aux alentours de la cinquantaine.

La volonté de rajeunir le parti est compréhensible, mais on peut s’inquiéter de la tournure que cette transformation est en train de prendre. La méthode d’attribution des postes importants tourne beaucoup autour du copinage et cette pratique en est une particulièrement dangereuse, même si très répandue. Il y a quelque chose d’inquiétant dans le fait qu’André Boisclair ne semble pas avoir dans son entourage les personnages d’expérience qui sont pourtant une des forces du Parti Québécois. Le même phénomène semble d’ailleurs s’appliquer à d’autres membres du parti. On pouvait lire dans un article du journal
« Forum » de l’Université de Montréal qu’Elsie Lefebvre avait comme collaborateurs plusieurs de ses collègues de l’époque où elle étudiait en science politique à l’Université de Montréal. Sans rien ôter aux capacités et au mérite de l’entourage des jeunes députés, l’expérience de deux référendums échoués constitue un vécu qu’on ne peut pas négliger, surtout si on ne veut pas répéter les erreurs du passé (qui sont nombreuses et encore d’actualité). Le parti a suffi –
samment de divergence en son sein pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y
ajouter une barrière générationnelle.

Par exemple, la discussion sur les actions à entreprendre (ou à ne pas entreprendre) suite à une victoire aux élections amène encore de farouches discussions, et il s’agit pourtant d’un des piliers de la stratégie souverainiste.
Lors de son point de presse, on a pu assister à un André Boisclair qui semblait partager les traits d’un étudiant de Poly qui a passé une nuit à l’école. De petits yeux fatigués, les traits tirés, moins de vigueur qu’à son habitude, il serait dur de croire que le chef du PQ chôme par les temps qui courent. Son but premier lors de son élection à la tête du parti était de restructurer ce dernier pour lui redonner son attrayance pour les prochaines élections provinciales.
On peut espérer pour le parti qu’il ait accompli ses buts, et que ses apparitions de plus en plus nombreuses dans les médias refl ètent le bon déroulement de ses plans politiques tout comme sa décision de faire son entrée à l’Assemblée nationale à l’automne prochain.

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Dans un autre ordre d’idée, le Polyscope présente cette semaine un dossier traitant des nouveaux programmes qui sont offerts depuis septembre 2005 à Polytechnique.

L’équipe du journal s’est intéressée aux changements apportés aux cheminements des différents génies pour tenter de voir les avantages et inconvénients de chacun. Je vous invite donc à tourner la page pour lire la première partie de ce dossier.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.