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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Volume 39, fin

Dernier numéro régulier pour le Scope cette année. Sans doute mon dernier en tant qu’impliqué, après plus de 70 parutions à mon actif dans la bulle technique.
Directeur de correction, directeur, chef de pupitre (un an, puis un autre par intérim), simple membre, voilà près de trois ans que je regarde défiler les âneries irresponsables de cette belle équipe. Mais aussi le contenu sérieux, les scandales, les kapotés, tout du meilleur au pire.

Souvenirs…

Les anciens vibreront si je leur mentionne la chevauchée d’Alexandre Richer contre le STEP, le coup d’intox d’Âllo Poly contre Sodexho/Taco Bell, le calendrier faux de cette semaine ou nous proclamions la gratuité des repas, la visite d’un prix nobel en conférence et l’annulation des cours un vendredi (point que le BAE avait jugé utile de démentir, sans toutefois démentir le reste),
la reproduction en cover d’un faux billet de Beach (que les gens avaient interprété comme un concours pour gagner la dernière place disponible), les 60 ans de la coop (l’âge de la retraite !), le PLY (le service des comm en tremble encore, réflexe post mortem),
le coup des amortisseurs de la moto de Papineau…

Ma mémoire défaille. Mais laissez-moi vous dire un secret : le plus méchant est passé inaperçu.
Ainsi, nous étions persuadé que le Nécro était d’un niveau d’attaque jamais vu au Scope depuis 3 ans, et il est passé sans accroc auprès de la «Communauté polytechnicienne
» (et hors campus, à plus de 2000 exemplaires). Au contraire, le PLY, dont la mauvaise foi était tellement évidente qu’il ne fallait en aucun cas le prendre au sérieux, a eu des répercussions pendant plus de six mois par différentes affaires à l’interne dont je vous épargne les détails (si ce n’est la démission retentissante d’un membre de la comission impliquée, par faute d’arguments pertinents, mais ce n’est pas grave, la personne en question est aujourd’hui à l’exec de l’AEP, preuve que tout vient à point à qui sait attendre).

Autre exemple d’attaque profonde passée inaperçue, le PravdaScope. Journal plagiant la Pravda russe de la grande époque (le journal de propagande),
le PravdaScope chantait les louanges de Polytechnique et de son association étudiante, en se défaussant sur la médiocrité de l’ennemi capitaliste : McGill. Effet obtenu : McGill écrit à la direction de l’École pour se plaindre des effets mensongers de ce numéro, la communauté de Polytechnique est morte de rire du sort réservé à McGill devant la Grandeur de la Très Grande École Polytechnique. Ce jour-là a été la révélation de ma vie.
J’ai compris que même dans un contexte où «communiste» est une insulte, on pouvait traiter les gens de communistes et les faire mourir de rire avec ça, tant qu’on détournait l’attention sur autre chose.

Le but véritable du Pravda-
Scope, c’était la critique profonde de la communication faite sur l’École, toute en louanges, mais plus encore, la critique de la vision que l’AEP a à l’endroit de «son»
journal. C’est finalement, et surtout, la critique d’un journal dont la seule prétention est d’être à la solde des communiqués de presse des instances officielles, surtout à l’abri de toute pulsion personnelle et créatrice, sans la prétention de pouvoir écrire du contenu sérieux (dans le journal d’une école de génie ? pourquoi faire ?), sans la prétention d’une section culture, sans prétention aucune. Ceux qui n’auront pas compris le message à l’époque… qu’ils continuent de rire de McGill, en attendant d’apprendre à lire au-delà du premier degré.

Une certaine idée du Scope Les prochains membres feront ce qui leur plaît du journal, c’est ainsi qu’il doit en être. Au ton volontairement vindicatif des anciens succèdera autre chose, de mieux, de moins bien, de plus condescendant ou de plus élitiste, peu m’importe. Tant que restent certains impondérables.

Le premier, c’est le service à la communauté. Plusieurs choses sont intéressantes ici. Le Scope n’a pas — c’est la conclusion des paragraphes précédents — a être le porte-parole des étudiants. Il peut le faire par occasion, mais ce qui est important, c’est que le Scope soit l’outil disponible à chaque composante de la communauté (individu ou groupe) qui veuille prendre la parole. L’équipe du Scope est et sera toujours limitée dans ses moyens et son intérêt pour tel ou tel autre sujet, et forcément non représentative de la richesse de l’École. La porte du local est toujours ouverte pour ceux qui désirent nous rejoindre, mais même sans cela, le courriel du Scope est toujours ouvert : article, polyscope.qc.ca , le courriel du rédacteur en chef, pour tout texte de votre cru, quelqu’en soit le sujet. Publicisez votre événement, votre opinion, lancez un débat, proposez des sujets, nous serons au moins votre support de publication, et peut-être plus.

Autre impondérable, l’hebdomadairité.
Polytechnique est une bulle, et les impliqués ont peu de temps pour voyager entre les différentes facultés du campus. Ainsi ne savent-ils pas que nous sommes lus à plus de 2000 exemplaires en dehors de Poly, que nous sommes le seul hebdomadaire 100% étudiant du campus, adossé ni à des monteurs professionnels, ni à des étudiants en journalisme démarrant leur carrière. Notre ligne éditoriale en est d’autant plus futile, mais la fierté qui nous lie à nos publications n’en est que plus grande. Les échos nous provenant de l’équipe de l’Intérêt (HEC) ou de l’Agora sont toujours un réconfort : ils saluent le rythme et le travail, la qualité et le ton, l’humour et le détachement. À mon tour, je dois apporter mon support à l’équipe de l’Intérêt dans ce moment trouble… Et j’aimerais leur dire : continuez d’oser ! Osez encore !
Il y a des limites au bon goût et à la décence, osez donc intelligemment et avec le recul nécessaire, mais n’ayez pas peur, il n’y a qu’en cédant aux pressions bien-pensantes qu’on recule sous aucune raison valable. Desproges, chroniqueur humoriste très aimé ici-haut, disait
: «On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde».
Et d’autres impondérables qui ne rentrent malheureusement pas dans cette marge.
Longue vie au Scope. 40 ans l’an prochain. Retraite dans 20 ans, on ira retrouver la Madame de la Coop.

Mots-clés : AÉP (17) Polyscope (12)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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