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Le désarmement de l’Irak

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Le désarmement de l’Iraq n’est pas une question nouvelle. Pendant les années 1980, l’Iraq faisait partie de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme. Il en fut effacé en 1984 par l’administration Reagan qui avait alors rétabli les relations diplomatiques avec Bagdad, rompue depuis 1966. On disait de l’Iraq qu’il représentait un rempart contre « la révolution islamique ». Une directive signée de la main de Georges Bush (père) en 1989 laissait entendre que : « des relations normales entre les États-Unis et l’Iraq serviraient nos intérêts [lire : ceux des États-Unis] à long terme et pousseraient à la stabilité dans le Golfe persique et le Proche-Orient. Nous [Les États-Unis] devons proposer des stimulants à l’Iraq pour modérer son comportement et y accroître notre influence ».

On est tenté de se demander si Bush alors n’entendait pas par « stimulants » des produits pouvant servir justement à la fabrication d’armes biologiques. Il a effectivement été révélé par des rapports du Sénat américain de 1994, cités par William Blum dans « What The New York Times Left Out » ( Znet Commentary, 20 août 2002), que durant cette période, des sociétés américaines, avec l’aval du département d’État, avait exporté en Iraq des produits de ce type.

Il faut noter effectivement que la plupart des pays d’Occident, notamment ceux qui avaient attaqué l’Iraq en 1991 et qui en demandaient le désarmement après le cessez-le-feu, c’est-à-dire les États-Unis, l’Allemagne, la France et bien d’autres, ont une implication directe dans la dotation de l’Iraq d’armes à destruction massive. Ce qui explique notamment le fait qu’il n’y ait jamais eu d’enquêtes sur les compagnies étrangères qui ont aidé Bagdad.

Ce qu’il faut considérer en toute priorité lorsqu’on aborde la question des armes à destruction massive, c’est que c’est là une question globale qui ne se réduit pas au seul Iraq mais qui a ses ramifications dans l’histoire contemporaine de façon plus notable qu’on ne le soupçonne et que c’est là une affaire fort délicate.

Après les États-Unis et la Russie, la course aux missiles a pris place au Moyen-Orient au cours des années 1980. Cette course avait commencé en 1967 lorsque Israël a commencé son plan atomique. Fait dans l’ignorance du cabinet présidentiel français, le plan consistait à exporter la technologie nucléaire française et l’expertise de ses ingénieurs vers l’État juif. Le courroux de De Gaulle sera terrible lorsque l’information lui parviendra. Une crise mondiale est déclenchée et Kennedy se déplace en personne en Israël pour arrêter le cours de ces activités. On dément sur place et affirme que le plan est entièrement à usage civil, puisque Israël veut simplement se munir de l’énergie nucléaire pour sa production électrique. La technologie avait cependant été détournée au profit du militaire, chose qui ne fut dévoilée que par accident, lorsque l’ingénieur Vanunu le révèle au Sunday Times. Il sera enlevé par les services israéliens et condamné à 18 ans de prison le 24 mars de l’année 1984. Ainsi, Israël dispose du missile Jéricho 1 et 2, capables de transporter des charges nucléaires à une distance allant jusqu’à 1500 km. Elle dispose aussi du missile anti-missile Arrow, produit avec la collaboration américaine. D’autre part, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Iraq, l’Iran, la Libye, la Syrie et le Yémen disposent de Scud-B et C d’origine soviétique, chinoise ou nord-coréenne. Ils ont respectivement une portée de 300 et 500 km. Toutefois, ces missiles peuvent être retravaillés pour en doubler la portée. C’est ce qui a été fait notamment lors de la guerre du Golfe où Al Abbas et Al Husayn avaient une portée de 600 et 900 km. S’ajoute à cela le « super canon » que Bagdad avait tenté de produire avec l’aide de la Grande-Bretagne. La Syrie elle aussi s’est dotée de missile d’une portée de 600 km.

L’Iraq a renoncé à la poursuite de ses ambitions atomiques suite à l’embargo et aux inspections de l’ONU. De plus, son réacteur atomique à Tamouz a été détruit par Israël en 1981. De plus, selon AIEA (agence internationale d’expertise atomique), rien ne permettrait aux ingénieurs de l’Iraq de détourner à des fins militaires les technologies civiles dont il dispose.

De l’autre côté, Téhéran s’est associée à la Russie qui s’est engagée à lui livrer trois réacteurs nucléaires (au grand damne des USA). Mais l’Iran a signé le traité de non prolifération nucléaire, ce qu’Israël n’a pas encore fait.

Tenant compte de la politique israélienne actuelle et du climat politique qui sévit dans la région du Proche-Orient (climat tendu à cause de la multiplication des iniquités contre les palestiniens ces deux dernières années et de la présence américaine sur « la terre sainte musulmane ») une attaque américaine contre l’Iraq auraient des répercussions bien plus graves qu’on ne saurait l’imaginer, puisque ce serait là mettre le feu dans un baril de poudre. Les pays arabes limitrophes pourraient s’en prendre à Israël directement, qui elle répliquerait – dans le plus noir des scénarios – par son arme atomique.

L’administration Bush, si toutefois avait pour but ultime de réduire la prolifération des armes à destruction massive, ferait mieux de tenir compte de tous les enjeux politiques et géopolitiques qui ont trait à une attaque de grande envergure contre l’Iraq et de privilégier davantage la voie diplomatique en essayant de faire signer le traité par les pays qui continuent de l’ignorer. Dans une optique similaire, elle pourrait ratifier la convention sur les armes chimiques qui n’a été adoptée que par 61 pays des 159 concernés (incluant les USA).




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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