Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Palais de Stocholm

Bonjour à vous tous ! En ces temps de neige, j’ai décidé de vous faire visiter le palais royal de Stockholm en Suède. Cette ville, capitale du pays est située entre la mer Baltique et le lac Mälar, faisant face à un archipel composé de nombreuses îles. Le palais est précisément situé entre la mer et le lac. Son style baroque du XVIIIème siècle ne doit cependant pas faire oublier qu’il est vieux de plus d’un millénaire, témoin d’une tradition royale qui a su s’adapter et survivre jusqu’à aujourd’hui.

Vers 950, les Vikings commencèrent à aménager les abords du lac Mälar, afin d’en faire un abri pour leurs embarcations. Le passage entre la Baltique et le lac devint aussi un lieu de contrôle car il permettait d’accéder à l’arrière pays suédois qui devait être impérativement protégé des invasions de toutes sortes. Une forteresse en rondins de bois fut alors élevée. Petit à petit, elle fut aménagée et renforcée jusqu’à ce qu’en 1240, le prince régent de Suède, Birger Jarl décide de la rebâtir entièrement en pierre. Pourvue de murs épais de plus de sept mètres et d’un redoutable système défensif parachevé par une énorme tour, la forteresse fut pendant longtemps considérée comme la plus sûre de toute la Baltique. En cas de danger la population de Stockholm pouvait s’y mettre à l’abri. Le rôle de la forteresse fut prépondérant durant tout le Moyen Age, alors que le commerce par voie maritime ne cessait de croître dans cette zone de la Baltique. Celle ci abritait aussi le palais royal alors surnommé « Le château des trois couronnes ». Les trois couronnes sont depuis ce temps le symbole national de la Suède au même titre que la fleur de lys pour le Québec…

En 1397, Stockholm perdit son statut de capitale au profit de Copenhague alors que la Suède, la Norvège et le Danemark s’étaient réunis en une seule entité : l’union de Kalmar. Le palais royal médiéval perdit de son importance et fut relégué au rang de demeure secondaire. Ce n’est qu’en 1521 que Gustave Vasa, un noble de Suède réussit à défaire l’union et à rendre à son pays son indépendance. Il fut couronné roi deux ans plus tard et entreprit de redonner à Stockholm son statut de première ville du pays. Le château médiéval abrita quelque temps la famille royale mais son architecture moyenâgeuse ne convenait plus. Aussi fut-il petit à petit reconstruit en style Renaissance Italienne. Evidemment, la Suède étant soumise la moitié de l’année à un climat rigoureux, les nouvelles salles étaient ornées de nombreuses tapisseries aux riches couleurs. Au XVIIème siècle, la Suède devint une nation riche et sut attirer chez elle les meilleurs artisans de son époque, lesquels achevèrent enfin la demeure royale baroque, dont les intérieurs furent réalisés selon le style français : l’influence de Versailles y était bien visible.

Hélas, en mai 1697, un terrible incendie embrasa les trois quarts du monument, quelques années juste après son achèvement. La prospérité des suédois le permettant, il fut aussitôt décidé de relever le palais de ces cendres tout en conservant l’aile du Nord qui n’avait pas brûlée, par miracle. Le nouveau projet présentait un vaste palais composé de quatre ailes s’ordonnant autour d’une cour carrée intérieure. Les guerres incessantes que livrait la Suède en ces périodes troublées, notamment contre la Russie retardèrent considérablement l’exécution du projet qui ne prit fin qu’en 1754 ! Les somptueux intérieurs rococo furent réalisés par les artisans français les plus réputés. Ces échanges entres les deux pays permirent en même temps un rapprochement et de nouer des liens d’amitié qui seront prépondérants pour la suite de l’histoire suédoise
Le roi Gustave III, qui accéda au trône à la fin du XVIIIème siècle fut un grand mécène et encouragea les arts de toutes sortes, contribuant à l’embellissement de Stockholm et de ses environs. Il fallu pourtant qu’en 1792, un anarchiste l’assassine lors d’une fête à l’Opéra royal. Quelques mois plus tard, une partie du palais fut transformée en musée en son honneur. Mais la Suède restait à présent sans souverain.

C’est l’un des maréchaux de Napoléon Ier, Jean Baptiste Bernadotte, qui en 1801 se vit proposer la couronne suédoise. Ce dernier auparavant avait fait prisonnier quelques hauts dignitaires suédois au cours d’une des nombreuses guerres de l’empire et les avait traités fort civilement, avec tous les honneurs dus à leur rang. En remerciement ces derniers lui proposèrent de devenir leur roi, faveur qu’il ne refusa guère. C’est sous le nom de Charles XIV qu’il commença à régner en 1808, formant ainsi une nouvelle dynastie, celle des Bernadotte, laquelle est encore aujourd’hui à la tête du pays. Le représentant actuel en est Charles Gustave XVI, depuis 1973 mais il ne possède qu’un rôle honorifique tel que mentionné dans la constitution. Marié à la reine Silvia, il est père de trois enfants : Victoria, Charles Philippe et Madeleine. Sa fille aînée, la princesse Victoria est l’héritière du trône.

Articles similaires

Le Viaduc de Millau

7 novembre 2003

Bonjour à tous ! Après m'être absenté deux semaines, je vous reviens avec un sujet bien de notre époque. Je vais vous parler du chantier du plus haut viaduc autoroutier du monde, qui se construit actuellement dans le Sud de la France, à Millau. Si cet ouvrage d'art ne peut être considéré au même titre que les grands monuments historiques, il n'en demeure pas moins qu'il sera appelé à devenir un symbole de la...

Château de Neuschwanstein

18 mars 2004

Cette semaine, retournons en Bavière visiter un autre château du Roi Louis II : Neuschwanstein. La session passée, nous avions parlé d'Herrenchiemsee, copie de Versailles, déployant les fastes et les ors du grand siècle français. Aujourd'hui, c'est dans une toute autre époque que nous allons aller : le Moyen-Âge. Mais, comme Herrenchiemsee qui est une image idéalisée de la cour de Louis XIV, Neuschwanstein est aussi un reflet embelli et mythifié de l'époque moyenâgeuse....

Le Mont-Saint-Michel

23 mars 2004

Aujourd'hui, c'est aux confins de la Normandie et de la Bretagne, dans l'Ouest de la France, que nous nous rendons, visiter le Mont-Saint-Michel, l'un des sites historiques les plus visités d'Europe. Il y a près de six mille ans, alors que l'Europe était encore plongée dans une période glacière, le niveau de l'Océan Atlantique était plus bas. La Manche n'existait pour ainsi dire pratiquement pas et les terres bretonnes étaient bien plus étendues vers...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+

Dans la même catégorie

Une saison qui commence bien

12 septembre 2003

Après une difficile saison inaugurale l'an dernier où la nouvelle équipe de football des Carabins de l'Université de Montréal n'avait pas réussi à inscrire une seule victoire, le vent semble avoir cette fois tourné. Nos représentants ont vaincu le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke par la marque de 46-0. Ça fait un petit velours de voir enfin les bleus démolir l'adversaire. Certains argueront que le Sherbrooke en était à sa première partie...

Christian F. Arsenault

13 février 2004

Christian F. Arsenault, diplômé en 1993, est le plus jeune représentant de l'Ordre des Ingénieurs du Québec ; il y occupe les postes de VP aux finances et trésorier. Outre l'implication qui prend une place considérable dans son quotidien, il agit à titre de Vice-président conseiller en placements chez Demers Conseil inc. Je crois savoir que vous êtes très impliqué dans l'Ordre des Ingénieurs du Québec ? En fait, je suis VP aux finances...

Pars la truie !

10 octobre 2003

Vous vous souvenez sans doute que je vous avais promis des cochonneries la semaine dernière. Eh bien ! Vous allez être servis ! Nous allons d'abord étudier une vieille expression qui est devenue plus difficile à interpréter avec tous les progrès technologiques en matière de ressources énergétiques. Puis, nous allons en voir une autre que Robert connaît, mais pas mon vieux M. Larousse… Pars la truie ! Ou arrête la truie. Pas évident tout...