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Relâche passée

La relâche étant passée par là, c’est avec un peu de retard que je vous parle des résultats de la campagne de financement conjointe Poly-HEC-UdeM, dont les résultats sont connus depuis le 2 Octobre. J’ai pu m’entretenir avec Jacques Gervais (directeur du bureau de campagne pour l’École Polytechnique) des résultats, difficultés, réussites et enjeux de cette campagne, qu’on peut qualifier de succès. Voici donc un petit compte-rendu de cette conversation.

L’objectif de la campagne de financement lancée conjointement par les trois entités du campus : l’École Polytechnique, HEC Montréal et l’Université de Montréal, baptisée « Un Monde de Projets » a été fixé à 125 millions pour l’ensemble du campus dont 20% (ou 25 millions) pour Polytechnique.


Une campagne, c’est quoi ?

Le chiffre en est ambitieux, surtout si l’on remonte aux origines de cette campagne, en 1999, à l’époque où les trois institutions lançaient leur première étude pour évaluer les dispositions du « marché ». C’est qu’un objectif, comme une campagne, ne se lance pas au hasard, mais doit être étudié et calibré. Une campagne ne peut se permettre un échec. Il faut alors que les institutions pèsent de tout leur poids, et usent de toutes leurs ressources, de leurs membres au rayonnement de leur établissement en passant par leurs relations, pour convaincre leurs partenaires de soutenir des projets.

C’est pourquoi, dès le départ, a été bâti un Cabinet de Campagne très prestigieux, avec Paul Desmarais, président du comité d’administration de la Société Power Corporation du Canada, et de deux co-présidents, messieurs Robert Brown, président directeur général de Bombardier ainsi qu’André Caillé, président directeur général d’Hydro-Québec et nouveau chancelier de l’Université de Montréal. Leur prestige et leur implication ont ouvert des portes, et les trois bureaux de campagne (un dans chaque institution), chargés de coordonner les activités de sollicitation et le marketing des projets, doivent beaucoup à l’implication de ce Cabinet, tout comme aux dirigeants ainsi qu’au personnel de chacune de ces institutions. Le rôle de ces bureaux est clair : étant donné que les donations et engagements portent sur des projets en particulier, parmi tous ceux qui leurs sont présentés, il faut les valoriser, les développer, les chiffrer, les motiver… tout ce qui fait qu’au bout du compte, ils soient suffisemment attrayants pour qu’on les finance. Provenance des fonds
Qui, on ? Les particuliers, les diplômés, les étudiants parfois, les entreprises, les personnels du campus aussi, ce qui souligne l’importance des réseaux de connaissance entre anciens élèves ou dans l’industrie. On a constaté dans cette campagne un très fort poids des participations de particuliers, d’autant plus significatives qu’elles sont souvent philanthropiques. Leur participation s’élève à 36% du montant total. En particulier, bien sûr, la donation de Pierre Lassonde Po. 71, un diplômé de la 95e promotion de Polytechnique, à hauteur de 8 M$ se distingue, mais ne fait pas oublier non plus la diversité des autres sources.

La majorité des dons reste donc aussi venue des entreprises, qui y trouvent un intérêt certain : favoriser le développement de la recherche et des universités, c’est pour elles un investissement assez direct, puisqu’elles profitent largement du travail fourni par les laboratoires, de Poly en particulier, mais aussi des chaires fondées dans leurs domaines d’activités, etc.

Être artisans et avoir son nom associé à une campagne qui atteint un niveau record n’est pas un des moindres avantages qu’elles en retirent.


Bilan et projets

Effectivement, la campagne se solde sur un engagement total de 218 millions de dollars en lieu et place des 125 visés. En rajoutant les aides publiques associées aux projets ainsi financés, on arrive à 246 millions d’investissement sur les 3 partenaires universitaires du campus. Comme prévu à l’origine, Poly en bénéficie à hauteur de près de 20 %, avec 42 millions de retombées sur notre institution, soit 17 millions de plus que l’objectif initial visé, auxquels s’ajoutent des subventions publiques de l’ordre de 100 millions. Concrètement, puisque c’est l’expression consacrée, à quoi va servir cet argent ? En quelques mots : constructions, équipements, chaires et bourses. Voyons cela d’une façon plus large. En termes de constructions, il y a le plus visible, avec les nouveaux pavillons Lassonde et Bombardier (ce dernier étant commun avec l’UdeM). Les pavillons Lassonde permettront de regrouper les départements des génies électrique et informatique plus proche du bâtiment principal (au lieu du pavillon Decelles), et aussi de créer une nouvelle bibliothèque, plus grande, avec plus de postes de travail et plus de collections, éventuellement vidéo. Ce sera aussi l’occasion de créer de nouveaux laboratoires informatiques plus proches et accessibles pour les rush de fin de session… N’oublions pas l’anecdotique mais essentiel souterrain qui nous permettra éventuellement de rejoindre le bâtiment principal sans affronter le froid de la passerelle… Le pavillon Bombardier sera l’occasion d’implanter des laboratoires de recherche de pointe, aux retombées larges et constituera un des atouts du campus dans ce domaine. Les activités qui y seront menées contribueront pour une bonne part à conserver à l’École un certain attrait et un certain prestige. Cela entraînera aussi, mécaniquement, une diversification de sujets et de thèmes proposés en cycle supérieur, avec le développement de nouveaux pôles et laboratoires. Cela va aussi de paire avec la création de nouvelles chaires, qui canaliseront sous l’égide de leurs titulaires de nouveaux projets. Tout ceci n’est pas sans impact pour les élèves, même au niveau bac : le prestige de l’institution et l’attrait important que doit continuer d’exercer Poly pour recruter les meilleurs professeurs possibles reste une priorité. C’est là un des points cruciaux bien que moins visible de cette campagne, assurer le rayonnement futur. Enfin, deux millions de dollars seront consacrés à l’augmentation ou à la création de fonds de bourse, dont les revenus viendront financer des étudiants surtout aux cycles supérieurs.

Et l’avenir ?

Polytechnique y songe déjà, bien sûr, même si Jacques Gervais déclare comme une évidence que maintenant, « Poly doit demeurer en campagne permanente ». L’École a donc mandaté récemment la Fondation de Polytechnique d’assurer en permanence toute sollicitation philanthropique en son nom. Tout en reconnaissant que la prochaine campagne majeure devrait être lancée dans un horizon de 5 ans, sans doute. Cependant, avec cet objectif en tête, il garde aussi son esprit sur le présent : de nombreuses entreprises n’ont pas participé à cette campagne pour des raisons plus conjoncturelles (l’exemple de Nortel vient à l’esprit), ce qui ne les empêche pas de rester liées à Poly, et d’en rester partenaires. Le suivi des partenaires actuels, le contact maintenu avec ceux d’hier et les ponts lancés pour trouver ceux de demain n’attendent pas que l’on déclare ouverte la prochaine campagne.

Le maintien de bonnes relations avec les donateurs entre les campagnes reste évidemment une condition de succès, d’autant plus que les anciens donateurs sont toujours les premiers à accepter de contribuer à nouveau, signe que l’École et son personnel remplissent leurs rôles parfaitement, mais signe aussi que tout le monde croit aux projets qui y naissent. Si le succès de cette campagne est un signe fort de la dynamique des institutions du campus, il faudra donc maintenir les relations de confiance entre partenaires, pour que les donateurs restent fiers de s’associer. Les synergies entre Poly, HEC Montréal et l’UdeM sont aussi une des clés futures pour peser plus et réussir dans l’avenir, pour mettre en commun une capacité de financement supérieure à destination de projets conjoints qui existent. Et puisque selon Jacques Gervais « Le succès d’une campagne n’est jamais l’affaire de seulement quelques personnes », là encore, la mobilisation de tous, étudiants, diplômés, personnels et entreprises, restera nécessaire.

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