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Prêts de bourses

Nouvelle exceptionnelle : Le gouvernement Charest a décidé de revoir sa politique sur les prêts et bourses, et de réviser de fond en comble le système d’aide financière aux études. De récentes études ont été déposées sur les bureaux du Premier Ministre et celui du ministre Reid, faisant la démonstration du fait incontestable qu’un financement accru des études universitaires, notamment par le biais d’un allègement de l’endettement étudiant, voire l’éradiction pure et simple du système universitaire payant, avait des répercussions majeures sur la société. Ces études prenaient en considération des cas d’école, à savoir la Suède et le Danemark. Dans ces pays, les études sont gratuites, et ce à tous les cycles, avec des sytèmes généreux de bourses pour les étudiants. Les économistes véreux d’amérique du Nord, qui n’ont pour dieu que le seul profit à très très court terme (une moyenne de 25 min, 36 sec, 61 centièmes),ont tendence à râler dès qu’on exige de l’État qu’il remplisse sa fonction première, à savoir être, à titre de représentant de l’intérêt général,le pourvoyeur aux besoins cruciaux de l’évolution sociétale (j’aurais pu écrire « de la société », mais j’aime bien me la jouer fancy).

Or toutes les études sérieuses et très sérieuses montrent qu’un investissement dans les milieux académiques est rentable à un seuil nullement atteint dans les autres secteurs d’activité (voir Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie, « Quand le capitalisme perd la tête »). Il s’agit souvent d’un retour d’argent de l’ordre de un pour six. Rien de moins. Investis un dollard dans l’éducation universitaire, tu recevras six. Nos éconimistes vampires veulent même en faire une société par actions. Voir à ce titre l’intervention de notre représentant à l’OMC, qui contredisait le Premier Ministre du Canada de l’époque, disant sans gêne que l’éducation était un secteur économique comme les autres, et ce en pleine controverse de l’éventuel conflit entre les accords de libre échange des amériques, chapitre 11 de la ZLÉA, et la subvention des universités par l’État.

Mais revenons au vif du sujet. Ti Jean et Reid l’arracheur de dents reçoivent sur leurs bureaux respectifs une étude très très sérieuse prouvant sans ambiguïté qu’il est fondamentalement nécessaire de ne pas toucher au financement des universités, sinon de l’accroître ; de ne pas baisser l’aide attribuée aux étudiants, sinon de la renforcer ; de baisser au possible l’endettement de ces derniers, voire éviter de les impliquer d’aucune façon dans des processus de prêts dont on connaît les effets pervers (dépenser l’argent des autres, c’est risqué). Ti Jean et Raide l’enculeur de mouches reçoivent ces études.

Ces deux personnages fort discutables obtiennent ces documents et les lisent. Bon, Reid est un universitaire, la lecture n’est pas quelque chose qu’il méconnait. Mais Ti Jean ! Sait même pas parler français, que voulez-vous qu’il lise ? Que voulez-vous qu’il comprenne ? Ti Jean est un personnage dont on dit qu’il est « porté par l’establishment plutôt que motivé par les idées ». Il n’a aucune idée de ce que signifie politique. Il n’a aucune représentation abstraite de la société, du contrat social. Ses conseillers influents sont à l’image de Richard Perle dans l’administration Bush. Aucun titre officiel. Aucune obligation explicite. Aucune sujétion aux règles d’éthique. De véritables vampires, vous disais-je. Que voulez-vous qu’ils comprennent à l’intérêt général ? Que voulez-vous qu’ils en aient à foutre ! Un document sérieux expliquant les enjeux de l’éducation universitaire et mettant en relief les pistes à suivre, les politiques à adopter, il s’en écrit des tas. Les solutions sont connues. Stiglitz, à ce titre, n’est pas dupe et exprime très bien, à la fois l’intérêt d’investir dans l’éducation, que la difficuleté de ce faire dans un monde politique où les financiers règnent en maîtres. Pour l’instant, l’endettement des étudiants est accru, la marge d’endettement est augmentée. Pensez en ce que vous voudrez. Les financiers ont déjà pris parti. Le bonheur des uns fait le malheur des autres.




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