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Le diable lui a chié sur la tête !

Cette semaine, tel que promis, vous avez droit à un spécial scatologique. Nous allons donc commencer par examiner une expression chère à mon grand-père. Il l’avait lancée le jour où ma grand-mère était tombée dans le fossé en tondant le gazon… avec le tracteur-tondeuse par-dessus elle :
« Cette semaine, le diable lui a chié sur la tête ! »

Dans la même semaine, elle avait brûlé son pain et elle était passée à un cheveu d’avoir un accident avec la voiture (d’ailleurs, elle était devenue tellement nerveuse au volant avec l’âge qu’il lui interdisait de conduire quand il était là : elle lâchait le volant et se fermait les yeux dès qu’un bozo lui coupait le chemin, y a de quoi faire une attaque !). Si vous n’avez toujours pas saisi la signification de cette expression, allons-y d’un autre exemple. Après tout, les intestins du diable fonctionnent assez pour qu’il puisse se soulager régulièrement sur un peu tout le monde. Tellement, que des fois l’expression commence par aujourd’hui plutôt que par cette semaine. Ainsi, il y a une dizaine d’années, mon esthéticienne avait son premier (et son dernier) enfant. Dès le début, ce fut un cauchemar : la nausée tous les matins, la constipation, le diabète de femme enceinte… nommez tous les désagréments que peut causer une grossesse, elle les a tous eus. Mais le pire, ce fut à l’accouchement. Elle a perdu ses eaux avant d’arriver à l’hôpital, elle n’était pas assez dilatée, elle a fait une hémorragie, l’hôpital n’avait pas son groupe sanguin en stock et, à son arrivée, sa belle-mère lui a dit que si elle ne voulait plus du bébé après tous ces ennuis, sa fille était prête à l’adopter ! Alors quand toute une série de malchances s’abattent sur vous en peu de temps, vous savez désormais qui blâmer… Pour poursuivre dans le brun, voyons ce que voulait dire mon ancienne collègue de travail lorsqu’elle m’a dit :
« Ouin, ça doit crotter sec par chez eux ces temps-ci ! »

D’abord, ouin, c’est la contraction de « ouais bien ». Ensuite, imaginez ce qui pourrait bien vous amener à faire une telle chose. Manquer de fibres ? Non, vous ne crotteriez pas du tout si c’était le cas. Être déshydraté alors ? Pas vraiment, mais vous vous approchez. En fait, quand on crotte sec, c’est parce que l’on n’a pas grand-chose à crotter, qu’on est pauvre. Par exemple, vous pourriez utiliser l’expression pour parler de vos amis qui vont bientôt diplômer en génie informatique, comme on l’utilisait par le passé pour parler des futurs diplômés en génie civil…

À la semaine prochaine !

Mots-clés : Kebekwa 101 (6)

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