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Quelles raisons pour bombarder

Attaquera-t-il ou n’attaquera-t-il pas ? C’est la question que le monde entier se pose en ce moment concernant les intentions de Georges W. Bush d’intervenir militairement sur le sol irakien pour en finir une fois pour toute avec le régime de Saddam Hussein. Tantôt consultant ses alliés européens et asiatiques, tantôt rappelant seul !qu’une action unilatérale des états-unis serait une option bien plus que possible.Pour Bush Jr comme pour son père, la détermination est bien là pour mettre fin à la « menace » irakienne avec ou sans l’aval de la communauté internationale. Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que la maison blanche adopte se comportement arrogant et méprisant vis à vis de l’ONU et des autres grandes puissances. Si les plans d’attaques de Bush et de ses conseillers venaient à être mis à exécution, la seule alternative qui s’offrirait à l’union européenne et même aux pays arabes, serait de se garer sagement du côté de l’axe du bien.

Faut-il rappeler que nombre de pays arabes tel le Maroc et l’Arabie Saoudite avaient soutenu l’attaque américaine lors de la guerre du golf. L’Amérique est déjà assurée du soutien inconditionnel de Tony Blair qui a réaffirmé sa totale loyauté envers Bush lors d’une rencontre à camp David le 8 septembre.L’Irak, une fois de plus se retrouve bien isolée sur l’échiquier politique mondial. Afin de justifier un tant soi peu sa politique « préventive », le président américain, qui ne cessait de clamer a qui voulait l’entendre qu’il allait bientôt dévoiler au monde les preuves irréfutables que l’Irak possède encore un important arsenal nucléaire, se base maintenant sur un rapport de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). En résumé, ce rapport rendu public le 9 septembre, indique qu’en l’état présent de ses infrastructures et de sa technologie, il serait très improbable que l’Irak puisse posséder l’arme nucléaire avant quelques années. Néanmoins, elle aurait la capacité de produire en quelques mois des armes chimiques et bactériologiques en quantité conséquente pour inquiéter toute la zone du proche et du moyen orient. Une raison qui serait apparemment suffisante pour que l’armée américaine nous fasse un remake de l’opération « tempête du désert » 1991. Le discours de Bush le 12 septembre au conseil des Nations Unies n’a lui aussi rien donné, ce dernier se contentant de réitérer ses menaces habituelles envers le gouvernement irakien. Par ailleurs, les dirigeants américains affirment que l’Irak aurait tenté de se procurer au cours de ces derniers mois des tubes d’aluminium nécessaires au processus d’enrichissement de l’uranium. Jusqu’à aujourd’hui aucune preuve ni « cassette vidéo » compromettante n’a été dévoilée pour corroborer ces accusations.

Plus que ça, Scott Ritter, ancien inspecteur en désarmement de l’ONU et ex-membre de l’UNSCOM, estime que l’arsenal irakien a été démantelé a quasiment 95%. Il a récemment déclaré dans une conférence à l’ONU que : « la vérité est que l’Irak n’est pas une menace pour ses voisins et n’agit pas d’une manière qui menace quiconque hors de ses frontières » et de ce fait« une action militaire contre l’Irak ne peut être justifiée ». Hans Blix, chef des inspecteurs en désarmement de L’ONU estime quant à lui n’avoir reçu aucune preuve, provenant de photos aériennes ou autres sources d’informations démontrant la présence d’armes de destruction massive sur le territoire irakien ou que l’Irak chercherait à en fabriquer. En parallèle, les bombardements en Irak qui n’ont jamais cessé depuis la fin de la guerre du Golf connaissent une intensification importante ces dernières semaines dans la perspective croissante du probable assaut final. Trente sept attaques d’avions américains et anglais ont été perpétrées depuis le début de l’année. Vingt-sept dans le sud du pays et dix dans le nord.Les autorités irakiennes affirment que près d’un millier et demi de civils et militaires ont été tués par ces raids depuis 1991. L’un des plus meurtriers a été lancé le jeudi 5 septembre. Une douzaine d’avion n’ont largué pas moins de 25 bombes sur un centre de commandement militaire. Heureusement qu’il n’en a pas fallut plus pour réduire en cendre ce petit bâtiment. Attaquer l’Irak, un pays dont les bases économiques, sociales et culturelles autant que militaires, sont dans un état lamentable, proche du néant, serait un geste impardonnable, injustifiable, que le monde ne peut pas cautionner. Au lieu de réfléchir avec humilité aux raisons qui ont causé la catastrophe du WTC, le gouvernement américain sonne les tambours de la guerre et par en croisade aveugle contre un ennemi imaginaire. Ce n’est pas de cette façon que l’on honore la mémoire de ses morts.




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